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Covid-19 : adoption d’une approche plus dynamique de la gestion assurantielle

Selon AllianzGI, la crise provoquée par la pandémie de coronavirus constitue un test grandeur nature pour le secteur assurantiel européen, et notamment son cadre prudentiel, Solvabilité 2, le plus développé au monde. En quelques semaines, les assureurs ont subi une chute des marchés actions, une hausse des spreads de crédit et un aplatissement de la courbe des taux.
Ces graves tensions sur l’ensemble des segments de marché ont eu un triple impact : sur l’actif, via la baisse de valorisation des différentes poches des portefeuilles, sur les passifs des assureurs et leur actualisation, et sur la valorisation des fonds propres.

Selon l’AllianzGI Insurance Allocation Monitor, l’aplatissement de la courbe des taux a augmenté la valorisation économique des passifs longs de plus de 15% depuis fin 2018, avec un pic à l’été 2019 à +20% et un autre en mars 2020 à 22%. En conséquence, la valorisation des fonds propres a été fortement affectée sur les premiers mois de l’année 2020, comme illustré par les publications de baisse des ratios de solvabilité des grands groupes fin mars.

La crise a démontré la forte sensibilité des passifs aux variations de taux, mettant en difficulté ceux qui n’avaient pas aligné les flux du passif des contrats d’assurance avec ceux de l’actif issus de leurs portefeuilles d’investissement, et présentaient notamment d’importants gaps de duration.

Selon AllianzGI, la corrélation de l’ensemble des classes d’actifs a démontré la nécessité de protéger le bilan au-delà des approches traditionnelles. Ce nouvel environnement impose une coordination accrue entre l’assureur et son gérant d’actifs pour augmenter les marges de manœuvre tactiques et servir les objectifs ALM (Asset and Liability Management). La compréhension de l’impact sur le bilan de chaque opération du portefeuille par le gérant sera plus que jamais primordiale pour maintenir la capacité tactique.

Au-delà de l’essentielle diversification vers l’alternatif, il sera nécessaire de repenser progressivement les stratégies d’allocation des portefeuilles. « La couverture systématique des actions et du crédit permet d’être plus serein dans les phases de stress et de ne pas devoir dérisker les portefeuilles au mauvais moment », explique Mathieu Froger, Responsable de la gestion dérivées assurance chez AllianzGI.

Matthieu de Clermont, Responsable de la gestion taux assurance, ajoute : « Pour rallonger la duration des portefeuilles en sécurisant leur rendement, il est important de rechercher des actifs obligataires longs, de très bonne qualité et avec un traitement préférentiel en SCR (Solvency Capital Requirement). »

Autre conséquence de la crise sanitaire, la révision 2020 de Solvency II a été ajournée, tout comme l'entrée en vigueur d’IFRS 17 pour la valorisation des passifs des groupes cotés. « La crise a décalé un agenda réglementaire déjà ambitieux. Tout converge vers une meilleure prise en compte de l’environnement de taux négatifs désormais voué à perdurer, ainsi qu’une meilleure harmonisation européenne », estime Hadrien Sag, Responsable du conseil aux assureurs.

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