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Les résultats électoraux en Europe devraient ouvrir de nouvelles perspectives

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Questions à Philippe Setbon, Directeur Général de Groupama AM


Après l’épisode du Brexit, quel pourrait être l’impact d’un nouvel élan politique pro-européen sur les marchés financiers ?

Les récents résultats électoraux, en France, mais également aux Pays-Bas et en Autriche, sont rassurants pour l’Union européenne. Le message politique est fort. Avec l’élection d’Emmanuel Macron, le couple franco-allemand est à nouveau le moteur de la cohésion européenne. Et les Britanniques ont désormais en face d’eux une Union européenne en position de force dans le cadre des négociations sur le Brexit.

Concernant les marchés, l’impact est directement visible puisqu’une réduction de la prime de risque sur les actifs européens et particulièrement les actifs français est à l’œuvre. Autrement dit, l’hypothèque politique est clairement levée. Mais si l’évolution du contexte politique européen offre une meilleure visibilité, cela ne suffit pas à la revalorisation des actifs qui dépend avant tout de tendances macroéconomiques et structurelles, liées par exemple à la démographie ou à la productivité. La baisse du stress politique fait évoluer les primes de risque mais ne constitue pas à elle seule un critère suffisamment important pour définir des choix d’investissement.


Peut-on attendre de meilleures perspectives macroéconomiques ?

Il se trouve que l’embellie politique est concomitante à une bonne dynamique de croissance au sein de la zone euro. Nous anticipons une meilleure conjoncture au cours des trois ou quatre prochains trimestres. En France, nous nous attendons à une baisse du chômage en 2017 et une reprise des investissements des entreprises.

Parallèlement, les initiatives en faveur de l’investissement devraient être renforcées à l’image du Plan Juncker, tandis qu’Emmanuel Macron a pour projet d’augmenter les dépenses en infrastructures à l’échelle européenne. Cependant, il ne faut pas oublier que le niveau de croissance restera modeste en Europe en raison de freins structurels : dette, vieillissement de la population, faible productivité, inégalités de revenus et de patrimoine. Il faut donc profiter du momentum conjoncturel actuellement porteur pour engager des réformes structurelles.


Pour les professionnels de la gestion d’actifs, quelles sont les conséquences en termes de stratégies d’investissement et d’arbitrages ?

Globalement nous nous attendons à un mouvement de réinvestissement de la part des opérateurs de marché. La détente du risque politique et l’amélioration macroéconomique offrent davantage de place aux investissements en actions et en obligations du secteur privé. La BCE va maintenir le rythme de sa politique monétaire, qui restera accommodante malgré une possible remontée des taux directeurs en 2018. Cet environnement devrait inciter à des arbitrages sur les marchés de taux, au profit du crédit et des actions. Pour autant, il est encore tôt pour se prononcer plus en détail sur les stratégies d’allocation d’actifs : les décisions seront prises de manière très progressive.


L’élection d’Emmanuel Macron revigore les perspectives de l’Union monétaire et économique. Quel est aujourd’hui votre sentiment sur le projet européen ? Sur la stabilité financière de la zone euro ?

Le couple franco-allemand devrait redevenir le fer de lance de l’avancée européenne. La position pro-européenne d’Emmanuel Macron va permettre une meilleure cohésion dans les politiques européennes et garantira plus d’homogénéité dans les croissances économiques et dans leurs financements. Cela va renforcer la place de la zone euro dans le monde, mais aussi les échanges de biens et services au sein de la zone.


Les initiatives en faveur de l’Union des marchés de capitaux vont être relancées. Comment les asset managers et investisseurs pourraient-ils en bénéficier ?

Les initiatives en faveur de l’Union des marchés de capitaux sont positives : tout ce qui renforce le « passeporting », la portabilité, des produits et solutions d’investissement au sein de la zone est bénéfique pour les épargnants mais aussi pour l’industrie financière et la gestion d’actifs en particulier. Compte tenu du Brexit et de la compétition mondiale entre les places financières, toutes les initiatives pouvant renforcer les différentes places de la zone euro, notamment face à Londres, sont importantes.

Un regain de dynamisme économique de la zone euro constitue un environnement positif pour la gestion d’actifs. Celle-ci a de nombreuses solutions à apporter à l’épargne des ménages, au financement de l’économie et du social, dans un contexte de désintermédiation bancaire. Mais n’oublions pas qu’il est important pour chaque pays de maitriser sa finance pour maitriser le financement de son économie.

En France, l’épargne longue fait encore la part belle aux contrats d’assurance-vie. Quel regard portez-vous sur le regain d’intérêt récent suscité par les unités de compte ?

L’investissement en unités de compte est indiqué dans le cadre d’une épargne à long terme, pour les particuliers. C’est un très bon support, à condition évidemment de respecter quelques règles fondamentales : bien identifier son projet d’investissement et donc son horizon de placement, diversifier les classes d’actifs, réaliser des versements réguliers afin de se soustraire à la volatilité des marchés.

En tant que filiale de la compagnie d’assurance Groupama, l’un de nos objectifs est d’accompagner le groupe dans sa stratégie de développement des unités de compte. Nous travaillons avec Groupama Gan Vie pour élaborer une offre de service et de gestion, qui permette de qualifier efficacement les projets d’investissement et les différents supports adéquats.

Par ailleurs, quels que soient les dispositifs d’épargne longue, il est aujourd’hui essentiel qu’ils soient orientés vers le financement de l’économie, pour lui assurer des ressources stables.


Comment évolue l’activité de Groupama AM ?

Notre offre de gestion génère des performances de premier plan. Nous avons l’ambition de poursuivre notre croissance sur le marché de la distribution, tant en France qu’à l’international, où nous avons mis en oeuvre une stratégie commerciale active en Espagne, en Italie, en Europe du nord et en Amérique du sud. Nous récoltons aujourd’hui les fruits des efforts déployés depuis 24 mois, sur le segment de la distribution.

D’autre part, Groupama AM reste naturellement au service de sa maison-mère, à qui elle offre des solutions adaptées à ses enjeux assurantiels. Ce savoir-faire en matière de gestion ALM (Asset and liability management), éprouvé depuis de nombreuses années et qui constitue notre ADN, est aujourd’hui proposé à des acteurs institutionnels tiers. Le renforcement de nos parts de marchés sur ce segment passe inévitablement par la qualité du service, essentielle aux yeux des institutionnels : en matière d’ingénierie, de conseil et d’allocation en ce qui concerne les services « amont », d’accompagnement et de reporting, notamment réglementaire, en matière de services « aval ».

http://www.groupama-am.com/fr/

 

 

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