Connexion
/ Inscription
Mon espace

Dette émergente : des opportunités sur le compartiment Investment Grade

ER - Analyses de marchés
ABONNÉS

Par Rishabh Tiwari, gérant du fonds Swiss Life Funds (LUX) - Bond Emerging Markets Corporates

Les obligations émergentes ont retrouvé les faveurs des investisseurs. A condition de se montrer sélectif et de privilégier les durations courtes pour se protéger contre le risque de taux.

Les marchés émergents sont redevenus une classe d’actifs attrayante. Ainsi, l’indice JP Morgan Emerging Market Bond Index (EMBI) progresse de 7,25% depuis un an. Deux raisons principales à cette performance : d’abord, les marchés émergents profitent du retour global de la confiance dans les économies de ces pays et de la baisse de la prime de risque. Ensuite, les flux de capitaux internationaux sont de retour sur ces marchés.

Sur le plan économique, les pays émergents ont retrouvé le chemin de la croissance. La croissance du PIB est ressortie en hausse de 4,7% en 2016 et devrait atteindre 5% cette année. Des pays comme le Brésil et la Russie, qui avaient traversé une période très difficile, sont sortis de récession. La croissance a rebondi l’an dernier et ces deux pays ont retrouvé une trajectoire plus dynamique. Certes, le relèvement des taux par la Fed constitue un sujet d’inquiétude pour les pays émergents. Les grandes banques centrales devraient rester très prudentes dans leur politique de resserrement monétaire. Aujourd’hui, les économies émergentes sont mieux à même de supporter une hausse des taux d’intérêts américains qu’il y a quelques années. Elles sont moins fragiles et les déséquilibres macroéconomiques ont été réduits ces dernières années. 

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Quant aux flux d’investissement, un mouvement important vers les Treasuries US avait été constaté  à l’automne 2016, après l’élection de Donald Trump. Les investisseurs anticipaient alors un plan massif de relance budgétaire initié par la nouvelle administration au pouvoir à Washington. Mais la mise en place de ce plan prend plus de temps que prévu et apparaît incertaine. Par conséquent, les investisseurs en quête de rendement se tournent désormais davantage vers les pays émergents.

Notre préférence, au sein des marchés émergents, va aux obligations d’entreprises en devises fortes et investment grade. Les obligations en devises fortes sont plus attrayantes et moins vulnérables aux mouvements du dollar US. Les obligations investment grade en devises fortes sont par ailleurs pour la plupart émises par de plus grandes sociétés qui sont bien couvertes par les analystes, les médias et les agences de notation. De plus dans le contexte actuel, les obligations notées investment grade offrent de meilleures opportunités que les obligations High Yield qui paraissent plutôt chères. 

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Privilégier les obligations émergentes à duration courte

Dans ce contexte, nous privilégions les obligations des marchés émergents offrant une duration (sensibilité au taux d’intérêt) courte, entre un et trois ans. Ces titres continuent de générer un rendement attractif (3,2% en moyenne) par rapport aux obligations des pays développés. Elles ont également l’avantage d’offrir une exposition faible au risque de remontée des taux d’intérêt.

Certaines obligations émergentes présentent cependant des valorisations élevées. Il convient par conséquent de se montrer très rigoureux dans le processus de sélection des titres à intégrer en portefeuille. En termes de notations, le compartiment Investment Grade (émetteurs notés au minimum BBB-) est aujourd’hui particulièrement attrayant. Sur ce segment, les titres originaires d’Amérique Latine ou d’Europe de l’Est sont à privilégier, tandis qu’un positionnement neutre est préférable sur les obligations chinoises, en raison de leur faible potentiel d’appréciation, aux niveaux de valorisation actuels.

www.swisslife-am.com

      

Lire la suite...


Articles en relation

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Annonces présidentielles : quelles conséquences fiscales et budgétaires ?

Suite à l'intervention télévisée du Président de la République le 10 décembre dernier en réponse aux protestations du mouvement des gilets jaunes, Eric Pichet, Professeur et Directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier (IMPI) à KEDGE, analyse les conséquences fiscales et budgétaires de ces annonces. « Les mesures de soutien au pouvoir d'achat des actifs dès le 1er janvier 2019 s'inscrivent dans la droite ligne du projet présidentiel pour faire en sorte que le travail paie sans...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les marchés face à une liquidité réduite et à une volatilité augmentée La direction des marchés ne correspond pas toujours à celle qu'attendent les investisseurs. Avec l'accalmie sur le front de la guerre commerciale sino-américaine, un mieux semblait se dessiner, mais l'arrestation de la directrice financière de Huawei a jeté le trouble. Le groupe chinois serait soupçonné d'avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran… Des actifs pestiférés « Deux préoccupations majeures se sont...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Les conséquences du Brexit pour le secteur financier français et européen

Extrait du discours de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France et Président de l'ACPR. Mesdames et Messieurs, … Je salue l'accord qui a été trouvé la semaine dernière entre les négociateurs européens et britanniques et nous espérons tous que celui-ci franchira les prochaines étapes jusqu'à sa finalisation. Mais dans un contexte encore incertain, la prudence s'impose : même si nous ne la souhaitons pas, nous devons aussi nous préparer à faire face à une situation...

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
[Les entretiens d'Esteval] Bruno Colmant, Degroof Petercam

« Nous devons retrouver une économie solidaire et basée sur l'intérêt général » Débats télévisés, émissions de radio, couvertures de presse : le livre de dialogue entre Bruno Colmant, chef économiste de Degroot Petercam, et le prêtre Eric de Beukelaer, ancien proche collaborateur du cardinal Lustiger à Rome, fait un carton en Belgique (1). Il est vrai que leur conversation aborde des sujets qui nous concernent tous, au croisement de la morale et de l'économie. « Le capitalisme anglo-saxon...