Une
nouvelle étude réalisée par Moonfare, plateforme mondiale d’investissement et
de gestion spécialisée dans les marchés privés, met en évidence l’écart
considérable entre les gérants de private equity les plus performants et les
moins performants. Elle souligne ainsi l’importance de la sélection des gérants
au sein d’une classe d’actifs où les performances peuvent varier sensiblement.
Intitulée Dispersion
sur les marchés privés, l’étude montre qu’entre 2016 et 2026, l’écart de
rendement annuel entre les gérants de private equity du premier et du dernier
quartile s’est établi à 19,2 points de pourcentage, contre seulement 2,9 points
pour les actions de grande capitalisation.
Dans une classe
d’actifs caractérisée par des horizons d’investissement longs, cet écart
s’accentue au fil du temps. Les différences de performance annuelle se cumulent
et entraînent des écarts considérables de valeur finale sur toute la durée de
vie d’un fonds. Un calcul illustratif à taux de rendement interne (TRI)
constant, fondé sur les performances par quartile des millésimes de fonds de
private equity de 2000 à 2023, fait ressortir, sur dix ans, une valeur finale
correspondant aux performances du premier quartile environ deux fois supérieure
à celle correspondant aux performances médianes. Ce calcul illustre la manière
dont la dispersion des performances peut s’amplifier au fil du temps.
L’étude remet ainsi en
question l’idée selon laquelle il existerait un rendement unique du private equity
et souligne l’importance d’une sélection rigoureuse des fonds. Pour les
investisseurs qui choisissent des gérants moins performants, l’écart de
performance annuelle peut s’amplifier considérablement pendant toute la durée
de vie du fonds, les laissant loin derrière ceux qui ont investi auprès des
acteurs les plus performants du marché.
L’étude met également
en lumière les difficultés d’accès aux meilleurs fonds, qui sont
structurellement sursouscrits et dont les capacités sont souvent limitées.
Steffen Pauls,
Fondateur et Co-CEO de Moonfare, déclare : « Cette étude montre que le simple
fait d’accéder aux marchés privés ne garantit pas aux investisseurs d’obtenir
des rendements. La réputation d’un gérant témoigne de ce qu’il a accompli, mais
ne présage pas de ses performances futures. D’ici à la fin de la décennie, nous
nous attendons à ce que les capitaux se concentrent autour d’un cercle beaucoup
plus restreint de gérants ayant démontré leur capacité à reproduire leur
avantage dans la durée. Pour les autres, les levées de fonds pourraient alors
s’allonger et devenir sensiblement plus difficiles. Du point de vue des
investisseurs, la capacité à identifier les bons gérants et à accéder à leurs
fonds deviendra donc plus importante encore. »
Moonfare a analysé 647
passages d’un fonds à son successeur parmi des fonds de buyout fermés à durée
de vie déterminée, afin d’évaluer la persistance des performances d’un fonds à
l’autre. Dans 34 % des cas, un fonds du premier quartile a été suivi par un
autre fonds du premier quartile. Ce résultat met en évidence le rôle des
avantages structurels propres à certaines sociétés de gestion – notamment un
sourcing différencié, un solide vivier d’opportunités et une expertise
opérationnelle – dans le maintien d’une surperformance dans la durée.
L’étude montre toutefois pourquoi la sélection des gérants ne peut reposer uniquement sur leur réputation : deux gérants sur trois (66 %) dont un fonds s’était classé dans le premier quartile ne sont pas parvenus à réitérer cette performance avec le fonds suivant.


