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Transition énergétique : des progrès en trompe-l’œil

Selon l'étude sur la transition énergétique de l’équipe Recherche Économique du groupe Edmond de Rothschild, la France arrive en 7ème position, derrière le peloton de tête constitué de la Suisse, la Colombie et la Suède. 

Intitulée « Transition énergétique : des progrès en trompe l’œil », l’étude qui a été réalisée par Lisa Turk, Économiste du groupe Edmond de Rothschild,
présente son indicateur EdR de la transition énergétique mettant en avant les pays les plus avancés dans ce domaine ainsi que les politiques qu’ils ont mis en place pour y parvenir,
analyse les évolutions de la consommation, du mix et de l’efficience énergétique au cours des dernières années.

D’ici 2020, la population mondiale aura augmenté de 1,7 milliards de personnes et le besoin en énergie se sera accru de plus de 25% selon les dernières prévisions de AIE*. Bien plus, si aucun effort en matière d’efficience énergétique n’est effectué d’ici là, ce besoin pourrait progresser de 50% selon la même source. Approvisionner en énergie la population grandissante tout en limitant les émissions de CO2, principale cause du réchauffement climatique, est un des défis les plus importants de notre siècle. 
*Agence Internationale de l’énergie 


Une amélioration de l’efficience énergétique au cours des trente dernières années, mais un mix énergétique qui stagne

- Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés, il faudra réduire les émissions de CO2 de 45% d’ici 2030 selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat,

- Deux moteurs d’action seront indispensables pour y parvenir : une augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique et une amélioration de l’efficience énergétique,

- Si depuis 1990, des progrès sont visibles en matière d’efficience, celle-ci ayant augmenté de 48% dans le monde et de 167% en Chine…

- …la progression du mix énergétique mondial est toutefois décevante. En 1990, 86,7% de la consommation d’énergie provenait des énergies fossiles. En 2017, ce taux s’établit encore à 85,1%.

- Plus récemment, l’année 2017 a été décevante en matière de transition énergétique. La croissance de la consommation d’énergie mondiale et de charbon a accéléré et les émissions de CO2 ont augmenté…

- …principalement en raison de l’accélération de la croissance économique mondiale de 3,3% en 2016 à 3,7% en 2017, générée par le redémarrage du cycle industriel


Quels sont les pays les plus avancés dans la transition énergétique ?

- Nous avons développé un indicateur de la transition énergétique qui se base sur 4 composantes principales : la consommation d’énergie par personne, les émissions de CO2 par personne, la part de la consommation d’énergies fossiles dans la consommation d’énergie totale et l’efficience énergétique.
- Pays les plus avancés en 2017 selon notre indicateur :

o Suisse : malgré une consommation d’énergie primaire par personne élevée, la Suisse ne consomme que 50,5% d’énergies fossiles et se dote d’une efficience énergétique (PIB généré par unité d’énergie utilisée) parmi les plus élevées au monde.
Colombie : le pays doit sa 2ème place à une consommation d’énergie primaire par personne bien inférieure à la moyenne mondiale et à la forte présence d’hydroélectricité, 30,4%, dans son mix énergétique.
Suède : il a été un des pays pionniers dans la transition énergétique. En 2017, les énergies fossiles ne représentent plus que 32,6% de la consommation d’énergie primaire. Des réglementations innovantes et inclusives ont permis ces résultats.


Selon l’AIE, les 2 principaux contributeurs à la réduction des émissions de CO2 d’ici 2040 seront :

- L’amélioration du mix énergétique, c’est-à-dire le passage du modèle actuel qui repose sur l’utilisation de ressources naturelles qui émettent des gaz à effet de serre lors de leur combustion et qui sont amenées à s’épuiser (charbon, pétrole, gaz naturel) vers un système énergétique basé sur des énergies renouvelables et « zéro-carbone » - qui ne produisent que peu de gaz à effet de serre (hydroélectricité, solaire, vent, énergie marémotrice, géothermie, biomasse).
-L’amélioration de l’efficacité énergétique, c’est-à-dire générer plus de PIB par unité d’énergie utilisée.

 

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