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Les devises asiatiques pourraient jouer un rôle charnière dans le retour à l’équilibre mondial.

ER - Analyses de marchés
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Par Andreas Utermann, directeur Monde des investissements chez Allianz Global Investors.

- Le retour à la stabilité de la situation économique mondiale passe par la réduction de l’endettement et des avantages compétitifs artificiels.
- Le renminbi et l’euro présentent un potentiel d’appréciation.
- Le résultat serré des élections italiennes souligne la vulnérabilité de l’Europe.

Le chemin vers l’équilibre mondial passera probablement par une appréciation des devises des pays aux balances courantes excédentaires, à condition qu’une telle évolution s’appuie sur des bases solides. Selon les experts d’Allianz Global Investors, ce devrait être le cas notamment en Chine, sous l’effet des réformes engagées par le nouveau gouvernement pour déréguler la devise et élargir sa convertibilité.
Dans cette hypothèse, le renminbi pourrait connaître une appréciation similaire à celle du yen après 1960, enregistrant une progression moyenne de 2,5% par an par rapport au dollar américain. Andreas Utermann précise que cette évolution s’accompagnerait d’un recul de la compétitivité chinoise, visible dans le solde positif de la balance courante du pays qui ressortait à près de 234 Mds$ fin 2012 d’après l’Institut d’Études Économiques. Selon Andreas Utermann, les balances courantes fortement excédentaires sont tout aussi pénalisantes que les déficits extrêmes pour le système économique mondial. Les excès observés durant la dernière décennie, dans un environnement de mondialisation accrue et de taux d’intérêt très faibles, ont accéléré le transfert du potentiel de croissance des pays industrialisés vers le monde émergent, renforçant ainsi leur rôle dans la crise de la dette.

Selon Andreas Utermann, les incertitudes politiques potentielles en Europe et aux États-Unis restent le principal facteur de risque pesant sur l’économie cette année. En Europe, les experts d’Allianz Global Investors pensent que le retrait programmé des mesures d’assouplissement monétaire par la Banque Centrale Européenne et l’amélioration des balances commerciales au sein de la zone euro pourraient favoriser une appréciation de l’euro, à condition que les tensions sur les marchés ne se ravivent pas durant l’année. Or, tout récemment, les élections italiennes ont à nouveau montré la sensibilité des marchés aux incertitudes politiques. « Selon nous, la situation fondamentale de l’Italie (3ème économie de la zone euro) reste solide, en dépit du niveau élevé de la dette. Mais l’environnement politique pourrait à tout moment être source d’instabilité, car il existe un réel risque que les partis anti-européens obtiennent la majorité ou, tout du moins, que le gouvernement se retrouve dans l’incapacité d’engager les réformes qui s’imposent. »

Cependant, Andreas Utermann reste convaincu que certains signes annoncent une dissipation progressive des tensions au sein de la zone euro, augurant d’un retour vers une croissance positive au cours du second semestre 2013 qui mettrait un terme à la récession. Mais la stabilité de l’UE - au-delà de la seule zone euro - reste un prérequis essentiel à toute prévision fiable sur les marchés : à cet égard, « le débat lancé par David Cameron sur le rôle du Royaume-Uni au sein de l’UE constitue selon nous un signe très positif. Un référendum ne marquerait pas le début de la fin, mais plutôt celui d’un échange constructif. Un tel débat permet de rappeler à l’opinion publique l’intérêt social d’une Europe unifiée, au-delà des seuls avantages économiques. L’UE, prise dans son ensemble, peut offrir davantage de solutions aux difficultés actuelles, comme le chômage élevé des jeunes en Espagne, que n’en disposent les pays pris individuellement, facilitant ainsi le retour à une situation compétitive plus solide. »

Aux Etats-Unis la situation reste délicate. Les coupes budgétaires automatiques, effectives depuis le 1er mars, à la suite de la décision du président Barack Obama, constituent à la fois un poids pour l’économie américaine et un signal sur son orientation : « Ces coupes budgétaires, qui représenteront 85 Mds$ d’ici la fin du mois de septembre, seront indéniablement douloureuses. Mais elles pourraient également accroitre la pression en vue d’un compromis dans les négociations en cours sur le budget », précise Andreas Utermann. Les conséquences sur la croissance économique restent gérables à ce stade, et une récession devrait pouvoir être évitée. Cependant, il est essentiel que le pays parvienne à trouver une solution pérenne pour la gestion de son déficit budgétaire afin de soutenir son potentiel de croissance.

Les investisseurs partagés entre couverture des risques et quête de rendements. Les spécialistes d’Allianz Global Investors n’anticipent pas de scénarii inflationnistes extrêmes durant les deux prochaines années, en raison des plans de désendettement en cours dans le monde et du durcissement des conditions de crédit. Les taux d’inflation pourraient néanmoins remonter à plus long terme.
Dans un contexte d’inflation modérée et de taux d’intérêt faibles, les investisseurs exposés aux emprunts d’État allemands, britanniques ou américains risquent d’être pénalisés par des taux de rendement négatifs. Andreas Utermann résume ainsi la situation dans laquelle les investisseurs se trouvent actuellement : « Les investisseurs subissent une pression de plus en plus forte pour trouver le juste équilibre entre des niveaux de rendement sous pression et une couverture adéquate des risques ». Pour les experts d’Allianz Global Investors, dans l’environnement actuel de concurrence très rude, les obligations et les devises des pays asiatiques sont un bon complément de placement, à condition de garder une approche sélective.

Les actions sont également un bon complément pour accroitre le rendement de son portefeuille, quelles que soient les fluctuations à court terme des marchés. Une inflation modérée constitue un environnement favorable aux actions, mais il est essentiel, dans ce domaine également, d’adopter une approche sélective. À cet égard, les actions d’entreprises qui distribuent des dividendes sont, grâce à l’effet positif de ces versements réguliers, particulièrement efficaces pour stabiliser la performance d’un portefeuille, notamment dans les phases de correction des marchés.

 

 

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