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Où Natixis AM trouve la croissance en 2016

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La société de gestion attend une accélération en zone euro grâce à une BCE toujours aussi accommodante, même si la croissance mondiale devrait encore être modérée cette année. À l’inverse, 2016 sera rythmée par les nouvelles en provenance de la Fed, engagée dans un processus de resserrement monétaire.

Les perspectives et stratégies d’investissement 2016 des experts de Natixis AM : Philippe Waechter, directeur recherche économique ; Ibrahima Kobar, codirecteur des gestions en charge des taux ; Yves Maillot, directeur actions européennes ; Franck Nicolas, directeur investissement et solutions clients.

Une inflation toujours faible et une croissance mondiale modeste
En 2016, l’inflation restera faible dans les pays développés, en particulier dans la zone euro. Malgré l’action de la BCE, l’inflexion haussière n’est pas attendue avant 2018, voire 2020. « Cela s’explique en partie par l’évolution du cours du pétrole, qui continue de contribuer négativement à l’inflation. Mais les Banques centrales peinent également à insuffler, seules, la dynamique interne qui permettrait une hausse des salaires », explique Philippe Waechter.
Cette inflation trop basse est un frein au moteur de croissance que constitue la consommation, à un moment où les ménages sont plus endettés qu'en 2007. En outre, le commerce mondial qui progresse faiblement ne crée pas une impulsion pour caler la croissance sur une trajectoire plus élevée. La croissance économique en zone euro est attendue à 1,5% en 2015 après une période de croissance zéro sur les quatre années précédentes. Elle devrait s'accélérer en 2016 en raison d'une meilleure synchronisation du cycle économique entre les pays de la zone favorisant ainsi l'investissement des entreprises.

BCE - Fed : le découplage inédit des Banques centrales
Le premier mouvement de hausse du taux directeur de la Fed à 0,25% a eu lieu en décembre. Cela ouvre la voie à une situation inédite, avec un découplage entre les principales Banques centrales de part et d’autre de l’Atlantique. « Alors que la Fed s’engage dans un resserrement monétaire, qui devrait certes être très progressif et modeste, la BCE va conserver en 2016 une posture très accommodante, avec une prolongation de son QE pour gommer toute incertitude chez les acteurs économiques », estime Philippe Waechter. Cette différenciation des politiques monétaires devrait conforter la faiblesse de l’Euro face au Dollar. « La politique volontariste de la BCE, combinée au pétrole bas, va faire de la zone euro l’endroit où la synchronisation du cycle économique sera la meilleure en 2016 : c’est la zone où on peut s’attendre à une accélération », ajoute Philippe Waechter.

Les taux longs resteront dépendant des décisions de la Fed
En 2015, la perspective de remontée des taux directeurs américains n’a pas eu d’impact sur les taux longs, volatils mais globalement stables sur l’année, grâce notamment aux achats d’investisseurs non domestiques. « Cet impact pourrait se faire sentir en 2016, mais tout dépendra de l’attitude de la Fed », résume Ibrahima Kobar. Il s’agira notamment d’évaluer dans quelle mesure la Banque centrale américaine souhaite diminuer son bilan, ce qui aura un impact plus ou moins fort sur la courbe des taux.

Forte sélectivité et acceptation d’une certaine prise de risque sur les taux
Avec la faiblesse généralisée des taux sans risque, une partie de la courbe générant même des taux négatifs en Europe, la recherche de rendement nécessitera une forte sélectivité. C’est en particulier vrai sur l’obligataire souverain. « Il faut savoir prendre des paris tactiques et une analyse très fine, pays par pays, s’avère nécessaire » déclare Ibrahima Kobar. « Par exemple, il faut prendre en compte la forte corrélation entre dette allemande et dette américaine. Dans les pays périphériques, les dettes italiennes et espagnoles devraient profiter du programme de la BCE mais la première a l’avantage d’une meilleure liquidité. » Autre moyen de trouver de la valeur au sein de l’univers obligataire : savoir reprendre du risque de manière sélective sur le crédit. « Les “ABS1” ont un intérêt majeur: permettre de s’exposer à des taux variables ». Et pour les investisseurs les plus audacieux, les obligations “high yield”, les dettes subordonnées financières de type “ CoCo2” ou encore les “leverage loans3” offrent un potentiel de performance intéressant », explique Ibrahima Kobar.

Actions européennes : une nouvelle année bénéfique pour les “stock pickers”
L’année 2016 pourrait comme 2015 être favorable aux “ stock pickers ”. « Nous privilégions des thématiques bénéficiant du contexte de taux bas, comme les sociétés aux bilans solides capables de retourner de l’argent aux actionnaires, les valeurs susceptibles de participer au mouvement de fusions-acquisitions, les valeurs défensives à forts cash-flows (télécoms, pharmacie, immobilier), les secteurs bénéficiant de l’effondrement des matières premières : par exemple, l’automobile en profite à la fois directement, en payant moins cher l’acier ou le plastique, et indirectement, car le crédit et le pétrole moins chers renforcent le pouvoir d’achat du consommateur », indique Yves Maillot. Enfin, les valeurs moyennes ont connu un beau parcours récent : le CAC Mid & Small surperforme ainsi nettement le CAC 40 sur un ou trois ans. Pourtant, leur potentiel est loin d’être épuisé. « Les statistiques américaines portant sur la période 1950-2014 montre un surplus de performance annuel de 2,9% en moyenne pour ce segment, par rapport aux grandes valeurs. Aujourd’hui, les valeurs moyennes ne bénéficient d’aucune prime, alors que leur rythme de croissance est supérieur », rappelle Yves Maillot.

Allocation d’actifs : actions européennes et taux longs américains privilégiés
La construction de portefeuille devrait rester sélective en 2016, les deux classes d’actifs majeures que sont les actions et les obligations étant à des prix relativement élevés. « Nos choix d’allocation sont plus relatifs que directionnels », explique Franck Nicolas, directeur investissement et solutions clients de Natixis AM. « Côté taux, nous privilégions les États-Unis et la partie longue de la courbe, moins sensible au resserrement à venir et plus rémunératrice que son équivalent en Europe. Pour les actions, notre préférence va aux actions européennes plutôt qu’aux américaines, avec des paris plus tactiques sur le Japon. Nous restons en retrait sur les marchés émergents, auxquels il manque encore un catalyseur, malgré une nette décote consécutive à plusieurs années de sous-performance », conclue Franck Nicolas.

http://www.nam.natixis.com/


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