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[Question de Gestion] L’impact des sanctions contre la Russie sur les autres devises

Extrait de l’analyse de Gene Frieda, stratégiste mondial chez PIMCO

« Le gel des réserves monétaires d'une banque centrale n'est pas nouveau, mais la Russie est la première économie intégrée au niveau mondial à subir ce sort. Jusqu'à présent, nous avons vu des ramifications dramatiques pour la Russie, avec des implications potentielles sur le statut du dollar américain en tant que principale monnaie de réserve mondiale et sur la force du renminbi chinois (CNY).

Nous pensons que le statut d'ancrage du dollar a été réaffirmé par le gel des réserves de la Russie, mais seulement à la marge. Aux dernières nouvelles, la part du dollar dans les réserves mondiales était de 59%, ce qui n'a guère changé depuis une décennie. Nous ne voyons pas de risque immédiat de contagion de la Russie à d'autres pays, notamment à la Chine.

Toutefois, nous prévoyons des conséquences persistantes par le biais de trois canaux : les efforts de la Chine pour protéger ses réserves existantes contre d'éventuelles sanctions ; la réflexion des exportateurs de matières premières sur la manière d'investir les réserves de change fraîchement constituées grâce au boom actuel des matières premières ; et la réflexion des investisseurs étrangers, tant publics que privés, sur les dommages collatéraux des sanctions financières qui pourraient affecter la convertibilité des actifs on shore en CNY.

Les sanctions risquent d'affecter la Chine, dont leurs politiques économiques de plus en plus conservatrices, vont à l'encontre de la montée en puissance du CNY en tant que monnaie de réserve. Leçon tirée de l'expérience de la Russie : les sanctions sur les réserves de change peuvent être puissantes et imposer effectivement au pays la non-convertibilité de sa monnaie. La part du CNY dans les réserves mondiales, bien qu'elle doive encore augmenter, sera probablement limitée.

Pour les pays qui craignent d'être sanctionnés, les réserves pourraient constituer une assurance moins importante que prévue. Si la diversification n'est pas une option, la réduction des emprunts internationaux - autre forme de démondialisation séculaire - en est la conséquence logique.

Enfin, si la croissance des réserves mondiales s'accélère à nouveau (par exemple, en raison de la persistance des prix élevés des matières premières qui favorisent les exportateurs de matières premières), les obligations d'État des marchés développés en profiteront probablement plus que toute autre devise individuelle, car les réserves sont recyclées dans des actifs sûrs traditionnels. »

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