Connexion
/ Inscription
Mon espace

Le trading électronique monte en puissance

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNÉS

Le manque de liquidité sur les marchés obligataire encourage les investisseurs à faire évoluer leurs pratiques. Explication de François Pradel, directeur de l’offre Back-office Asset Management de Linedata*


De nouvelles plates-formes de négociation devraient voir le jour, encouragées par la prochaine mise en œuvre de la directive MIF2.

Les marchés obligataires connaissent depuis quelques années une situation plutôt paradoxale : les liquidités n'ont jamais été aussi abondantes, sous l'effet des injections massives opérées par les banques centrales (la base monétaire a quadruplé aux Etats-Unis), et pourtant ils souffrent de sévères problèmes d'illiquidité. En conséquence, de récents chocs de marché sont venus troubler le paysage. Aux Etats-Unis, les taux longs ont grimpé de plusieurs dizaines de points de base en quelques minutes en octobre dernier. Plus récemment, fin avril-début mai, le Bund a gagné près de 100 points de base en quelques jours. Paradoxe supplémentaire, les volumes d'émissions d'obligations corporate ont fortement progressé ces dernières années, sur fond de désintermédiation du crédit. Euronext relève qu'ils sont passés en Europe de moins de 500 Mds€ par an en moyenne, à plus de 650 Mds, tandis que les montants échangés quotidiennement sont à peine stables, à 86 Mds, contre 90 Mds précédemment.


Des teneurs de marchés moins présents

Professionnels et institutions internationales sont unanimes pour désigner la principale cause de ce trouble : la bien moindre présence des teneurs de marchés, des banques d'investissement, soumises à des contraintes réglementaires contraignantes et qui ont préféré se retirer du jeu. Trop risquées, trop coûteuses, les activités de « market making » ont été en grande partie délaissées par les brokers. La Banque des règlements internationaux (BRI) s'inquiétait même dans un rapport publié en mars dernier, d'une certaine « illusion de liquidité », les intervenants n'ayant pas encore, selon elle, pris la mesure de ce risque. Elle observait une baisse de la taille moyenne des transactions, ainsi qu'une concentration des volumes sur les instruments les plus liquides et l'abandon des moins liquides.

La désormais faible intervention des « market makers » n'expliquent pas tout. Entre le fort développement de la gestion indicielle et le besoin accru de détention d'actifs sans risque, par les banques, les compagnies d'assurance et les banques centrales, il est de plus en plus fréquent que beaucoup d'intervenants aient les mêmes intérêts au même moment. Des tendances susceptibles d'assécher la liquidité sur plusieurs segments du marché obligataire. Certains investisseurs font évoluer la gestion de leurs portefeuilles, optant par exemple pour une approche plus flexible, moins benchmarkée, afin de ne pas devoir céder des titres dans des périodes de stress de marché. Ils quantifient également plus strictement le niveau de liquidité des actifs qu'ils détiennent. En outre, un pilotage attentif par les gérants de fonds, du passif des OPCVM (les souscriptions et les rachats) est également crucial.


Un marché dominé jusqu'à maintenant par le gré à gré

Cette dégradation de la liquidité oblige en effet les gérants d'actifs et les investisseurs institutionnels à s'organiser, afin d'améliorer la qualité des échanges sur un marché dominé par le gré à gré. Voilà plusieurs années que sur la place de Paris des initiatives sont lancées, en particulier sous l'égide du Comité Cassiopée, afin de favoriser l'émergence de plateformes de négociation. Mais des intérêts divergents entre les différentes parties prenantes, entre le « buy side » (les investisseurs) et le « sell side » (les brokers), n'ont pas permis que ces initiatives soient couronnées de succès. Ils devraient en être autrement dans les prochains mois, dans la perspective de la mise en oeuvre de la directive MIF 2, en janvier 2017, qui exigera plus de transparence sur les marchés obligataires, mais aussi dans un contexte de montée en puissance du trading électronique. Car Euronext constate que ces toutes dernières années, les volumes traités par le trading électronique ont bondi de 75%, quand le trading à la voix reculait de 25%. Aussi une multitude de projets, lancés par des banques ou mais aussi par des gérants d'actifs, ont vu le jour ces derniers mois. Afin de répondre à cette nouvelle contrainte réglementaire et au besoin pressant des investisseurs, les plates-formes nouvellement créées devront leur offrir une meilleure transparence, améliorer la qualité de l'information sur les conditions d'exécution de leurs ordres.

Cependant, la question du manque de liquidité se doublera d'une autre interrogation, celle de savoir où se trouve la liquidité et comment y accéder ?

*Linedata est un éditeur de solutions globales dédiées aux professionnels de l’asset management, de l’assurance et du crédit.
www.linedata.com

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Lire la suite...


Articles en relation

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
Un tiers des fonctions finance a fait l’expérience de la robotisation

La suite Office dans les années 90, le déploiement d'ERP au début des années 2000, puis la réorganisation massive avec appel à l'externalisation, ou encore à la mise en place de Centres de Services Partagés, la fonction Finance a fait l'objet, en effet, de vagues successives de transformations  En France, l'année 2018 a confirmé un intérêt fort du marché de la RPA (Robotic Process Automation) qui continue de se structurer avec des acteurs qui réussissent des levées de fonds record. Mais où en...

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
Ecofi Investissements se convertit au tout ISR

Tous les supports qui composent la gamme de fonds ouverts d'Ecofi Investissement sont aujourd'hui gérés avec les critères de sélection ESG de l'investissement responsable et de l'investissement durable.   Trois niveaux d'intensité Pionnier de la gestion ISR en France, Ecofi Investissements, filiale du Groupe Crédit Coopératif (lequel est constitué du Crédit Coopératif, banque de référence de l'économie sociale et solidaire depuis plus de 120 ans, et de BTP Banque, établissement dédié depuis...

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
Amundi devient seul actionnaire de la fintech Anatec

Leader de la gestion d'actifs en Europe avec plus de 1 400 Mds€ d'actifs sous gestion, Amundi rachète la totalité du capital de la fintech Anatec, plateforme d'agrégation de conseil et d'épargne digitale développée sous la marque WeSave, dont elle détenait jusqu'à présent 49%. Cette transaction s'inscrit pleinement dans la stratégie digitale du Groupe Amundi. En élargissant sa gamme de solutions, elle renforce sa capacité à servir ses clients distributeurs avec une approche ouverte et agile,...

ER - Acteurs du secteur financier
ABONNES
Nominations Secteur Patrimoine & Finance

Michel Dinet, Directeur du Développement de Richelieu Gestion Agé de 53 ans, Michel Dinet rejoint l'équipe dirigée par Christophe Boulanger, Directeur Général de Richelieu Gestion, qui déclare « […] L'arrivée de Michel traduit la volonté affirmée de Richelieu Gestion de donner une place centrale aux acteurs de proximité de l'épargne dans son développement. Fort de sa connaissance très fine de leurs attentes, de sa volonté permanente de traduire leurs besoins en solutions, il sera un...