Dans le cadre de France 2030, Mathieu Lefevre, ministre chargé de la Transition écologique, Anne Le Henanff, ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, et Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement, en charge de France 2030, annoncent l’investissement de l’Etat dans le cadre de France 2030 pour développer un jumeau numérique national (JUNN) initié par l’IGN, le Cerema et l’Inria.
Les
travaux qui vont débuter visent à déployer des outils souverains pour
visualiser le territoire et simuler ses évolutions, notamment dans un contexte
de changement climatique. Et faciliter ainsi une prise de décision éclairée par
les collectivités locales et les acteurs publics.
Le projet de Jumeau
numérique de la France et de ses territoires portés par l’IGN, le CEREMA et
l’INRIA, ambitionne de doter la France d’un outil capable de croiser de
multiples données hétérogènes, de simuler des interactions entre des répliques
et leurs réalités pour tester des hypothèses visant à offrir une gestion plus fine
et proactive des territoires. S’appuyant sur l’état de l’art dans le domaine du
géospatial et des jumeaux numériques, le projet JUNN structurera un cadre
partagé pour piloter les transitions sociétales actuelles et à venir en France.
CONCEVOIR
UN SOCLE COMMUN TECHNOLOGIQUE POUR MULTIPLIER LA VALEUR DES JUMEAUX NUMERIQUES
TERRITORIAUX
Le programme a pour but
de déployer des jumeaux numériques (mobilité, ressources en eau,
vulnérabilités, risques naturels…) pouvant interagir, et basés sur un socle
technologique commun et souverain, partagé par les services de l’Etat, les
collectivités et les entreprises. Concrètement, ce socle regroupera et
mutualisera des ressources technologiques (briques logicielles, standards
d’interopérabilité, etc.) pour le traitement massif de données, la
visualisation immersive et la simulation.
De nombreux cas d’usage
ont déjà été identifiés, allant de l’aménagement urbain à la prévention des
risques naturels en passant par la gestion des ressources en eau, l’adaptation
des forêts au changement climatique ou la lutte contre les épidémies.
La phase de réalisation
du socle de JUNN débute avec le développement des premières briques logicielles
ainsi que la préparation des premiers jeux de données.
Au cours des douze
premiers mois, les acteurs prioritaires seront étroitement associés afin
d’identifier leurs besoins, co-construire les solutions et tester les premiers
services à forte valeur ajoutée. Le développement, conduit par étapes
successives, permettra d’enrichir progressivement le socle, avec l’objectif de
disposer d’un premier ensemble opérationnel d’applications fin 2026.
QU’EST-CE
QU’UN JUMEAU NUMERIQUE ?
Les jumeaux numériques
sont des répliques virtuelles des territoires. Ils permettent de :
• Visualiser les territoires ;
• Tester des scénarios ;
• Anticiper des crises ;
• Optimiser les politiques publiques ;
• Accompagner la transition écologique.
Qu’il s’agisse
d’évaluer l’impact d’aménagements sur le risque inondation ou les effets de
futurs travaux de voirie sur le trafic, ils constituent un outil précieux pour
éclairer la décision politique face aux grands défis territoriaux.
L’EQUIPE DE FRANCE DES
JUMEAUX NUMERIQUE : 200 ACTEURS ENGAGES
Initié et co-piloté par l’IGN, le Cerema et l’Inria, JUNN repose aujourd’hui sur un consortium de
14
partenaires publics et privés dont la coordination technique et opérationnelle
est assurée par l’entreprise 1Spatial France. Il s’appuie aussi plus largement
sur le retour d’expérience et les savoir-faire d’une « équipe de France » des
jumeaux numériques de territoire.
• L’IGN apporte sa maîtrise de la production et
de la gouvernance des données pour décrire le territoire.
• L’Inria, Géodata Paris et GeometryFactory
fondent les briques scientifiques et technologiques des modèles 3D et
temporels, des graphes de connaissances, de l’IA ou encore des interactions
avancées.
• Le Cerema structure les cas d’usage et les
interfaces avec les applications métiers, les territoires et les standards
européens.
• La conception du socle de JUNN repose
également sur l’expertise du CNES en données spatiales, calcul intensif et
modèles prédictifs, de l’IFPEN en orchestration de systèmes complexes, et du
BRGM en modélisation des sols et ressources souterraines. L’industrialisation
et l’intégration sont assurées par 1Spatial France, avec l’appui de Camptocamp
pour l’architecture, les infrastructures, et les interactions en langage
naturel.
• La production des maquettes numériques sur
les territoires d’expérimentation repose sur Geofit/IGO, Siradel et LuxCarta.
• Cap Digital prépare l’exploitation en
structurant la filière industrielle et le modèle économique, afin de garantir
le passage à l’échelle et la valorisation des technologies développées.
• Le cas d’usage « adaptation climatique des
villes » sera démontré en avance de phase par Dassault Systèmes, partenaire qui
mobilisera ses capacités de simulation multi-physiques sur la base du
référentiel généré par le projet afin d’analyser les conséquences du
réchauffement climatique sur l’aménagement urbain
Cette équipe regroupe plus de 200 acteurs ayant manifesté leur intérêt dans le cadre d’un appel à communs lancé courant 2024. Parmi eux : de grandes collectivités déjà engagées dans des démarches de jumeaux numériques, des bureaux d’études et entreprises innovantes, ainsi que des acteurs industriels.
Mathieu Lefevre,
ministre chargé de la Transition écologique: « Avec le jumeau
numérique national, nous franchissons une nouvelle étape dans la conduite de la
transition écologique, en donnant à nos territoires des moyens encore plus
efficaces d’agir. Face au défi climatique, nous ne pouvons plus piloter nos
territoires avec les outils d’hier. Nous faisons le choix de la science, de la
donnée, de l’innovation et de l’excellence des solutions de nos entreprises
couplées à nos meilleurs laboratoires de recherche pour aider les collectivités
à mieux comprendre, mieux prévoir et mieux décider. C’est une écologie
concrète, au service de nos territoires ».
Anne Le Henanff,
ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique : « Ce projet de
jumeau numérique de la France nous donnera la capacité de mieux comprendre,
mieux anticiper et mieux décider. Avec JUNN, nous construisons un outil
stratégique au service de la planification écologique, de la résilience des
territoires et de la compétitivité économique. Ce projet, porté par France 2030
et qui regroupe de nombreux acteurs et parmi eux des PME ou start-ups
innovantes, constitue une véritable équipe de France des jumeaux numériques de
territoire. Il traduit une double ambition : transformer durablement nos
secteurs clés, et positionner la France en leader des technologies
souveraines. La France montre ainsi la
voie : celle d’une transition écologique pragmatique, fondée sur la donnée, la
simulation et l’intelligence collective. »
Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement, en charge de France 2030 : « La France peut se targuer de l’ambition affichée du projet JUNN et des résultats que nous arriverons à démontrer dès l’an prochain. Ce projet incarne le geste qui pousse à noter, saisir, dessiner ce qui nous entoure et la façon dont nous impactons ce qui nous entoure : à la fois pour rendre compte mais aussi pour corriger le tir le cas échéant. Il s’agit d’une boussole dont nous avons besoin plus que jamais pour naviguer le changement dans un monde en perpétuelle évolution. »


