Connexion
/ Inscription
Mon espace

Les opérations de fusions & acquisitions, source de valorisation boursière

ER - Analyses de marchés
ABONNÉS

Le point de vue de Pierre-Alexis Dumont, Directeur de la Gestion Actions et Convertibles chez Groupama AM

Au ralenti pendant la crise, si les opérations de fusions & acquisitions ont déjà retrouvé leur dynamisme aux Etats-Unis, en Europe, un cycle de consolidation dans de nombreux secteurs, notamment régulés, devrait redémarrer dans les trimestres à venir.

Pour les sociétés acquéreuses, de telles opérations revêtent un attrait non négligeable. En effet,il est plus facile pour une société qui cherche à préserver sa valeur ajoutée et dont les perspectives de croissance intrinsèque sont limitées, de favoriser une opération d’acquisition plutôt que de restructurer profondément son propre modèle de développement avec tous les enjeux sociaux, humains, de gouvernance que cela implique. D’autant qu’actuellement, la faiblesse des taux d’intérêt offre aux entreprises des capacités d’investissement en vue d’acquisitions à coût relativement réduit.


Déceler les conditions d’un rapprochement réussi
 

Mais toutes les opérations de rapprochement ne sont évidemment pas gages de succès. Pour les investisseurs boursiers, il est nécessaire d’identifier en amont quelques signaux favorables au bon résultat d’une fusion ou acquisition. L’expérience prouve que la fusion de concurrents proches apporte de meilleurs résultats qu’une acquisition de diversification, lors de laquelle l’apprentissage de l’activité et l’assimilation du savoir-faire sectoriel, peuvent s’avérer longs et difficiles. A contrario, la consolidation relative au rapprochement de deux compagnies concurrentes, évoluant dans des segments proches, génère plus naturellement des synergies et des gains de productivité via la rationalisation des moyens et des coûts, ainsi qu’une moindre concurrence.

Autre facteur essentiel, la faculté des entreprises à partager une culture d’entreprise commune. Il est intéressant d’observer que les entreprises nippones, du fait de leur culture spécifique, quasi-unique au monde, rencontrent davantage de difficultés à réussir leurs opérations fusions & acquisition à l’international. Par ailleurs, il existe chez certaines compagnies une « culture des fusacq’ » qu’il est important d’évaluer. Des firmes comme Eurofins Scientific, Atos ou AB InBev ont pleinement intégré dans leurs business-models une approche active des rachats d’entreprises, si bien qu’elles entretiennent ces dernières années un rythme d’une à deux acquisitions par an.

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 


Un vaste mouvement de consolidation attendu en Europe

Alors que l’activité est repartie aux Etats-Unis depuis quelques années, l’Europe devrait bénéficier d’un mouvement de rattrapage pour renouer avec son rythme des années 2002/2007. Et c’est dans les secteurs régulés du Vieux Continent que les opérations devraient se multiplier, à l’image des télécoms, où le mouvement de consolidation est loin d’être achevé. Si les Etats-Unis comptent désormais quatre acteurs majeurs à l’échelle fédérale, l’Europe affiche vingt-huit marchés nationaux, pour vingt-huit autorités de régulation et cent-quarante opérateurs ! Actuellement, tous ces opérateurs doivent faire, à leur échelle, les mêmes investissements mais avec beaucoup moins de clients potentiels pour les rentabiliser.

Dans les télécoms comme dans les secteurs de plus en plus globalisés (énergie, industrie, consommation courante et discrétionnaire ou pharmaceutique), il devient nécessaire pour la multitude d’acteurs transnationaux européens de se regrouper, pour une meilleure compétitivité à l’international face aux géants chinois et américains. L’industrie des médias audiovisuels est aussi à suivre de près, le fort potentiel de rapprochements tient notamment aux coûts accrus des grilles des programmes et à l’émergence de géants au business-model disruptif, comme Netflix.

Si les investisseurs boursiers se focalisent traditionnellement sur les entreprises ciblées, une vision plus équilibrée doit s’imposer. En amont d’une opération de M&A, les acquéreurs autant que les cibles peuvent aujourd’hui pleinement bénéficier des attentes suscitées par le futur rapprochement et voir ainsi leur cours de bourse s’apprécier. Plusieurs dossiers intéressants animeront sans aucun doute le marché, à l’instar du rapprochement entre Ahold et Delhaize, de British American Tobacco, qui vient d’absorber Reynolds, de Sprint aux Etats-Unis, bien positionné pour acquérir la filiale T-Mobile US de Deutsche Telekom, ou de la probable vente de Puma par Kering, qui devrait susciter les convoitises.

Attention cependant, une sélection exigeante des valeurs, un « stock-picking », demeure incontournable. Il est important de prendre la pleine mesure des spécificités de chacune des histoires, d’analyser les chances de réussite de telles opérations, mais aussi d’évaluer à quel point leur potentiel est encore sous-estimé dans les cours de bourse.

http://www.groupama-am.com/fr/


Lire la suite...


Articles en relation

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les marchés face à une liquidité réduite et à une volatilité augmentée La direction des marchés ne correspond pas toujours à celle qu'attendent les investisseurs. Avec l'accalmie sur le front de la guerre commerciale sino-américaine, un mieux semblait se dessiner, mais l'arrestation de la directrice financière de Huawei a jeté le trouble. Le groupe chinois serait soupçonné d'avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran… Des actifs pestiférés « Deux préoccupations majeures se sont...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Les conséquences du Brexit pour le secteur financier français et européen

Extrait du discours de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France et Président de l'ACPR. Mesdames et Messieurs, … Je salue l'accord qui a été trouvé la semaine dernière entre les négociateurs européens et britanniques et nous espérons tous que celui-ci franchira les prochaines étapes jusqu'à sa finalisation. Mais dans un contexte encore incertain, la prudence s'impose : même si nous ne la souhaitons pas, nous devons aussi nous préparer à faire face à une situation...

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
[Les entretiens d'Esteval] Bruno Colmant, Degroof Petercam

« Nous devons retrouver une économie solidaire et basée sur l'intérêt général » Débats télévisés, émissions de radio, couvertures de presse : le livre de dialogue entre Bruno Colmant, chef économiste de Degroot Petercam, et le prêtre Eric de Beukelaer, ancien proche collaborateur du cardinal Lustiger à Rome, fait un carton en Belgique (1). Il est vrai que leur conversation aborde des sujets qui nous concernent tous, au croisement de la morale et de l'économie. « Le capitalisme anglo-saxon...

ER - Patrimoine et placements
ABONNES
[Abonnés] Notre sélection de fonds de boutiques

Notre liste de fonds de boutiques victime du krach larvé sur les petites et moyennes valeurs Depuis le 4 juillet, notre liste de fonds de boutiques a reculé de 14,8 %. C'est la première fois qu'un repli aussi important est enregistré entre deux mises à jour. Les carnets d'ordres à la vente sur les petites et moyennes valeurs ont été très étoffés. Il s'agit d'un krach larvé. Il faut désormais voir au-delà de la vallée. Heureusement, personne n'investit en actions à trois mois… Les meilleurs...