Du 23 au 27
mars 2026, le ministère de l’Éducation nationale a conduit, en partenariat avec
le ministère de l’Intérieur (COMCYBER-MI), le ministère de la Justice (section
de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris (J3) et direction des
affaires criminelles et des grâces), Cybermalveillance.gouv.fr (GIP ACYMA) la
CNIL ainsi que le groupe France Télévisions, l’UNAF et l’association
E-enfance/3018, une opération nationale de prévention de grande ampleur
reposant sur une simulation d’hameçonnage.
Cette initiative vise à
renforcer la vigilance et la responsabilisation de l’ensemble de la communauté
éducative face à l’une des formes de cyberattaque les plus répandues.
Une réponse éducative
face à une menace croissante
Depuis 2017 les
infractions d’atteintes aux systèmes de traitement automatiques de données
(cyberattaques, introductions dans les systèmes informatiques, extractions
frauduleuses de données etc.) traitées par le parquet de Paris qui a compétence
nationale en matière de cybercriminalité, ont augmenté de 2 700% entre 2017 et
2025.
Face à l’essor de ces
affaires pour lesquelles la Justice est saisie, le parquet de Paris qui a créé
une section spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité dès 2014 mène
un grand nombre d’actions de prévention en lien avec les acteurs de l’État,
comme l’Education nationale.
Lancée en 2025 sur
l’ensemble du territoire, l’opération Cactus a pour objectif de sensibiliser
les élèves aux risques cyber et à leurs conséquences potentielles, qu’elles
soient économiques, psychologiques ou réputationnelles. En 2026, les publics
ont été élargis, en plus des élèves, aux enseignants, personnels éducatifs et
aux parents.
En effet, avec la
généralisation des outils et services numériques, tant pour les apprentissages
que pour la gestion administrative des établissements, les établissements
scolaires sont confrontés depuis plusieurs années à de multiples attaques
malveillantes ciblant les ENT et les outils numériques de vie scolaire. Les
vols de mots de passe et campagnes d’hameçonnage massives ont parfois conduit à
des fermetures temporaires de services, comme ce fut le cas dans la région des
Hauts-de-France à la fin de l’année 2025. Ces incidents perturbent durablement
le fonctionnement des établissements et exposent élèves, familles et personnels
à des contenus frauduleux, voire parfois, choquants.
Par ailleurs, une
enquête menée en septembre 2025 auprès d’élèves de CM1 à 6e dans les
territoires numériques éducatifs (TNE) met en évidence plusieurs constats
structurants :
• 7 élèves sur 10 se déclarent
sensibilisés à la cybersécurité. Un chiffre encourageant qui peut toutefois
masquer des lacunes dans la compréhension concrète des risques ;
• 1 élève sur 3 indique avoir déjà été
exposé à des actes de cybermalveillance (courriels ou SMS frauduleux, piratage
de comptes, etc.) ;
• 1 élève sur 5 déclare ne pas encore
avoir entendu parler des menaces cyber ou ne pas en avoir une connaissance
suffisante.
Ces résultats
soulignent la nécessité de renforcer et d’ancrer dans la durée l’éducation à la
cybersécurité, dès le plus jeune âge, en associant étroitement les familles et
l’ensemble des acteurs éducatifs.
Vers un renforcement de
l’action d’éducation aux risques numériques
Fort de ces
enseignements, le ministère de l’Éducation nationale affirme sa volonté de
s’inscrire dans une stratégie pérenne d’éducation aux risques numériques et de
citoyenneté numérique. Cette stratégie repose sur plusieurs piliers :
• Une sensibilisation progressive et adaptée à
chaque âge, du cycle 2 au secondaire, intégrée aux parcours scolaires ;
• L’association de l’ensemble des parties
prenantes (élèves, parents, enseignants et personnels administratifs) afin de
favoriser une responsabilité collective face aux cybermenaces ;
• La mise à disposition de ressources
pédagogiques, d’outils d’accompagnement pour les équipes éducatives et de
dispositifs de formation continue pour les professionnels ;
• Le renforcement des collaborations avec les
partenaires institutionnels et les autorités compétentes en matière de
cybersécurité.
Pour Édouard Geffray,
ministre de l’Éducation nationale, « À l’heure où les usages numériques
s’imposent dès le plus jeune âge, notre responsabilité est claire : donner à
chaque maillon de la communauté éducative – élèves, personnels et parents – les
clés pour comprendre, anticiper et déjouer les menaces en ligne. L’opération
Cactus constitue à ce titre une action pédagogique, concrète et ancrée dans le
réel, pour former des citoyens éclairés, capables d’adopter les bons réflexes
face aux cyberattaques. »
Cactus 2026 : une
campagne massive qui a touché 1 français sur 6
9,2 millions de
personnes réparties sur l’ensemble du territoire national, y compris en
outre-mer, ont donc été impliquées dans l’opération Cactus 2026 :
• 3,5 millions de collégiens et lycéens ;
• Près de 5 millions de parents d’élèves ;
• Plus de 500 000 personnels enseignants et
administratifs.
Les participants ont
reçu, via les espaces numériques de travail (ENT) ou de messagerie, un message
frauduleux simulant une tentative d’hameçonnage et les incitant à cliquer sur
un lien.
Parmi eux, 1 096 692
personnes ont cliqué sur ce lien, soit 12% du public cible. Elles ont été
redirigées vers un message de sensibilisation comprenant une vidéo pédagogique.
Cette vidéo, conçue dans un objectif d’intérêt public, vise à informer, responsabiliser
et dissuader face aux pratiques illégales en ligne, en s’appuyant sur une
communication claire et directe des autorités compétentes en matière de
cybersécurité et de lutte contre la cybercriminalité.
Le contenu de cette
vidéo, élaboré collectivement dans une démarche d’intérêt public, complète les
actions déjà menées par le ministère de l’Éducation nationale en matière de
sensibilisation à la cybersécurité, notamment via la certification Pix+ Cybersécurité
ou encore une étroite collaboration avec Cybermalveillance.gouv.fr.
Un kit pédagogique
co-construit par les services engagés dans le projet, contenant tous les
éléments d’explication et d’accompagnement de la campagne Cactus, est mis à
disposition de chacune des académies pour permettre aux enseignants qui le
souhaitent, de déployer cette action de sensibilisation.
En parallèle de cette
opération ponctuelle, les pouvoirs publics s’engagent sur le long terme, en
organisant des séances de sensibilisation animées par divers intervenants,
directement dans les classes, au plus près des élèves.
Nos conseils
Extrait Hameçonnage :
• Ne pas cliquer sur
les liens ou les pièces-jointes qui vous sont proposés dans un message non
sollicité.
• Au moindre doute, lors de la réception d’un message inattendu ou alarmiste, contacter directement l’organisme concerné.


