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ER - Analyses de marchés
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Valeurs de rendement, la nouvelle donne

Le point de vue de Hugues Le Maire, Directeur Général de Diamant Bleu Gestion.

Le rally européen amorcé l’été dernier devrait continuer en 2013. C’est en tout cas ce qu’anticipe Diamant Bleu Gestion, qui mise sur le rattrapage des marchés de la zone euro dans les prochains trimestres. Pour autant, l’appétit progressivement retrouvé pour ces actifs relativement sous-valorisés ne doit pas dispenser les investisseurs d’une lecture bien discriminante des marchés.

Gestion de conviction et forte sélectivité resteront les conditions sine qua non afin de capter les valeurs garantissant la meilleure visibilité et les rendements les plus durables. Avec un PER moyen proche de 11 et de modestes volumes d’échanges - et ce malgré les velléités de repondération des investisseurs - les actions européennes restent encore des actifs bon marché dans leur globalité. Sous la pression d’une prime de risque longtemps excessive, résultante du fardeau des dettes périphériques et de la crise de liquidité bancaire, les cours des valeurs de la zone euro sont restés à des niveaux assez faibles. À mesure que l’environnement de marché s’est assaini sous l’égide de la BCE et de sa politique monétaire non conventionnelle, le rebond boursier des derniers mois a permis d’initier un mouvement de revalorisation, encore loin de se tarir.

Alors, décotés ces marchés européens ? Clairement. Mais attention, pour appréhender les opportunités proposées par la reprise boursière, les traditionnelles approches « value », centrée exclusivement sur la sous-valorisation des titres a priori, ou « cyclique », souvent associée aux rotations sectorielles, ne suffisent plus. La première stratégie ne permet pas d’éviter le piège des « value trap », ces valeurs faussement décotées dont le potentiel de rebond intrinsèque est en réalité nul. Quant aux rotations sectorielles, de toute évidence l’absence de constance et de lisibilité des cycles économiques a tendance à rendre délicate cette seconde approche.

Aujourd’hui, capter du rendement exige une approche différente, fondée sur l’identification de « cas d’investissement » attractifs. Il ne s’agit pas là de parier indistinctement sur toute valeur à dividendes, quelle qu’elle soit, puisqu’une partie d’entre elles ne recèle pas de performance boursière par ailleurs. L’objectif est plutôt d’identifier les quelques actions capables de générer des rendements robustes et pérennes d’année en année, tout en procurant une visibilité sur la qualité de l’entreprise. Par définition, cette recherche induit des convictions fortes concernant les profits futurs de l’entreprise, sa politique de versement de dividendes (immédiate et à long terme), mais aussi une décomposition rigoureuse du compte de résultat de l’entreprise. Cela permet de mesurer son capex et ses cashflows libres, afin d’anticiper les dividendes futurs.

La recherche de rendements solides tend néanmoins à limiter de fait les titres des télécoms et utilities, traditionnellement considérés comme défensifs pour leurs dividendes, mais aujourd’hui majoritairement dénués de potentiel de croissance des bénéfices et de revalorisation boursière. La faute à des secteurs d’activité fortement concurrentiels et contraints par la réglementation.

Par ailleurs, le critère de sensibilité au marché reste primordial dans un environnement encore chahuté. Outre la qualité des dividendes, il est indispensable de sélectionner les valeurs qui disposent d’un beta avoisinant 0,85, témoignant d’une certaine décorrelation. En somme, un couple rendement/risque optimal. Volkswagen en est un bon exemple. Malgré un secteur automobile en bas de cycle, le groupe qui figure parmi les constructeurs les plus rentables au monde combine un PER boursier attractif (à quasiment 7,5 fois les résultats attendus en 2013), une politique favorable aux actionnaires grâce à une hausse progressive des dividendes (de 2,2% en 2012 à plus de 3% en 2014) et une forte visibilité sur la croissance des résultats, garantie par la forte diversification géographique de ses revenus. Ces « cas d’investissement » sont assez peu nombreux. Les investisseurs désireux d’accéder à de tels profils de rendement, ne peuvent plus faire l’économie d’une gestion active et sélective.

 

 

 

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