A l’occasion
du comité stratégique d’éducation financière réuni ce jour en présence du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique, Roland Lescure, du ministre de l’Education nationale,
Edouard Geffray, et du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de
Galhau, Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’Autorité des marchés
financiers, a notamment souligné la pleine mobilisation de l’Autorité face à la
sous-représentation des femmes dans le domaine de l’épargne et de
l’investissement.
Forte des données
détaillées dont elle dispose sur les transactions en Bourse, l’Autorité des
marchés financiers (AMF) analyse depuis 2022 le profil des investisseurs. Ses
études et sondages montrent que les femmes sont nettement moins nombreuses que
les hommes à investir. En 2023, 21 % des femmes déclaraient investir en Bourse
depuis un compte-titres ou un PEA (ou en crypto-actifs ou dans le cadre du
financement participatif), contre 42 % des hommes, selon le baromètre de
l’épargne et de l’investissement de l’AMF. Ce constat évolue peu au fil des
années : en 2025, elles étaient 24 % à déclarer investir dans ces produits
contre 45 % des hommes. S’agissant par exemple des actions cotées, les femmes
n’étaient que 8 % à déclarer en détenir en 2025 (15 % des hommes). Parmi les
investisseurs actifs, c’est-à-dire ceux ayant réalisé au moins une opération à
l’achat ou à la vente, la part des femmes a même reculé, passant de 30 % en
2022 à 25 % en 2024.
Ces écarts s’expliquent
en partie par des situations financières différentes : interrogées dans le
cadre du baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF, les femmes
déclarent en moyenne des niveaux de revenus et de patrimoine financier inférieurs
à ceux des hommes. Cependant, les études menées par ou pour l’AMF ces dernières
années mettent en évidence d’autres difficultés. Ainsi, seules 28 % des femmes
estiment s’y connaître en matière d’épargne et de placements, contre 51 % des
hommes, alors même que leurs niveaux réels de compétences financières ne sont
pas si différents. Elles montrent également une moindre appétence au risque :
en 2025, 51 % des femmes interrogées refusaient toute prise de risque en
matière d’investissement, contre 31 % pour les hommes.
Parallèlement aux
actions ciblées d’éducation financière qu’elle mène depuis 2023 auprès des
jeunes investisseurs – dont la troisième édition de la campagne sera lancée en
octobre prochain – l’AMF va donc déployer un plan d’action spécifique « femmes
et investissement ». Fidèle à son approche consistant à mieux comprendre pour
mieux agir, elle lancera en septembre 2026 une nouvelle étude qualitative pour
identifier plus finement les freins à l’investissement des femmes et les
leviers éventuels. Les résultats de cette étude permettront de définir une
stratégie d’éducation financière dédiée qui sera mise en œuvre en 2027. A plus
court terme, l’AMF créera, dans la rubrique Epargnants de son site internet, un
espace dédié aux femmes et à l’investissement.
« Nos études montrent que la sous-représentation des femmes dans l’investissement reste préoccupante, et n’évolue guère. C’est pourtant un enjeu majeur pour l’autonomie financière des femmes et un manque à gagner pour l’économie. Déterminée à agir pour une meilleure éducation financière dans le cadre du comité stratégique d’éducation financière, dont je salue l’adoption du plan 2026-2028, l’AMF s’engage pour réduire la sous-représentation des femmes dans le monde de l’épargne et de l’investissement », déclare Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’Autorité des marchés financiers.


