Face à l’urgence industrielle,
économique et sociale, une alliance transpartisane et ouverte voit le jour :
l’Alliance du Fabriqué en France.
Créée à l’initiative de
la CPME, elle rassemble pour la première fois des organisations patronales et
syndicales de salariés, des associations engagées, des industriels, des experts
et des responsables publics avec un objectif clair : produire plus et mieux en
France, pour préserver notre souveraineté, nos emplois et le financement
durable de notre modèle social.
Aujourd’hui, seulement
22% des achats sont orientés vers la fabrication française. La commande
publique est levier majeur de politique économique. La France compte 26 000
acheteurs publics, dans un cadre juridique où l’acheteur est le seul en Europe
à risquer une responsabilité pénale. Cela freine l’audace, l’innovation et les
stratégies d’achats favorables à la production nationale.
Une alliance inédite et
plurale
Ainsi, dès son
lancement des acteurs engagés pour le Fabriqué en France rejoignent l'Alliance
à l'initiative d'Amir Reza-Tofighi - Président de la CPME :
• Arnaud Montebourg - Ancien ministre de
l’Économie et du Redressement productif.
• Gilles Attaf - Président d’Origine
France Garantie (OFG)
• Olivier Ducatillion - Président de l’Union
des Industries Textiles (UIT).
• Fabienne Delahaye - Fondatrice du salon
MIF Expo (Salon du Made in France).
• Tristan De Witte - Président du Réseau
Excellence pour entreprises du patrimoine vivant.
• Olivier Lluansi - Professeur au
Conservatoire national des arts et métiers
• Cyril Chabanier - Président de la CFTC
• François Hommeril - Président confédéral
de la CFE-CGC
Tous partagent une même
conviction :
la réindustrialisation ne peut réussir que si l’économique, le social et
l’environnemental avancent de concert.
« Notre Alliance est ouverte et transpartisane. Notre exigence, c’est une ligne commune centrée sur le fabriqué en France, avec des mesures concrètes et immédiates plutôt que des grands plans sur la comète. », commente Amir Reza-Tofighi, Président de la CPME
« Produire en France,
c’est possible à condition de comprendre l’entreprise et d’associer la vision
stratégique de l’entrepreneur à l’engagement des salariés. C’est ainsi que l’on
redémarre des sites industriels et que l’on inscrit l’activité dans la durée. », poursuit François
Hommeril, Président de la CFE-CGC
Dans un contexte de
fragmentation des chaînes de valeur, de transition climatique et de concurrence
internationale exacerbée, l’Alliance du Fabriqué en France entend dépasser les
postures pour proposer des leviers opérationnels, mobiliser la commande publique,
sécuriser les acheteurs et remettre la production au cœur des politiques
économiques.
Trois chantiers
prioritaires et des mesures opérationnelles
1) La commande publique
Près de 100 Mds€
d’achats publics annuels peuvent créer un effet d’entraînement massif s’ils
intègrent mieux l’origine, la qualité, la durabilité et l’impact social. Les
témoignages entendus soulignent l’urgence d’un sponsor ministériel pour
sécuriser et piloter la transformation, ainsi qu’un effort de formation et
d’outillage des acheteurs publics afin de sortir de la “maladie du moins disant
prix”.
Il faut sécuriser des
volumes domestiques, moderniser les capacités industrielles, stabiliser
l’emploi et réduire les dépendances critiques, sans surcoûts macroéconomiques
durables grâce aux retombées fiscales et sociales sur le territoire (pédagogie
du “coût total” plutôt que du seul prix facial).
« La commande publique
peut sauver des usines : quand chacun prend sa part, on garde l’outil productif
et on repart. En 10 ans, si on finance l’économie réelle, on peut équilibrer la
balance commerciale et payer notre train de vie. », rappelle Arnaud
Montebourg, Ancien ministre du Redressement productif
2) Compétences : former
près de l’industrie et des territoires
« 60 000 postes
industriels sont vacants chaque année, une part significative des jeunes formés
ne rejoint pas l’industrie ; les formations sont parfois éloignées des bassins
d’emploi et des besoins réels des entreprises », nous précise
Olivier Lluansi.
Les solutions
immédiates proposées par l’Alliance :
• GPEC territoriale (dialogue
entreprises/syndicats/collectivités) : besoins à 2–4 ans, scénarios à 5–10 ans,
cartographie des écarts compétences/formation.
• Écoles de production, apprentissage,
passerelles inter filières et micro certifications localisées (avec calendrier
d’ouverture et indicateurs d’insertion).
• Parcours salariés (montée en compétences,
qualité du travail, salaires) pour accompagner la montée en gamme et en volume.
3) Financer l’appareil
productif par l’épargne
Malgré 6 600 Mds€
d’épargne des ménages et 200 Mds€ d’épargne salariale, les PME/ETI
industrielles se financent souvent hors de France.
Mesures
immédiates proposées par l’Alliance :
• Créer/étendre des fonds d’épargne salariale
et grand public “industrie France” (thèses d’investissement explicites,
horizons 7–10 ans, gouvernance paritaire).
• Fléchage volontaire via accords de branche
& d’entreprise (information des CSE, offres par défaut “incluant une poche
industrie France”).
• Fonds régionaux avec réseaux
coopératifs/mutuels pour cofinancer l’outil productif (modernisation,
relocalisations, verdissement).
L'Alliance annonce sa
feuille de route
J+30 : installation du comité
de pilotage et publication de la boîte à outils achats publics (spécifications
types, grilles RSE, allotissement, planning).
J+120 : lancement de 2 fonds
“industrie France” (poche épargne salariale + poche grand public).
Rentrée : baromètre public de la
commande (année 0) et label “Acheteur public exemplaire” – première promotion.
Avant fin 2026 : 10 speed datings
territoriaux acheteurs/filières (santé, textile habillement, agro emballages,
équipements, mobilier, numérique, etc.).
12 mois : premiers marchés
pilotes avec traçabilité d’origine et pondération RSE S, premières écoles de
production ouvertes ou étendues, premiers projets financés via l’épargne
fléchée.
• Gouvernance et ouverture : L’Alliance est
ouverte : des discussions sont en cours avec d’autres structures
professionnelles, syndicales et territoriales pour élargir rapidement le
périmètre d’action. Un comité de pilotage paritaire (éco & social) fixera
la feuille de route, suivie par un baromètre public annuel.
• Esprit collectif : L’Alliance privilégie les solutions pragmatiques, réalistes et peu coûteuses, immédiatement déployables, sans attendre une hypothétique réforme lourde du droit européen.


