L’UNESCO et la Fondation L'Oréal publient les
noms des cinq lauréates internationales des Prix internationaux L'Oréal-UNESCO
« Pour les femmes et la science » 2026.
Le 11 juin, au siège
parisien de l’UNESCO, ces chercheuses seront récompensées pour leurs
contributions innovantes dans le domaine des sciences de la vie et de
l’environnement. La sélection de cette année met en lumière leur rôle majeur
dans la lutte contre les défis mondiaux en matière de santé et d’environnement,
notamment dans les domaines révolutionnaires de l’ingénierie tissulaire, de la
recherche génomique, de l’innovation agricole ou de l’impact de la nutrition
sur la santé mentale.
Pour cette 28e édition,
le programme a atteint une ampleur sans précédent, reflétant l'excellence
croissante des femmes dans le domaine scientifique à l'échelle mondiale. Les
lauréates ont été sélectionnées parmi un nombre record de 504 candidatures issues
de 89 pays. Elles viennent rejoindre les plus de 5 000 femmes récompensées à ce
jour par le programme pour l'excellence de leurs travaux de recherche, dont 142
lauréates du Prix international, parmi lesquelles sept ont reçu un prix Nobel
dans le domaine scientifique.
Cette sélection
rigoureuse a été menée par un jury international indépendant présidé par la
professeure Brigitte L. Kieffer, directrice de recherche émérite à l’Institut
national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) en France, membre de
l’Académie des sciences de France et ancienne lauréate du Prix international
L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science.
L’UNESCO et la
Fondation L’Oréal renouvellent leur partenariat historique pour six années
supplémentaires afin de faire progresser l’égalité des genres dans les sciences
Si ces cinq femmes hors
du commun incarnent l’excellence scientifique, elles reflètent également une
réalité plus large : la véritable parité reste encore loin d’être atteinte.
Selon les données de
l’UNESCO, les femmes ne représentent encore qu’un tiers des chercheurs dans le
monde. Ce déséquilibre ne se contente pas de limiter la diversité, il introduit
des biais dans la recherche et risque d’occulter les perspectives indispensables
pour relever les défis les plus urgents de notre monde.
Pour combler ce fossé,
la Fondation L’Oréal et l’UNESCO œuvrent ensemble depuis 28 ans. Cette édition
marque une étape historique : le renouvellement officiel pour six ans d’un
partenariat phare. Cette prolongation vient consolider la mission commune des
deux organisations, à savoir la construction d’une véritable approche
intergénérationnelle en faveur des femmes dans les sciences. Celui-ci s’étend
du programme Pour les Filles et la Science, destiné à encourager les vocations
scientifiques dès le lycée, aux programmes régionaux de soutien aux jeunes
chercheuses déployés dans 140 pays et territoires, jusqu’au prestigieux Prix
international qui récompense les femmes scientifiques les plus éminentes au
monde.
1/ LAURÉATE POUR L'AFRIQUE
ET LES ÉTATS ARABES
Professeure Liesl
Zühlke – Systèmes cardiaques et cardiovasculaires
Professeure à
l'Université du Cap et vice-présidente du Conseil sud-africain de la recherche
médicale, Afrique du Sud
Récompensée pour avoir
amélioré la prise en charge des enfants atteints de maladies cardiaques, en
particulier de cardiopathies rhumatismales (RHD), qui touchent de manière
disproportionnée les enfants vivant dans la pauvreté. Les recherches de la
professeure Zühlke ont permis de faire reconnaître la cardiopathie rhumatismale
comme un enjeu socio-politique lié aux défaillances et aux inégalités des
systèmes de santé. Son engagement en faveur de l’excellence scientifique, son
leadership en matière de santé mondiale et ses activités de renforcement des
capacités ont amélioré la vie des enfants vulnérables atteints de maladies
cardiovasculaires.
2/ LAURÉATE POUR L'ASIE ET
LE PACIFIQUE
Professeure Felice
Jacka – Psychiatrie
Professeure émérite à
l'Université Deakin (OAM) et directrice du Food & Mood Centre de
l'Université Deakin, Australie
Récompensée pour avoir
fondé le domaine de la psychiatrie nutritionnelle. Les recherches de la
professeure Jacka mettent en lumière la relation complexe entre l’alimentation
et la santé mentale et cérébrale, et reconnaissent l’alimentation et la
nutrition comme des facteurs de risque de troubles mentaux. Son leadership en
matière de formation, ainsi que la mise à disposition de ressources fondées sur
des données probantes destinées aux professionnels et au grand public, ont
transformé la compréhension de la santé mentale et les pratiques de soins à
l’échelle mondiale.
3/ LAURÉATE POUR L’EUROPE
Professeure Sarah A.
Teichmann – Biologie cellulaire
Professeure de médecine
des cellules souches à l'Université de Cambridge, FMedSci FRS, Royaume-Uni
Récompensée pour ses
recherches interdisciplinaires exceptionnelles qui mobilisent la génomique et
la biologie computationnelle pour mieux comprendre le corps humain à l'échelle
de la cellule unique. Les travaux pionniers de la professeure Teichmann dans le
domaine des technologies unicellulaires fournissent des ressources
fondamentales pour la recherche biomédicale, la découverte de médicaments et la
santé publique. Figure inspirante, elle est à la fois une défenseure de
l'inclusion dans le domaine scientifique et une éducatrice de premier plan.
4/ LAURÉATE POUR
L’AMÉRIQUE LATINE ET LES CARAÏBES
Professeure Raquel Lia
Chan – Biotechnologie agricole
Chercheuse émérite au
CONICET ; professeure à l'Université nationale du littoral (UNL, Universidad
Nacional del Litoral) ; Directrice de l’Institut d’agro-biotechnologie du
Littoral (CONICET-UNL), Argentine
Récompensée pour avoir
transformé la biologie fondamentale des plantes en innovation agricole grâce à
sa découverte de gènes et de mécanismes biologiques qui améliorent la tolérance
des plantes aux environnements changeants. La professeure Chan a appliqué ces
connaissances au développement de variétés de blé, de maïs, de riz et de soja
résistantes à la sécheresse, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire
mondiale. Leader visionnaire et mentor dévouée, elle a formé une nouvelle
génération de scientifiques spécialisés dans les plantes.
5/ LAURÉATE POUR
L’AMÉRIQUE DU NORD
Professeure Gordana
Vunjak-Novakovic – Bioingénierie
Professeure
d'université, titulaire de la chaire Mikati Foundation en génie biomédical à
l'Université Columbia, États-Unis
Récompensée pour ses
travaux pionniers en ingénierie tissulaire et en médecine régénérative. Les
contributions exceptionnelles de la professeure Vunjak-Novakovic au
développement d’« organes sur puce » et de substituts biologiques destinés à
réparer, maintenir ou améliorer la fonction tissulaire ont joué un rôle
déterminant dans la reproduction de la physiologie des organes. Son parcours
remarquable en tant qu’innovatrice, éducatrice et modèle pour les femmes dans
les sciences et l’ingénierie est une source d’inspiration.
« En franchissant le
cap des 5 000 chercheuses soutenues à travers le monde et en renouvelant notre
partenariat historique avec l’UNESCO, nous nous mobilisons plus que jamais pour
défendre la place des femmes dans la science. Notre foi en la recherche est
absolue ; elle est la seule réponse à la complexité du monde. Des lycéennes aux
Lauréates de renommée mondiale que nous célébrons aujourd'hui, nous bâtissons
une chaîne d'excellence pour que toutes les générations de femmes puissent
façonner l'avenir du progrès. », déclare Jean-Paul Agon, Président de la
Fondation L'Oréal.
« Les femmes scientifiques ne se contentent pas de faire progresser la recherche, elles repoussent les limites de ce que nous croyons possible. Dans un monde où la science n’a jamais été aussi essentielle, nous ne pouvons pas nous permettre de négliger la moitié des talents de l’humanité. Alors que nous entrons dans la Décennie internationale de la science au service du développement durable, le programme L’Oréal-UNESCO « Pour les femmes et la science » démontre que l’excellence et l’égalité doivent progresser ensemble. Ces cinq lauréates sont une source d’inspiration pour leurs pairs et pour les millions de jeunes filles qui, à leur tour, suivront leurs traces », conclut Khaled El-Enany, Directeur général de l’UNESCO.


