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Brexit : répliques à venir ?

ER - Analyses de marchés
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Par Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés chez IG France

La phase initiale de stress sur les marchés financiers aura été relativement courte. L’indice de volatilité du SP500 (le VIX), qui a connu une violente accélération haussière le lendemain du référendum, est revenu à son niveau initial seulement 4 jours après… pour tomber encore plus bas les jours suivants.

La semaine dernière, la volatilité, synonyme de nervosité, est même revenue sur son plus bas niveau depuis le 5 août 2015, soit quelques jours seulement avant le violent épisode de baisse sur les marchés déclenché par les dévaluations rapides et successives du yuan par la banque centrale chinoise (PBOC).

Les niveaux de nervosité sur les marchés américains évoluent donc très près de leurs plus bas historiques…un mois seulement après l’issue du référendum britannique. Obligeant à se demander si les marchés ne font pas preuve d’optimisme démesuré.

Une des explications à cette anesthésie des tensions sur les marchés financiers vient, comme c’est maintenant le cas depuis plusieurs années, des banques centrales : quelques jours avant le 23 juin, elles ont répété qu’elles se tenaient prêtes à intervenir si des tensions se manifestaient sur les marchés financiers (notamment pour fournir des lignes de liquidité si nécessaire). Ce message de réactivité s’est poursuivi après le 23 juin, ces mêmes banques centrales répétant à l’envi qu’elles agiraient si l’évolution de la situation le nécessitait. Leurs messages de vigilance post-Brexit ont potentiellement été interprétés par les marchés financiers comme une quasi-garantie d’intervention et ont donc créé de fortes attentes.

Les banques centrales les plus surveillées en ce moment sont, bien entendu : la Banque d’Angleterre (BOE), la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (FED) mais également et surtout la Banque du Japon (BOJ). Le gouvernement japonais doit encore annoncer des mesures de relance économique et les marchés financiers sont convaincus qu’un nouveau volet monétaire faisant intervenir la Banque du Japon sera dévoilé en parallèle. A tel point qu’à chaque fois qu’une rumeur positive ou négative à ce sujet est parvenue au marché ces derniers jours, il a réagi instantanément, traduisant sa sensibilité. Comme ce matin du 21 juillet lorsque le gouverneur de la Banque du Japon (Kuroda) a écarté la possibilité de mettre en place l’ « helicopter money », le CAC40 a lâché plus de 30 points en quelques minutes seulement avant de se reprendre.

La Banque du Japon, qui doit communiquer sur sa politique monétaire le 29 juillet, devra délivrer un message à la hauteur des attentes pour ne pas décevoir. L’exercice sera d’autant plus délicat qu’elle interviendra juste après la FED qui doit également communiquer sur sa politique monétaire 2 jours avant. Le sentiment qui se dégage sur les marchés pour l’instant (via les probabilités de hausse de taux sur les Futures Fed Funds) est qu’elle ne devrait rien faire avant…mars 2017.

Mais plusieurs chiffres macroéconomiques tombés en juillet dépeignent le tableau d’une économie US résiliente aux chocs avec un bon rapport sur l’emploi et des chiffres de ventes au détail, production industrielle, mises en chantier et ventes de logements en hausse. Si le communiqué de la FED est moins accommodant qu’attendu par les marchés, la volatilité pourrait commencer à faire son retour. A l’inverse, si elle adopte un ton inquiet par rapport à la situation mondiale et aux risques liés au Brexit, elle pourrait communiquer cette inquiétude aux marchés et provoquer des corrections.

L’exercice va donc s’avérer délicat sachant que, jusqu’à présent, les deux banques centrales qui ont déjà communiqué en juillet (BOE et BCE) n’ont pas accru leur soutien monétaire malgré le Brexit.

Les derniers indicateurs britanniques semblent clairement indiquer que le Brexit ne sera pas un long fleuve tranquille : très forte baisse pour l’indice PMI Composite qui tombe à 47,7 en juillet (soit son plus bas niveau depuis avril 2009), effondrement de l’indice britannique d’optimisme dans les affaires au 2ème trimestre qui tombe lui aussi sur des niveaux pas vus depuis 2009 et enfin chute des préventes dans l’immobilier à Londres de plus de 30% au 2ème trimestre (v/ 2ème trimestre 2015)…

En ajoutant à cela les commentaires du Premier ministre écossais qui rappelle que l’indépendance reste une option sérieuse après le Brexit et sans oublier la situation fragile des banques italiennes, le mois d’août pourrait être sensiblement plus volatil que juillet sur les marchés.

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