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[Questions de gestion] Quelles réponses à la crise sanitaire ?

Le contexte de marché est inédit, à un point tel que la plupart des investisseurs ne savent pas à quelle classe d'actifs se vouer. Lyxor AM propose quelques éléments de réponse pour construire un portefeuille "post covid" pertinent.

Responsable mondiale de la recherche marchés chez Lyxor AM, Jeanne Asseraf-Bitton note que de nombreuses des entreprises américaines - un tiers - ne font actuellement plus de prévisions sur leur activité. « Par ailleurs, une vague démocrate aux Etats-Unis pourrait impliquer un ensemble de mesures susceptibles d’impacter les marges des entreprises. On pense par exemple à une augmentation sensible du salaire minimum ». Le bilan de la FED a pris une ampleur significative. Néanmoins, il convient de rappeler que La fed n’a pas perdu d’argent lors que la dernière crise , elle en a même gagné ! De l’autre côté de l’Atlantique, de l’avis de la stratégiste, les attentes sur les marchés européens sont si négatives qu’on pourrait avoir une bonne surprise. « Cela dit, sur le front des devises, il semble qu’il soit trop tôt pour revenir sur la monnaie européenne. Le retour à la normale en Eurozone n’est attendu que pour 2022 »

« En Asie, nous gardons une position surpondérée sur la Chine à l’intérieur de l’univers émergent. Cela dit, le monde émergent garde une certaine vulnérabilité », ajoute Jeanne Asseraf-Bitton. D’une manière générale, le thème des dividendes devrait quant à lui pâtir d’une réallocation pour remboursement de la dette.

Les marchés des matières premières ont été particulièrement impactés par la crise sanitaire, le pétrole notamment. « Les producteurs ont adapté leur production mais la discipline des producteurs risque d’être entamée. L’excès de stockage devrait néanmoins se résorber progressivement ». L’or a, de son côté, pleinement joué son rôle de valeur refuge. A tel point que le premier objectif défini par l'équipe de Lyxor AM ayant été touché, un positionnement plus neutre semble être à recommander. D’autant que, sur le front de l’inflation, les barrières tombent bien qu'il en reste une de taille : la technologie, qui est un facteur important de désinflation

La responsable mondiale de la recherche marchés rappelle une règle de base : « don’t fight the FED », ne pas aller à l’encontre de la FED. Elle recommande donc de rester investi sur les actifs risqués et de tirer parti de toutes les corrections de marché qui constitueront autant d'opportunités d’achat. Parmi les principaux déterminants de marché des prochains mois, elle cite naturellement les élections américaines et la mutualisation possible de la dette en Europe. Elle suggère par ailleurs de s’intéresser à certains actifs décorrelants comme la gestion alternative tout en rappelant qu’il s’agit d’un univers hétérogène sur lequel il faut être sélectif.

Une vision constructive mais non aggressive

Un intérêt que confirme Florence Barjou, la responsable adjointe des Investissements, en précisant que certaines stratégies permettent de bénéficier d’un portage directionnel : « globalement, nous sommes aussi acheteurs d’actions, de crédit et nous sous-pondérons les emprunts d’Etat. Nous sommes aussi acheteurs de protections car même si les données économiques surprennent positivement à la hausse, il convient de ne pas crier victoire trop tôt en partie du fait des problématiques liées à l’endettement ». En résumé, elle suggère une vision constructive mais non agressive, avec toujours pour objectif de préserver le capital. « Il faut bien comprendre, poursuit l’experte, que l’environnement actuel est non probabilisable. Or pour les approches qui ont traditionnellement recours aux séries statistiques, la boite à outil usuelle ne fonctionne pas nécessairement ». Elle recommande par conséquent de miser sur la diversification, de panacher les différents styles de gestion et, de manière pragmatique, d'arbitrer les outils systématiques au profit des outils fondamentaux sachant que les premiers ont tendance à regarder dans le rétroviseur. Davantage de discrétionnaire donc mais aussi un recours à des techniques de budgétisation des risques. En d’autres termes, avoir pleinement conscience de la contribution au risque global de chaque actif. La démarche est d’importance dans la mesure où le rapport des volatilités entre actions et obligations, historiquement voisin de 3, est aujourd’hui sur des niveaux extrêmes, voisin de 6.  « Nous avons donc adapté nos portefeuilles et avons recours à une approche heuristique, plus prospective », souligne Florence Barjou. Si la faiblesse des rendements obligataires pousse les investisseurs vers les actifs plus risqués, elle considère que les obligations restent un bon actif de couverture et qu’il est tout de même important d’avoir des obligations souverraines en portefeuille pour la diversification – la décorrélation avec les actions est toujours effective – mais aussi par humilité : « on ne sait pas de quoi demain sera fait ».

Les actifs alternatifs pour la stabilité

Evoquant lui aussi la diversification, Philippe Ferreira, stratégiste senior cross asset, a quant à lui rappelé l’intérêt des actifs alternatifs dans ce domaine mais aussi dans le cadre de stratégies de protection. « Les stratégies alternatives ont permis d’apporter de la stabilité dans les portefeuilles pendant près de 3 ans après la crise de 2000, mais aussi après celle de 2008. On peut évoquer les stratégies CTA ou encore l’arbitrage de fusions et acquisitions ». Il mentionne aussi les stratégies de long short credit via le high yield-qui s’avèrent plus pertinentes sur 10 ans que la classe d’actifs sous-jacente. Les stratégies global macro sur émergents, dont l'univers est certes très varié, ont globalement délivré de bonnes performances sur les trimestres récentes.

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