Connexion
/ Inscription
Mon espace

" Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés "

ER - Analyses de marchés
ABONNÉS

Par Gérard Moulin, gérant pôle actions européennes chez Amplegest

Incontestablement, les publications d’entreprises ces derniers trimestres invitent à faire évoluer l’analyse que peut faire le marché des « statuts boursiers ». Quid par exemple d’une valeur de croissance dont la croissance ne duplique pas la progression de son « territoire de chasse » ?

C’est une question capitale. Comment se fait-il en effet que de grands groupes internationaux ne parviennent pas, pour la première fois, à croître aussi vite que le PIB mondial par exemple ? Si l’on observe des groupes tels que Luxottica, Publicis, Essilor, Danone ou encore Schneider, aucun ne parvient à égaler et à fortiori, à faire mieux que la croissance mondiale. On comprend mieux alors, à l’aune de cette lecture, pourquoi chacun de ces groupes s’est lancé dans une ou plusieurs opération(s) de croissance externe. Dans les cas d’Essilor, Luxottica, Danone mais aussi Publicis, on peut en effet parler d’acquisitions « transformantes » car le périmètre de ces groupes en a été profondément modifié, de sorte que les investisseurs ont pu penser se retrouver face à des groupes dont la croissance accélérait. Mais dans les faits, hors « effet périmètre », le problème de croissance n’était pas résolu.

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 


Pour nous, les « bonnes jumelles » sont à trouver du côté de l’intensité concurrentielle. En effet, valeur par valeur, branche par branche, pour des raisons sociologiques ou réglementaires, l’intensité concurrentielle explique pourquoi un groupe qui maîtrisait son destin, il y a quelques années encore, est condamné désormais à subir son avenir. Les causes exogènes ne manquent pas : décision de l’OMC de faire rentrer dans le jeu concurrentiel des pays à bas coût de main d’œuvre, écrasante destruction créatrice d’internet, ou encore comportement infidèle des consommateurs. Ces phénomènes durables bouleversent les acquis sectoriels. Les conséquences en sont aujourd’hui bien visibles.


AIRBUS  va faire face à la montée inexorable de nouveaux concurrents 

Prenons l’exemple d’un groupe qui n’est pas encore touché et qui a fait les preuves de sa capacité à anticiper l’avenir : Airbus. Son carnet de commande lui permet de publier encore des chiffres dignes d’une valeur de croissance. Et pourtant, les observateurs les plus avertis prennent peu à peu conscience que tout pourrait changer d’ici 10 ans. Les spécialistes du secteur voyaient arriver un concurrent chinois sur le court-courrier d’ici 2022/2023, il est déjà là, en 2017 !

Autre exemple, cette fois-ci dans le long courrier : le 3 octobre a été signé un accord important de production d’un avion long-courrier entre russes et chinois. Le « C929 » sera un avion capable de transporter un grand nombre de passagers sur longue distance dès… 2023, en fait demain à l’échelle du monde aéronautique.
Airbus a réagi en rachetant, clé en main, le programme du groupe canadien Bombardier, spécialiste des avions « 100-150 places » afin de verrouiller le marché des court-moyen-courriers. Le constructeur européen devra  par ailleurs régler la question épineuse de l A380 sur le segment des gros porteurs.

Ainsi, Airbus pourra peut-être éviter la mésaventure qui touche aujourd’hui des groupes comme Luxottica, Essilor ou d’autres qui ne parviennent pas à gérer la montée inexorable de nouveaux concurrents et les pressions déflationnistes liées aux clients qui en veulent toujours plus pour moins cher.

Le défi à relever au cours des 10 prochaines années est néanmoins gigantesque. Le taux de croissance d’un groupe dépend de plusieurs composantes : le volume, le mix, le prix des produits ou services vendus. Pour toutes ces raisons, il reste un très bon indicateur de base pour juger de la pertinence de la stratégie d’une entreprise.

Dans ce contexte, le fonds Pricing Power se concentre sur les dossiers qui, entre autres caractéristiques, connaissent une croissance supérieure à la croissance mondiale. C’est en effet le signe d’un destin mieux maitrisé que la moyenne.

www.amplegest.com/

 

 

 

Lire la suite...


Articles en relation

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les gérants s'attendent à un bon millésime boursier 2019 Comme soulagés par le rebond des marchés de début d'année, les gestionnaires d'actifs financiers redoublent d'ardeur dans la diffusion de commentaires de marché et de prises de position. D'où il ressort que la politique et les banques centrales mènent le bal. L'ambiance est plutôt à l'optimisme. Reflation financière La Réserve fédérale américaine a donné un nouveau coup de pouce à l'humeur du marché en annonçant son intention de freiner...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Nouveau rapport des PRI sur l'investissement responsable dans la dette privée

Les Principes pour l'investissement responsable (PRI) publient « Spotlight on Responsible Investment in Private Debt », un nouveau rapport dont l'objectif est de fournir des grandes lignes directrices et des études de cas sur les meilleures pratiques en termes de mise en œuvre de l'investissement responsable dans le domaine de la dette privée.  Récemment considérée comme une classe d'actifs à part entière, la dette privée recouvre un large éventail de stratégies d'investissement. Parmi les 50...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Que réserve 2019 en matière d'investissement responsable ?

L'intérêt des investisseurs pour l'informatique en nuage, l'apprentissage automatique et le potentiel encore relativement peu exploité de la science des données s'accroît rapidement. Dans un secteur sujet à de profonds changements, la science des données est, grâce aux possibilités qu'elle offre et aux efficiences qu'elle génère, à même de jouer un rôle important. Un commentaire d'Iain Richards, Head of Governance & Responsible Investment chez Columbia Threadneedle Investments Tandis que...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les problèmes qui ont fait chuter les marchés financiers en 2018 n'ont pas disparu d'un coup de baguette magique ! La récession n'est pas au coin de la rue et les indices ont plus baissé que les révisions de résultats des entreprises. Mais l'appétit pour le risque a du mal à se frayer un chemin dans un environnement manquant de visibilité. Luca Paolini, économiste en chef chez Pictet Asset Management, rappelle qu'il est généralement judicieux de se prémunir contre le risque d'événements...