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[Initiatives] Lutte contre la cabanisation : adoption de la proposition de loi

Mercredi 6 mai 2026, le Sénat a adopté, en 1ère lecture par 242 voix pour et 34 voix contre, la proposition de loi visant à donner aux acteurs locaux les moyens de lutter contre la cabanisation, présentée par Jean-Marc Boyer, Daniel Laurent, Anne Ventalon, Lauriane Josende, Jean Sol et plusieurs de leurs collègues, (rapporteure au nom de la commission des affaires économiques : Pauline Martin)

 

La “cabanisation” consiste en l'implantation, en méconnaissance des règles d'urbanisme, de constructions ou d'installations diverses occupées épisodiquement ou de façon permanente, dans des zones inconstructibles, soit en raison de leur caractère agricole, naturel ou forestier, ou de leur exposition à des risques d'inondation ou de feux de forêt.

 

Pour endiguer ce phénomène, devenu endémique dans certains territoires, la proposition de loi entend proposer des solutions concrètes aux acteurs locaux, qu'il s'agisse des services de l'État ou des élus, le droit en vigueur ne permettant pas toujours d'intervenir suffisamment tôt ni suffisamment vite.

 

Le texte propose donc de :


- créer, au sein du code de l'urbanisme, un nouvel article L. 481-1-1 instituant une procédure spéciale d'évacuation et de démolition des installations irrégulières à titre irrémédiable dans les zones non urbanisées, décidée par le représentant de l'État dans le département, en lieu et place de la procédure actuelle décidée par le maire avec l’autorisation du juge (article 1er) ;


- permettre au maire de confier aux services préfectoraux le soin de dresser le procès-verbal d’une infraction aux règles d’urbanisme s'il n'est pas en mesure de le réaliser (article 2) ;


- empêcher les raccordements aux réseaux lorsque l’utilisation d’un terrain n’est pas conforme aux règles d’occupation des sols – alors qu’actuellement les maires ne peuvent s’opposer qu’aux raccordements pérennes, et uniquement pour des constructions ou installations nécessitant une autorisation d’urbanisme (article 3) ;


- afin d’apporter une solution à des situations de cabanisation déjà advenues, fixer le point de départ du délai de dix ans à compter duquel il n’est plus possible à l’autorité administrative de refuser une autorisation d’urbanisme au motif de l’irrégularité de la construction initiale à la découverte de l’infraction, et non plus à l’achèvement des travaux (article 4).

 

Le Sénat a enrichi le texte, notamment afin de :

- permettre au maire de mettre en œuvre la nouvelle procédure prévue à l'article 1er ;

- faciliter l'intervention en urgence en créant une procédure « super-accélérée » ;

- élargir les dispositions préventives relatives aux raccordements aux réseaux d'implantations illégales ;

- allonger le délai de prescription pénale pour les infractions aux règles d'urbanisme.

 

La proposition de loi ainsi modifiée va être transmise à l’Assemblée nationale.

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