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[Questions de gestion] l'accord européen / par NN IP

Patrick Moonen, Principal Strategist, NN IP

L'accord qui vient d’être signé est important pour les marchés financiers. Pour les classes d’actifs fixed income, le fonds de relance réduit considérablement le risque souverain en Europe en apportant le soutien budgétaire tant attendu, tant du point de vue de la viabilité de la dette que pour soutenir la croissance, et tout particulièrement pour les pays périphériques. De plus, une émission commune qui vient financer un dispositif budgétaire européen plus important peut être considérée comme un renforcement structurel du projet européen, ce qui est positif pour toutes les classes d’actifs de l’univers du fixed income européen. Nous avons commencé à surpondérer significativement les obligations souveraines italiennes à 10 ans. En effet, les spreads se sont resserrés et les rendements des obligations périphériques ont considérablement baissé, l'Italie étant le principal bénéficiaire de ce phénomène. Nous prévoyons à plus long terme une poursuite de la diminution des écarts et des rendements, mais probablement à un rythme plus lent.

Pour les actions européennes également, l'accord constitue une évolution clé car il pourrait conduire à une nouvelle diminution de la prime de risque des actions européennes par rapport aux actions américaines. Comme pour le fixed income, nous pensons que les principaux bénéficiaires sont les marchés boursiers périphériques en général et plus particulièrement le secteur financier, grâce à la combinaison de spreads plus serrés, de meilleures perspectives de croissance et de faibles valorisations. Le secteur des services publics pourrait bénéficier de l'orientation "verte" donnée aux investissements. Nous avions déjà une préférence pour les actions de la zone euro et nous la maintenons pour le moment.

Willem Verhagen, Senior Economist au sein de l'équipe Multi-Asset de NN IP

Quel impact aura l'accord sur la création du Fonds de relance européen sur les perspectives de croissance et les marchés ? La confiance des marchés devrait considérablement s’améliorer et de façon structurelle car il est désormais acté que l’Europe a besoin d’une action collective pour éviter de nouvelles divergences. Le Fonds de relance émettra des Euro-obligations, jusqu’ici à un stade embryonnaire, pour se financer. Le flux de revenus sous-jacent de ces obligations est constitué des futurs budgets de l'UE ainsi que de la perspective de voir l'UE lever elle-même davantage de fonds. Et même si l'émission de dette commune est censée n'être que temporaire, l'obstacle à l'utilisation de cet instrument lors d'une crise future est désormais bien moindre.

D'un point de vue économique, le Fonds de relance préfigure une relance budgétaire européenne de 1,5 à 2 % du PIB en 2021-23. Cette relance visera à améliorer l'offre existante, notamment en matière d’énergies vertes et de digitalisation. D'un point de vue cyclique, le déploiement de ces fonds interviendra alors que les programmes nationaux de relance budgétaire devraient diminuer, ce qui devrait mitiger les effets négatifs sur la croissance. Maintenant que l'incertitude sur le Fonds de relance est levée, les gouvernements des pays périphériques pourraient être encouragés à renforcer les mesures de relance à court terme, par exemple en tirant sur la ligne de crédit de 2 % du Mécanisme européen de stabilité européen sans conditions.

D'un point de vue structurel, le Fonds de relance devrait contribuer à soutenir l’amélioration de la productivité européenne et ainsi augmenter les rendements dans la région lorsque les marchés seront rééquilibrés. A terme, cela permettra à la BCE d'atteindre plus facilement son objectif d'inflation. Globalement, le Fonds de relance améliore le dosage des politiques européennes, ce qui, toutes choses égales par ailleurs, justifie une diminution de la prime de risque sur les actifs risqués européens.

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