Connexion
/ Inscription
Mon espace

Relancer le processus de réformes Européennes dès le 1er trimestre 2018 ?

ER - Analyses de marchés
ABONNÉS

 

Par Nadège Dufossé, Responsable de l'allocation d'actifs chez Candriam

D'ici la fin du 1er trimestre, les Italiens se seront rendus aux urnes au moment des élections générales, et un nouveau gouvernement pourrait être en place en Allemagne. Une  grande coalition («GroKo ») en Allemagne devrait être une bonne nouvelle pour la zone euro et tous ses pays membres, mais plusieurs obstacles subsistent toutefois.

Une telle issue mettrait fin à la phase d'incertitude politique qui a paralysé l'agenda des réformes européennes depuis plusieurs trimestres déjà et pourrait ouvrir de nouvelles perspectives. Dans un contexte de croissance économique plus soutenue et  avec l’aide d’une banque centrale encore accommodante, il existe actuellement une fenêtre d'opportunité pour renforcer la zone euro.


Le Conseil Européen des 22 et 23 mars pourrait bien marquer en ce sens le point de départ d'une politique plus ambitieuse

L'Allemagne, qui est la plus grande économie de l'Union et le premier contributeur au budget de l'UE, détient la clé pour débloquer le processus de réformes, qui est aujourd’hui au point mort. Le projet d'accord de coalition entre les plus grands partis allemands indique que l'Allemagne ne serait plus un obstacle à une plus grande intégration économique et fiscale. Etonnamment, ce projet accorde une importance primordiale aux questions européennes, ce qui est assez étonnant. Ce document appelle à prendre des mesures en faveur d’un renforcement de la zone euro (y compris une proposition destinée à transformer le mécanisme européen de stabilité, ou ESM, pour gérer toute nouvelle crise, en un Fonds Monétaire Européen conforme au droit européen), tout en améliorant la coordination économique et la gestion du budget. Un financement supplémentaire de la part de l’Allemagne est même envisagé pour améliorer les capacités de l'UE. Pour résumer, l'Allemagne se montrerait enfin favorable au processus de réforme de la zone euro. Le SPD est moteur dans la rédaction d’un accord de coalition qui serait plus favorable pour la zone Euro.

En Italie, les élections pourraient certes représenter une source de volatilité à court-terme pour les marchés. Mais la robustesse cyclique de l’économie italienne contrebalance actuellement ses faiblesses structurelles. En effet, la reprise italienne semble auto-entretenue  comme le montre la forte amélioration des indicateurs économiques avancés - le PMI composite s’établit notamment à 56,5 - et le sentiment des consommateurs, qui frôle des records. A moyen-terme, la baisse du taux d'intérêt moyen payé sur la dette et l’amélioration du taux de croissance nominal rend le poids de la dette italienne plus soutenable. Le FMI prévoit notamment que le ratio de la dette italienne atteindra 120% en 2022, contre 133% en 2017. L'incertitude électorale ne devrait pas faire dérailler la reprise en cours. Grâce à une nouvelle loi électorale, un gouvernement composé de partis populistes est peu probable. Un parlement sans majorité - l'issue la plus probable - ne représenterait pas en soi une menace pour la zone euro, car une grande coalition pourrait ensuite, en Italie également, gérer la situation.

www.candriam.com

Lire la suite...


Articles en relation

ER - Analyses de marchés
ABONNES
De la bonne valorisation des entreprises non cotées, par Edulis

« En l'absence de marché organisé et de liquidité suffisante, s'interroge Philippe Lagarde, directeur général d'Edulis (spécialiste de l'accompagnement des PME de croissance et du conseil aux investisseurs), comment valoriser correctement une entreprise non cotée ? » Et de fournir des pistes.   Trois approches Valoriser une PME non cotée implique le suivi de critères objectifs afin de parvenir à un « légitime » équilibre et de fédérer les parties autour d'un projet ou d'une transaction....

ER - Analyses de marchés
ABONNES
[Abonnés] Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les gérants misent… prudemment sur un retour à meilleure fortune   Plus le temps passait, plus les cours de Bourse baissaient. Les petites valeurs françaises, notamment, ont capitulé. C'est un vers de La Fontaine qui revenait à l'esprit : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. » La remontée des taux directeurs américains a sonné le glas de ce qui restait de l'optimisme chez les investisseurs à l'issue d'un exercice – annus horribilis ! – déjà marqué par nombre d'inquiétudes...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Annonces présidentielles : quelles conséquences fiscales et budgétaires ?

Suite à l'intervention télévisée du Président de la République le 10 décembre dernier en réponse aux protestations du mouvement des gilets jaunes, Eric Pichet, Professeur et Directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier (IMPI) à KEDGE, analyse les conséquences fiscales et budgétaires de ces annonces. « Les mesures de soutien au pouvoir d'achat des actifs dès le 1er janvier 2019 s'inscrivent dans la droite ligne du projet présidentiel pour faire en sorte que le travail paie sans...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les marchés face à une liquidité réduite et à une volatilité augmentée La direction des marchés ne correspond pas toujours à celle qu'attendent les investisseurs. Avec l'accalmie sur le front de la guerre commerciale sino-américaine, un mieux semblait se dessiner, mais l'arrestation de la directrice financière de Huawei a jeté le trouble. Le groupe chinois serait soupçonné d'avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran… Des actifs pestiférés « Deux préoccupations majeures se sont...