Connexion
/ Inscription
Mon espace
ER - Analyses de marchés
ABONNÉS

La FED redonne des couleurs à la dette émergente

Les obligations souveraines et corporate émergentes retrouvent les faveurs des investisseurs en quête de rendement et de diversification dans un contexte de taux bas. Elles bénéficient d’un environnement favorable, caractérisé notamment par la politique monétaire bienveillante de la Réserve fédérale qui a mis un coup d’arrêt au tapering. Des conditions macroéconomiques au beau fixe se conjuguent à la bonne santé des entreprises. Cette dynamique devrait permettre à la dette émergente de tirer son épingle du jeu en 2019.


Obligations souveraines émergentes : la sélectivité est la clé 

La classe d’actifs se démocratise et ouvre de nouvelles perspectives aux investisseurs ne détenant que des obligations souveraines de pays développés. « Après une année 2018 chahutée, le potentiel de création de valeur de la dette souveraine émergente reste intact pour 2019, à condition de faire preuve d’une grande sélectivité et flexibilité », estime Jean-Jacques Durand, Responsable Dette Emergente Total Return et gérant du fonds Edmond de Rothschild Fund Emerging Bonds chez Edmond de Rothschild AM. « Une discipline stricte concernant les valorisations ainsi qu’une approche contrariante et opportuniste s’avèrent payantes sur le long-terme », ajoute-t-il.

En dépit des forts remous politiques qui secouent le pays, le Venezuela reste une forte conviction du gérant. « Nous estimons que la valeur de recouvrement à long-terme se situe largement au-dessus du prix des obligations actuel », commente-t-il. En pleine phase de transition, le pays possède les plus grandes réserves de pétrole au monde et 95% des exportations reposent sur l’exploitation de l’or noir. Afin de préserver les investissements visant à relancer l’industrie pétrolière, le prochain gouvernement aura la nécessité de s’assoir à la table des négociations. « L'opposition est bien consciente des enjeux », souligne Jean-Jacques Durand. « Juan Guaido reconnaît l'ensemble de l'encours de la dette du pays et entend collaborer avec les créanciers internationaux pour aboutir à une restructuration ».  

La Turquie représente également une opportunité d’investissement, selon le gérant, au vu notamment des valorisations attractives. Le pays est peu endetté et affiche un déficit sous contrôle. « La situation politique reste compliquée mais le président turc sait faire preuve de pragmatisme quand il y est contraint », estime Jean-Jacques Durand. « La Turquie, contrairement à la Russie, ne peut pas se permettre l'isolement économique », ajoute-t-il. L’Argentine, exemple de transition en cours, est aussi l’une des principales positions du portefeuille, tout comme l’Ukraine.

L’équipe de gestion investit principalement dans la dette souveraine et quasi-souveraine en devises dures, en raison de la très grande diversité des instruments de cette catégorie. Il est à noter que la dette souveraine émergente en devise dure n’a jamais connu deux années consécutives de performances négatives depuis 1991.

Consciente d’un certain nombre de risques sur le marché et au regard de valorisations plutôt élevées mais qui demeurent attractives sur un nombre réduit de crédits souverains (Turquie, Argentine ou Venezuela), elle a constitué une poche de liquidités et mis en place des protections afin d’être en capacité de saisir les nouvelles opportunités qui pourront se dessiner.


Dette corporate émergente : un segment incontournable 

Affichant des valorisations attractives, la dette corporate émergente représente un segment incontournable dans l’univers riche et diversifié des placements en revenu fixe. Bénéficiant d’un environnement macroéconomique favorable, les entreprises s’appuient sur de confortables liquidités et enregistrent de faibles niveaux de taux de défaut. La classe d’actifs propose un accès à une variété de secteurs et de sociétés de toutes tailles, zones géographiques ou notations de crédit. Elle donne également la possibilité d’investir dans des sociétés non cotées sur les marchés actions, qui préfèrent émettre de la dette avant d’envisager une introduction en Bourse. Le  couple « rendement/risque» est particulièrement attractif et le « total return » de la classe d’actifs, soutenu par des coupons élevés, se distingue la plupart du temps dans les comparaisons de performances des différentes classes obligataires.

Stéphane Mayor, Responsable Dette d’entreprise émergente et gérant du fonds Edmond de Rothschild Fund Emerging Credit chez Edmond de Rothschild AM, alloue une partie très importante de ses investissements sur le High Yield en devise dure qui affiche des perspectives de rentabilité attractives avec un niveau de spread d’environ 500 points de base. Le Brésil représente la principale position du portefeuille. « Le pays maintient une trajectoire de croissance souriante et la réforme des retraites, essentielle à mener, se poursuit et devrait aboutir à des premiers résultats cette année », indique le gérant.

L’Ukraine est également une forte conviction, grâce à la poursuite du processus de normalisation après l’accord de restructuration de la dette. Le pays présente actuellement l’un des meilleures couples rendement/risque de l’univers d’investissement. Après avoir été chahutées ces dernières semaines, l’Argentine et la Turquie pourraient elles aussi retrouver les faveurs des investisseurs et offrir des perspectives de rentabilité intéressantes. La Russie ou encore le Nigeria figurent également en bonne position dans le portefeuille. « Au niveau sectoriel, nous privilégions une exposition aux matières premières, à savoir le pétrole et le gaz, ainsi que les métaux et les mines », souligne Stéphane Mayor qui favorise également les secteurs des financières et de la consommation.

L’approche d’investissement du gérant est basée sur des convictions marquées, détachée d’un indice de marché. A partir d’un scénario top-down (pays, matières premières, environnement politique, secteurs, etc.) mais également d’analyses bottom-up, il sélectionne les sociétés avec le profil « rendement/risque » le plus attractif. Stéphane Mayor investit dans des sociétés qu’il connaît et rencontre le management de manière régulière. « La diversification, aussi bien géographique que sectorielle, constitue un élément important dans la construction du portefeuille dans une recherche de limitation des risques », explique le gérant.    

 

Lire la suite...


Articles en relation