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[Questions de gestion] Favoriser les actions européennes

Commentaire de marché hebdomadaire du BlackRock Investment Institute

Alors que les économies commencent à se normaliser, nous estimons que les actions européennes représentent l’exposition régionale la plus intéressante pour bénéficier d’une reprise mondiale différenciée selon les zones. La région bénéficie d'une infrastructure sanitaire solide, d'une exposition à la reprise de la croissance mondiale et d'une réponse politique vigoureuse, tout en disposant d’une marge de manœuvre pour des mesures de relance supplémentaires. En conséquence, l’Europe offre un meilleur rapport risque/rendement que les bénéficiaires traditionnels de la reprise de la croissance, à savoir les marchés émergents (EM).

Le rythme de reprise de l'activité dépend de la capacité des pays à réprimer le virus lors de leur réouverture, comme nous le détaillons dans nos Perspectives à la mi-année. Cela donne à l'Europe une longueur d'avance sur la plupart des pays émergents. De nombreux pays émergents ont des systèmes de santé publique moins solides et la pandémie n'a pas encore atteint son point culminant. Après un retard initial, les infections ont fait un bond en Amérique latine et augmentent régulièrement dans les pays émergents d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique (EMEA) et d'Asie du Sud, comme le montre le graphique.  En revanche, dans les pays développés d'Europe le nombre de cas suit une trajectoire descendante depuis le pic du mois d’avril.

Il est certain que les marchés émergents sont hétérogènes. L'apparition du virus -et la capacité à y résister -varie considérablement d'un pays à l'autre. Ainsi, de nombreuses économies d'Asie du Nord semblent avoir pris le contrôle de l'épidémie, et disposent de bilans relativement solides et de la marge de manœuvre politique nécessaire pour faire face au ralentissement.

Les capacités sanitaires de l'Europe et ses mesures de confinement placent la région en bonne position pour une reprise au niveau national. De plus, les entreprises européennes sont fortement axées sur l'amélioration du commerce mondial et la reprise de l'économie chinoise. Certaines économies émergentes devraient également en bénéficier, et les pays asiatiques centrés sur la technologie montrent les premiers signes d'une reprise des échanges commerciaux. À cet égard, l'escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine constitue un risque pour le sentiment du marché en faveur des actions européennes et japonaises. L'Europe est cependant moins vulnérable à une nouvelle baisse des prix des matières premières que les économies des pays émergents, qui sont fortement exposées aux matières premières et aux ressources naturelles, comme la Russie et le Brésil.   

Il est important de noter que le soutien monétaire et fiscal visant à amortir le choc du virus est plus important en Europe que dans les pays émergents et au Japon - et qu’il reste une marge de manœuvre et un appétit pour des mesures de relance supplémentaires. Après un démarrage lent, la zone euro a galvanisé sa réponse politique. La Banque Centrale Européenne a clairement indiqué qu'elle était prête à prendre des mesures de relance monétaire supplémentaires. La semaine dernière, les dirigeants des 27 États membres de l'UE ont discuté d'un plan de relance économique tout à fait inédit lors de leur premier sommet depuis le début du confinement. Il est important de noter qu'une coordination sans précédent entre les autorités budgétaires et monétaires permet à la région de lancer des mesures de relance tout en réduisant les coûts d'emprunt des pays périphériques. En revanche, nous considérons que la marge de manœuvre politique de nombreux pays émergents est beaucoup plus limitée, car beaucoup d'entre eux risquent de voir leurs taux d'intérêt augmenter et leurs monnaies diminuer en réaction à des mesures de relance budgétaire ou monétaire plus importantes.

Quels sont les risques à préférer l'Europe aux marchés émergents ?  Tout d'abord, la trajectoire de la pandémie pourrait réserver des surprises, comme une baisse des taux d'infection dans les marchés émergents ou une résurgence du virus en Europe. Deuxièmement, les actions des pays émergents pourraient surperformer leurs homologues européens si le dollar américain s'affaiblit par rapport à leurs monnaies ou si la reprise de la croissance mondiale est beaucoup plus importante que prévu.

Conclusion : Nous surpondérons les actions européennes en raison de la solidité des systèmes de santé publique de la région et de l'intensification de la réaction politique. À part l'Asie du Nord, nous sous-pondérons les marchés émergents en raison de la propagation de la pandémie et de leur marge de manœuvre limitée. L'Asie du Nord a pour l'instant le virus sous contrôle et la capacité de lancer d’autres mesures de relance, ce qui nous incite à rester neutres sur les actions japonaises et asiatiques hors Japon. Nous apprécions les actions américaines pour leur biais de qualité, mais le risque d'affaiblissement des mesures de relance budgétaire et l'incertitude des élections nous nous incite à conserver une approche neutre. 

Environnement de marché
Les mesures d’endiguement du coronavirus sont progressivement levées dans la plupart des économies développées, ce qui a soutenu l’activité et l’emploi en juin. La réponse politique sans précédent a stimulé les actifs à risque, les principaux risques du marché restant la résurgence des infections dans les États de la « Sunbelt » et la possibilité d'une diminution des mesures de relance budgétaire. Le Congrès américain se dirige vers une impasse budgétaire - les allocations de chômage supplémentaires et le soutien aux petites entreprises vont prendre fin et les États sont confrontés à d'énormes déficits budgétaires. Nous pourrions voir un plan budgétaire de 1 000 à 1 500 Mds€ qui prolongerait certaines mesures de relance fédérales - mais pas toutes -jusqu'à la fin de l'année.

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