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La prudence est de mise à l’égard des entreprises publiques chinoises

En dépit des avancées sur le front des réformes, les investisseurs doivent demeurer sélectifs à l’égard des entreprises publiques chinoises
Volet clé du programme de réformes du gouvernement chinois, la réforme des entreprises publiques vise à transformer l’économie chinoise et à la placer sur la voie d’une croissance plus pérenne. Au fil des années, le secteur public a vu sa taille substantiellement diminuer sous l’effet des réformes successives qui ont contribué à ouvrir un nombre croissant de secteurs à la concurrence des entreprises privées.

Pour autant, les entreprises d’État prédominent dans la plupart des secteurs, à l’exception de ceux des technologies de l’information et de la santé. Dans la mesure où elles sont moins concurrentielles et rentables que les entreprises privées, améliorer la façon dont elles opèrent aura un impact significatif sur l’ensemble de l’économie.
Toutefois, en dépit de l’avancée des réformes structurelles, les spécialistes de la Chine d’Invesco estiment que la prudence est de mise compte tenu de la diversité des parties prenantes impliquées. « La réforme des entreprises publiques a toutes les chances de se faire société par société plutôt que de prendre la forme d’une transformation de portée générale. C’est pourquoi nous préférons continuer d’axer nos efforts sur le secteur privé en recourant à une approche bottom-up de sélection de valeurs et en prêtant une attention toute particulière aux opportunités d’investissement dans des entreprises publiques lorsqu’il s’en présente », souligne Mike Shiao, Directeur des investissements chez Invesco Hong Kong

Mike Shiao observe que les entreprises publiques sont généralement plus endettées et moins rentables que leurs concurrentes privées. En juin 2015, le taux de rentabilité des capitaux propres des entreprises d’État n’était que de 10,4%, contre 21,8% pour les entreprises privées chinoises. La direction des entreprises publiques est normalement nommée par le gouvernement. Ce faisant, elle peut souvent ne pas posséder l’expérience nécessaire en matière de management ou une connaissance suffisante du secteur. De plus, elle est susceptible d’agir sur ordre du gouvernement en faisant fi de la rentabilité dès lors que celui-ci l’enjoint à embaucher, dépenser, emprunter, construire ou investir. « Si la réforme des entreprises publiques est susceptible de faire évoluer certaines de ces pratiques, cela prendra néanmoins du temps compte tenu des différents niveaux hiérarchiques au sein des directions et du gouvernement », déclare Mike Shiao.

En dépit de la diminution de leur nombre au cours des dernières années, les entreprises publiques sont encore estimées à plus de 150 000 en Chine, soit 17% de l’emploi urbain et 40% du produit intérieur brut de la Chine. En septembre 2015, les entreprises publiques cotées représentaient 35,6% des sociétés avec des actions de catégorie A et 57,9% de la capitalisation boursière totale. Elles prédominent au sein des secteurs de l’énergie, des services aux collectivités, de la finance et des services de télécommunications en comptant pour plus de 75% dans la capitalisation boursière de chacun d’entre eux. Selon les toutes dernières directives sur la réforme des entreprises publiques, le gouvernement chinois va leur accorder une plus grande flexibilité au niveau de leurs propres activités et systèmes d'intéressement des cadres dirigeants. Il pourrait également y avoir une impulsion en faveur de plus de restructurations, de fusions, de cotations en bourse et de diversification de l’actionnariat. Des relations plus étroites avec les investisseurs privés presseraient ainsi encore un peu plus les entreprises d’État à améliorer leur efficacité opérationnelle et leur rentabilité.

Elément encourageant, certains de ces changements se produisent déjà, indique Mike Shiao. « Depuis le début de l’année 2014, le gouvernement a mené des programmes pilotes dans les secteurs de la construction ferroviaire, du pétrole et du gaz et des cartes de crédit. Quatre-vingts projets publics ont été ouverts aux investissements privés. Il est possible que nous assistions à encore plus d’exemples de réforme d’entreprises publiques, à l’image de ceux ayant fait appel au principe de propriété mixte l’an passé. »

http://www.invesco.com/


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