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En 2016, il faudra encore gagner en réactivité !

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Laetitia Baldeschi, stratégiste et Malik Haddouk, directeur de la gestion diversifiée, tous deux chez CPR AM, livrent leur analyse.

A l’image de 2015, 2016 devrait être une année compliquée sur les marchés financiers. Les banques centrales vont continuer de distribuer les cartes, et alimenteront vraisemblablement la volatilité de ces derniers. Les éléments déterminants de 2016 seront nous semble-t-il l’évolution des cours des matières premières et la croissance chinoise.

Nous retenons pour 2016 un scénario macro–économique central plutôt modéré qui repose sur un maintien de la dynamique dans les pays développés.
Par zone, cela se traduirait par une stabilisation de la croissance du PIB aux Etats-Unis autour de son niveau observé actuellement, soit 2,5%, comme en 2015. Dans ce contexte la FED maintiendrait sa politique de normalisation de sa politique monétaire initiée en décembre 2015, par un relèvement graduel du taux des fed fund,  de 25 points de base par trimestre selon nous, avec un objectif à 1,25% pour la fin d’année.

Par ailleurs on observerait une lente amélioration de la situation au Japon dont la croissance devrait passer de 0,6 à 1% en 2016 et un renforcement de la dynamique en zone euro, avec un PIB qui augmenterait de 1,5 à 1,7% en 2016. Dans ces deux zones les banques centrales continueront d’augmenter la taille de leur bilan, dans le but de ramener l’inflation vers son objectif. Ces politiques expansionnistes pousseraient à la baisse l’euro et le yen contre le dollar, compte tenu du différentiel de politique monétaire.
La croissance dans les pays émergents devrait en moyenne se stabiliser un peu au-dessus de 4% en 2016, mais Elle dépendra d’une part des prix des matières premières, et d’autre part de la stabilisation de la croissance chinoise au-dessus de 6%.

Dans cet environnement, nous anticipons une croissance de 10% des marchés actions de la zone euro et des émergents, un peu moins au Japon à +7,5% et aux Etats-Unis à +5% et une hausse des taux en particulier aux Etats-Unis (2,8% pour le taux 10 ans). Il nous semble en effet que les marchés actions européens seraient soutenus par un phénomène de rattrapage vis-à-vis de ceux d’outre Atlantique, soutenus également par l’action de la BCE. Les entreprises européennes bénéficient également de la baisse de l’euro (vers la parité) qui améliore leur compétitivité. L’intérêt pour les marchés émergents devrait se matérialisé un peu plus tard dans l’année 2016, quand les effets sur ces derniers du relèvement de taux de la Réserve Fédérale seront intégrés.

Deux risques nous semblent toutefois devoir être pris en compte dans notre gestion et font l’objet de deux scénarios alternatifs plus sombres pour 2016, ayant comme point commun une forte remontée de la volatilité.
- Le premier repose sur la constatation par les investisseurs de l’échec des politiques monétaires à relancer durablement la croissance et l’inflation. Dans ce cadre, leur réaction provoquerait des prises de profit importantes sur les marchés actions, entre 10 et 15% de baisse selon les zones. Seuls les taux long de la zone euro joueraient leur rôle de valeur refuge et l’euro remonterait vers 1,10 contre dollar.
- Le second scénario de risque relève d’une crise des pays émergents, provoquée notamment par un ralentissement beaucoup plus marqué de la Chine. Dans ce scénario, les bourses se replient partout (entre -7,5 et -12,5%) mais le recul est considérable pour les marchés émergents à 25%. Dans ce cas de crise plus « classique », les taux souverains jouent leur rôle de valeur refuge, de même que le dollar.

On ne peut exclure une vision plus optimiste à l’horizon d’un an, un scénario qui se traduirait par un emballement des actifs financiers alors que la reprise se montrerait plus solide ; un scénario de « reflation généralisée ». Dans ce cadre-là, la Fed accélèrerait son resserrement monétaire et les taux longs se tendraient nettement à 3,5% pour le 10 ans américain. Bien évidemment, les actifs risqués progresseraient nettement, les actions de +12,5% aux Etats-Unis à +20% dans les émergents, et le dollar continueraient son appréciation au-delà de la parité.

En conclusion, il nous semble qu’à l’image de ce qu’il s’est produit en 2015, il faudra être particulièrement réactif en 2016, et savoir rechercher la performance par une allocation fine sur un ensemble relativement large de classes d’actifs.

Nous conservons globalement une préférence pour les actions versus les obligations, et pour les actifs en général de la zone euro versus ceux des Etats-Unis.

www.cpr-am.fr

 

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