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Comment l'Italie pourrait redresser ses banques ?

ER - Acteurs du secteur financier
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Par Philippe Bodereau, Managing Director et analyste en chef des institutions financières chez PIMCO

Même si la nomination rapide du successeur de Matteo Renzi a rassuré les marchés financiers, tous les regards restent tournés vers le système bancaire italien en proie à d’importantes difficultés.

Le coût du redressement des banques italiennes est-il gérable ?

On pourrait facilement se laisser impressionner par le flot d'articles annonçant l'effondrement imminent du système bancaire italien (en particulier après la victoire du « non » lors du référendum sur la réforme de la Constitution), ou se perdre dans les modalités complexes de l'aide de l'Etat et du partage du fardeau de la dette.

Pourtant, selon nous, la situation est simple.

Les banques italiennes sont plombées par quantité de créances douteuses (les prêts improductifs dans le jargon bancaire), qu'elles ont évaluées à des prix plus élevés que ceux que les participants au marché sont prêts à payer. Pour débloquer la situation, les banques doivent revoir à la baisse la valeur de leurs créances et augmenter leurs fonds propres pour assainir leur bilan.

Nous évaluons à 30/40 Mds€ le montant des injections de fonds propres nécessaires à l'assainissement du bilan des banques italiennes. Un montant qui nous semble gérable.
- Tout d’abord, ce chiffre n'est pas très signifiant à l'échelle de l'économie italienne. Par rapport à la crise bancaire en Irlande, dont le coût était équivalent à 30% du PIB, et à celle de l’Espagne (près de 10% du PIB), la crise bancaire en Italie pourrait probablement être résolue moyennant un coût de l'ordre de 2% du PIB du pays.
- Deuxièmement, une part significative des fonds nécessaires pourrait être apportée par le secteur privé. Par exemple, UniCredit planche actuellement sur un vaste plan de recapitalisation, qui sera vraisemblablement financé par les actionnaires existants et de nouveaux investisseurs.
- Troisièmement, pour les autres banques qui ont un accès limité aux marchés financiers, les contribuables italiens devraient apporter leur soutien. Toutefois, nous pensons que la facture finale pourrait être allégée par la conversion d'obligations subordonnées en actions. Monte Dei Paschi pourrait ainsi lever plus de 4 Mds€ par ce biais.

En tenant compte du financement par le secteur privé et de la conversion d’obligations subordonnées, nous pensons que le gouvernement italien peut résoudre le problème des créances douteuses en signant au nom du contribuable un chèque d'environ 10 Mds€.

Evidemment, la situation pourrait aussi empirer. Le calendrier politique pourrait conduire à un report ou à une annulation des décisions relatives à la recapitalisation.

Par ailleurs, la crainte d’une conversion des obligations subordonnées est susceptible d'entraîner des retraits de dépôts aux guichets des établissements bancaires les plus vulnérables, ce qui les affaiblirait davantage. Il est également probable que d'autres cadavres (créances douteuses) sortiront du placard. Néanmoins, étant donné les sommes en jeu, un scénario qui verrait la situation dégénérer est difficilement envisageable.

http://www.pimco.fr/f

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 


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