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Une nouvelle ère pour la gestion active

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Point de vue de Geoffroy Goenen, responsable gestion fondamentale Actions Européennes de Candriam Investors Group

Les gestionnaires de fonds actifs sont naturellement très demandés lorsque leurs rendements dépassent largement ceux des indices de référence. Le problème, c’est que les gérants actifs tendent dans leur ensemble à ne surperformer que de façon sporadique, et souvent tous en même temps. En d’autres termes, la surperformance se produit le plus souvent lorsqu’il existe des tendances de marché évidentes qui s’expliquent par un ou plusieurs facteurs macro-économiques puissants, comme cela a été le cas ces deux dernières années. Les gérants actifs se saisissent alors de ces tendances dominantes et les exploitent au mieux, produisant des rendements exceptionnels aussi longtemps que ces tendances perdurent.

Mais qu’en est-il en l’absence de tendance manifeste ? Les fonds générant des performances positives se font beaucoup plus rares et les investisseurs cherchent naturellement à sortir des fonds actifs. En effet, ils n’investissent pas dans ces fonds pour obtenir des rendements dans certains environnements de marché et les perdre ensuite au cours du cycle suivant. Ils veulent des rendements positifs quel que soit le cycle économique et s’attendent à ce que les gérants de fonds aient les compétences et les stratégies nécessaires pour y parvenir.

La probabilité est qu’après une période de volatilité, les marchés reviennent en 2016/2017 à une situation de quasi absence de tendance. C’est dans ce type d’environnement que les gérants actifs ont la possibilité de faire la preuve de leurs compétences et de gagner la confiance de leurs clients.


Tendances solides, rendements solides

La direction de l’environnement macro-économique n’est pas toujours claire, mais les deux dernières années ont été une exception à cet égard. Le ralentissement de la croissance mondiale, la surcapacité chinoise et la politique d’assouplissement des banques centrales ont eu pour résultat des tendances de marché claires, que de nombreux gérants de fonds actifs ont pu exploiter.
La tendance de marché la plus évidente est la baisse spectaculaire du prix des matières premières, qui a entraîné une forte chute des valeurs minières et pétrolières. Les investisseurs ont suivi la tendance, vendant les minières, les marchés émergents et les fabricants de produits cycliques, tandis que ceux qui disposaient de capacités de vente à découvert pariaient contre les sociétés liées au pétrole ou aux matières premières.
En parallèle, leurs positions acheteuses ont été largement influencées par la réaction des banques centrales à une croissance économique inférieure à la tendance. Les taux d’intérêt ont baissé sur l’ensemble des marchés développés afin de stimuler la demande, ce qui a conduit les investisseurs à investir dans des titres offrant des rendements quasi obligataires afin de gonfler leurs revenus. Ces valeurs de type obligataire comprennent les sociétés de télécommunications et autres actions versant des dividendes supérieurs à la moyenne.


Un changement de fond ?

Lorsque le positionnement des marchés est extrême, l’histoire nous dit qu’il faut s’attendre à un revirement soudain et brutal. C’est ce qui semble se produire depuis le début de l’année, les vendeurs à découvert se trouvant « étranglés » par la forte remontée des prix du pétrole et des matières premières. Dans le secteur minier en particulier, les investisseurs qui avaient parié à la baisse se sont empressés de dénouer leurs positions alors que le sentiment changeait. Cette rotation sectorielle accélérée a été source de volatilité et a surpris de nombreux investisseurs, générant des pertes dans certains portefeuilles. Nous pensons qu’il s’agit d’une période naturelle de transition, qui effacera les positions extrêmes accumulées au cours des années précédentes. Il faudra probablement quelques mois pour que ce processus de débouclage des positions touche l’ensemble du système. Lorsque ce sera chose faite, les marchés devraient se stabiliser et adopter un nouveau modus vivendi caractérisé par des bandes de fluctuation, qui obligeront de nombreux gérants actifs à réévaluer leurs méthodes de création d’alpha.


Gagner de l’argent sur des marchés sans tendance

Cette absence de positionnement extrême constitue une situation plus normale pour les marchés. Sur les marchés dépourvus de tendance, les caractéristiques fondamentales des entreprises prennent le dessus : les mieux loties feront mieux que les prévisions du consensus et verront le cours de leur action monter, tandis que celles qui déçoivent les prévisions perdront du terrain. En d’autres termes, il y aura moins de corrélation entre les actions d’entreprises du même secteur, et les gagnants et perdants seront plus évidents.
Cet environnement exige une approche de conviction lors de la sélection des titres. Les stratégies de conviction ont la capacité de dénicher de véritables générateurs de valeur au lieu de simplement allouer des capitaux aux secteurs à la mode en espérant qu’ils le restent.
La question suivante consiste bien entendu à trouver des entreprises capables de générer de la valeur à long terme quel que soit le cycle économique. En termes historiques, les marchés européens des actions restent bon marché par rapport aux marchés obligataires, mais toutes les entreprises ne sont pas capables de surperformer dans un marché sans tendance.


Innovation : la clé de la performance à long terme

L’innovation représente à nos yeux la meilleure des stratégies d’entreprise pour créer un avantage concurrentiel durable qui alimente la croissance et la rentabilité futures. En termes d’investissement, les sociétés innovantes afficheront de meilleures performances que celles qui s’appuient uniquement sur la qualité et le service. Bien que ces deux aspects restent des atouts incontournables pour les entreprises, ils ne sont plus un facteur de différenciation sur un marché mondial extrêmement concurrentiel.
Les sociétés affichant de fortes caractéristiques d’innovation se retrouvent dans la plupart des secteurs, bien qu’elles exercent plus souvent leur activité dans les secteurs de la consommation, de l’industrie, des technologies de l’information, de la santé ou des produits chimiques spécialisés. Il n’est pas forcément nécessaire d’investir sur les secteurs les plus à la mode pour être exposé à des sociétés innovantes : par le passé, les investisseurs ont surpondéré les entreprises technologiques (fin des années 90) ainsi que les sociétés du secteur de l’énergie (les années 2000), et ont vu les cours monter en flèche pour s’effondrer ensuite.
Il n’est pas non plus nécessaire de surpondérer les marchés émergents pour favoriser la croissance du portefeuille. De nombreuses sociétés dotées d’un solide profil d’innovation et de croissance opèrent sur les marchés des économies développées, créant de nouveaux besoins et répondant à ceux qui se développent. Dans les produits de consommation, les boissons et les produits alimentaires plus sains constituent un exemple de tendance en plein développement alimentée par l’innovation. D’autres marchés de niche sont également en train de s’ouvrir, avec la prolifération des innovations numériques et le transfert d’une partie de l’activité de segments de marché établis de longue date, comme par exemple les produits de luxe, vers des plateformes en ligne.


La résilience de l’innovation

Au vu de la débâcle des secteurs de la technologie en 2000/2002 et de la crise financière de 2008/2009, les investisseurs sont demandeurs de portefeuilles pérennes. Avec les inquiétudes qui entourent le taux de croissance de la Chine et l’atonie persistante de la croissance en Europe, beaucoup d’investisseurs craignent un nouveau krach boursier susceptible d’avoir un impact substantiel sur leurs objectifs financiers.
Les fonds à gestion active qui suivent les secteurs les plus recherchés ont tendance à afficher de mauvais résultats en cas de crise sévère. Les portefeuilles de sociétés innovantes tendant au contraire à mieux résister.
Prenons la chute de 15% des marchés en janvier 2016 : ce mouvement était inattendu, provoqué par un sentiment soudainement négatif, avec pour résultat une forte corrélation à la baisse entre quasiment toutes les valeurs – y compris les meilleures d’entre elles.
Mais lorsque le sentiment s’est retourné, le cours des valeurs de meilleure qualité (généralement les plus innovantes) est revenu presque immédiatement à son niveau antérieur, comme cela avait également été le cas pendant et après la crise financière. Entre 2007 et 2009, les marchés boursiers ont perdu 65% de leur valeur tandis que Reckitt-Benckiser, une société respectée et innovante, active dans les biens de consommation, ne perdait que 10% environ à son point le plus bas. À l’été 2009, le cours de l’action était revenu à son niveau d’avant la crise, et il a plus que doublé depuis lors.


Conclusion : Une stratégie d’investissement véritablement active doit avoir la capacité et la volonté de produire des rendements positifs quel que soit l’environnement de marché, ce qui est exactement l’objectif de notre portefeuille à forte conviction.
Une approche de convictions combinée à un focus sur les sociétés innovantes, offre à nos yeux un potentiel supérieur de création d’alpha à long terme. Cela signifie que le portefeuille est capable de générer une solide surperformance et une bonne pérennité tout au long du cycle économique.
Bien que cette stratégie puisse par moment brièvement sous-performer par rapport à l’indice de référence - lorsque le sentiment des investisseurs favorise les secteurs « à la mode » - elle devrait néanmoins produire un alpha significatif à moyen et long terme.

Plus d’informations sur : www.candriam.com


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