Connexion
/ Inscription
Mon espace

2 facteurs exogènes macro-économiques et 2 facteurs endogènes inhérents aux marchés ont caractérisé le mois d'août.

ER - Analyses de marchés
ABONNÉS

Billet mensuel du Docteur Leber, fondateur d’Acatis, société de gestion indépendante allemande.


Facteur macro-économique 1 : le pétrole

Le cas du prix du brut relève d’un processus d’auto-accélération qui défie toute logique de gestion. Lorsque le prix chute de 5%, la quantité d’extraction est relevée de 5% pour maintenir les revenus à un niveau constant. Mais comme la demande n’est pas élastique et que les capacités de stockage sont limitées, le prix finit ensuite par baisser de plus de 5%. Ce qui entraîne une nouvelle augmentation des extractions. La surproduction correspond actuellement à environ 3% de la demande mondiale (environ 3 millions de barils par jour). Plusieurs centaines de millions de barils sont stockés dans des réservoirs, mais également des navires citernes, qui errent lentement sur les mers du monde entier. La capacité de stockage est donc limitée et presque épuisée. La théorie économique de la maximisation des profits ne fonctionne pas, car ce ne sont pas les bénéfices mais les liquidités qui sont ainsi maximisées. Le processus prendra fin lorsque :
a) la consommation de pétrole augmentera massivement,
b) des fournisseurs feront faillite et des unités d'extraction seront mises au rebut,
c) les États diminueront volontairement leur soutien.
Pour le moment, on est dans une logique contraire. Les fournisseurs deviennent de plus en plus efficients et de plus en plus d’États forcent à tout prix sur les extractions. Il est possible que la fébrilité qui règne au Proche Orient soit simplement due à une baisse de prospérité liée à la chute des prix du pétrole. Cette baisse du niveau de prospérité entraîne des ventes de titres d’emprunt américains qui, à leur tour, font baisser les cours.

Facteur macro-économique 2 : la Chine

La Chine s’affaiblit. Les consommateurs chinois représentaient jusqu'à présent une source de bénéfices pour les entreprises occidentales, qu'il s'agisse de voitures ou de sacs à main. La conjoncture chinoise a été tirée par les investissements en infrastructures chinois. En quelques années, la Chine a autant investi que l’Europe et les Etats-Unis en un siècle. Mais comme presque tous les ponts, routes, chemins de fer et aéroports sont désormais construits, ce moteur de croissance vient à manquer. De nombreux investissements ne sont pas rentables et ont néanmoins été financés par des emprunts à court terme. La pyramide vacille et l’État chinois fait désormais fructifier ses investissements étrangers en vendant du dollar pour soutenir sa conjoncture nationale.


Facteur inhérent au marché 1 : les ETF

La réglementation bancaire prévoit une augmentation des exigences en capital et limite les opérations pour compte propre des banques. Les gros investisseurs et les ETF dominent de plus en plus les marchés. Lorsque les ETF font l’objet de cessions sur fond de crise, la contrepartie acheteuse fait défaut et les variations de cours s'accélèrent. Lors de la crise du mois d’août, certains jours ont vu des ETF américains être négociés avec une décote de 30% par rapport à leur valeur intrinsèque. Le nombre des investisseurs actifs étant décroissant, les ETF vendeurs restent entre eux. La bénédiction des ETF se transforme en malédiction.

Facteur inhérent au marché 2 : les modèles de gestion des risques

L'utilisation du budget risque des portefeuilles de valeurs mobilières augmente avec la hausse de la volatilité et les corrélations. Cela se traduit par des ventes de titres qui, à leur tour, accélèrent la chute des cours, et qui finissent par peser sur le budget risque. Un mécanisme simple à comprendre que l’on pourrait également appeler la spirale de la mort. Des centaines de verrous de sécurités suspendent à court terme les transactions sur actions, ce qui renforce le sentiment d’insécurité.


Opinion

Nous pensons que la pression sur le prix du pétrole et la crise chinoise vont nous occuper encore longtemps. Nous avions perçu ces deux thèmes assez tôt et ils ne nous surprennent pas. La forte baisse des cours du fait de facteurs inhérents aux marchés est pour nous une chance. Nous avons renforcé nos investissements ces derniers jours pour profiter des cours attractifs. En effet, nous pensons que la phase de stress passera d'ici la fin de l'année et que les cours se normaliseront

http://www.acatis.de/fr/

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Lire la suite...


Articles en relation

ER - Analyses de marchés
ABONNES
[Abonnés] Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les gérants misent… prudemment sur un retour à meilleure fortune   Plus le temps passait, plus les cours de Bourse baissaient. Les petites valeurs françaises, notamment, ont capitulé. C'est un vers de La Fontaine qui revenait à l'esprit : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. » La remontée des taux directeurs américains a sonné le glas de ce qui restait de l'optimisme chez les investisseurs à l'issue d'un exercice – annus horribilis ! – déjà marqué par nombre d'inquiétudes...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Annonces présidentielles : quelles conséquences fiscales et budgétaires ?

Suite à l'intervention télévisée du Président de la République le 10 décembre dernier en réponse aux protestations du mouvement des gilets jaunes, Eric Pichet, Professeur et Directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier (IMPI) à KEDGE, analyse les conséquences fiscales et budgétaires de ces annonces. « Les mesures de soutien au pouvoir d'achat des actifs dès le 1er janvier 2019 s'inscrivent dans la droite ligne du projet présidentiel pour faire en sorte que le travail paie sans...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les marchés face à une liquidité réduite et à une volatilité augmentée La direction des marchés ne correspond pas toujours à celle qu'attendent les investisseurs. Avec l'accalmie sur le front de la guerre commerciale sino-américaine, un mieux semblait se dessiner, mais l'arrestation de la directrice financière de Huawei a jeté le trouble. Le groupe chinois serait soupçonné d'avoir enfreint les sanctions américaines contre l'Iran… Des actifs pestiférés « Deux préoccupations majeures se sont...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Les conséquences du Brexit pour le secteur financier français et européen

Extrait du discours de François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France et Président de l'ACPR. Mesdames et Messieurs, … Je salue l'accord qui a été trouvé la semaine dernière entre les négociateurs européens et britanniques et nous espérons tous que celui-ci franchira les prochaines étapes jusqu'à sa finalisation. Mais dans un contexte encore incertain, la prudence s'impose : même si nous ne la souhaitons pas, nous devons aussi nous préparer à faire face à une situation...