Lors d’une interview, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a alerté sur la situation critique de l’agriculture française après un été marqué par la sécheresse, les canicules et les incendies. Il a notamment demandé des décisions rapides pour permettre aux exploitants de poursuivre leur activité.
Si les mesures
d’urgence sont nécessaires pour répondre à la crise, les initiatives portées
par les acteurs privés peuvent contribuer à construire des solutions durables
sur le long terme. Dans la région Occitanie, La Brigade de Véro, entreprise
montpelliéraine spécialisée dans les repas frais cuisinés et livrés à domicile,
soutient les producteurs locaux à travers un cercle vertueux fondé sur deux
principaux leviers :
• Garantir les revenus : elle réserve auprès de
ses partenaires la production de certaines parcelles au moins un an à l’avance.
Le producteur sait ainsi, avant même de semer, quelle quantité lui sera achetée
et par qui. Cet engagement leur garantit une source de revenus planifiée sur
l’année, dans un contexte où les aléas climatiques et économiques fragilisent
fortement les revenus de la filière.
• Valoriser les récoltes hors calibre : La Brigade de Véro
accepte les fruits et légumes hors calibre ou présentant des défauts
esthétiques. Transformés dans une de ses légumeries partenaires puis découpés
avant d’être cuisinés, ils peuvent être utilisés sans incidence sur les plats
proposés, limitant ainsi les pertes pour les producteurs
Cette coopération accompagne aussi la transformation progressive du modèle agricole français.
Celle-ci implique d’adapter les cultures aux nouvelles conditions climatiques,
mais aussi à l’évolution de la demande et aux enjeux de souveraineté
alimentaire. En effet, la chaleur fragilise la filière viticole, tandis que la
baisse de la consommation de vin réduit les débouchés. Certains agriculteurs
reconvertissent donc leurs parcelles incités par la prime à l’arrache,
notamment vers les légumineuses, mieux adaptées aux nouvelles conditions
climatiques et aux besoins alimentaires du pays.
Clément Thollot, responsable des achats à la Brigade de Véro, rappelle : « Les légumineuses
favorisent la fertilité des sols, diversifient les productions et renforcent la
résilience ainsi que la souveraineté alimentaire françaises. Riches en
protéines, elles constituent également une alternative accessible dans un
contexte de hausse du prix des protéines animales et répondent à la montée en
puissance des régimes végétariens des consommateurs.
Implantées sur des
parcelles cultivées et entretenues, elles peuvent enfin créer des coupures dans
la végétation et contribuer à ralentir la propagation des incendies. Elles
répondent ainsi à des enjeux à la fois agricoles, alimentaires, économiques et
climatiques ».
Autre exemple, dans le Gard, La Brigade de Véro travaille via une coopérative, avec deux jeunes agriculteurs engagés dans cette démarche de reconversion de la vigne, et qui se sont tournés vers la culture du blé dur destiné à la fabrication de boulgour. En assurant un débouché à ces nouvelles productions, l’entreprise contribue à sécuriser leur nouvelle activité.


