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2013 : La guerre des devises aura bien lieu

Par Fabrice Cousté, Directeur Général de CMC Markets France.

Un nouveau cycle s’ouvre t-il au Japon ? Le retour aux affaires du Parti Démocrate Libéral et l’élection de Shinzo Abe au poste de premier ministre marque un renouveau, salué par les marchés boursiers. L’indice Nikkei 225 vient de renouer avec ses niveaux antérieurs à la catastrophe de Fukushima, il y a près de deux ans. Cet enthousiasme sur les marchés est encouragé par le volontarisme convaincu du nouveau chef du gouvernement. Ce dernier  compte lancer un vaste plan de relance budgétaire, via de nouvelles émissions obligataires souveraines. Autre mesure au programme, dispenser les ménages d’une hausse de la taxe sur la consommation, initialement prévue d’ici 2015, si les conditions économiques ne s’améliorent pas.

Inspiré par les mesures non conventionnelles adoptées par la Fed ou la BCE,  Shinzo Abe a prié la banque centrale japonaise d’assouplir davantage sa politique monétaire pour sortir le pays d’un environnement lourdement déflationniste, qui pèse sur l’économie depuis des années.

Une recommandation fidèlement appliquée. La BoJ (Bank of Japan) a annoncé dans la foulée qu’elle ferait marcher à plein régime sa planche à billet, comme plusieurs de ses homologues à travers le monde : le montant de son programme de rachats d’actifs obligataires a été rehaussé, tandis que ses taux directeurs seront maintenus à 0,1% maximum. Des conditions de financement favorables pour les débiteurs, de nature à stimuler un peu les demandes de crédits, mais surtout à affaiblir considérablement le cours du yen pour rendre l’économie japonaise plus compétitive à l’export.

Pour résorber la déflation, qui se caractérise notamment par un déficit de la demande par rapport à l’offre de biens de consommation, et in fine par le reflux des prix, des salaires et de l’activité,  l’institution va augmenter de 10 000 milliards de yens ses achats d’obligations japonaises. Son programme global de rachats d’actifs sera ainsi porté à plus de 100 000 milliards de yens, soit près de 900 milliards de d’euros (programme intégrant également des obligations corporate ou des titres hypothécaires immobiliers). Par ailleurs, la banque centrale devrait réviser à la hausse son objectif d’inflation, actuellement à 1%.

Cette annonce a d’ores et déjà eu un impact fort sur la devise. Le cours du yen s’est affaissé à un point bas de deux ans face au dollar (parité USD/JPY à  85,95). Face à l’euro, la devise nippone s’est dépréciée de 7,1% depuis un mois. Outre la stimulation de la croissance, l’affaiblissement programmé du yen par une politique inflationniste présente une vertu appréciable, celle de dégonfler mécaniquement le poids de la dette nippone, aujourd’hui colossale, estimée à environ 12 000 milliards de dollars (soit un peu plus de 211% du PIB). Shinzo Abe et la BoJ viennent de frapper un grand coup. La guerre des changes n’a jamais été aussi vive.




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