Connexion
/ Inscription
Mon espace

Bénéficier du meilleur des stratégies actives et passives

ER - Analyses de marchés
ABONNÉS

Le point de vue de John Hailer, President, CEO de Natixis Global AM, Amériques et Asie.

Tout le monde, de Warren Buffett à l'investisseur occasionnel, doit choisir ou peser le pour et le contre d'une stratégie passive par rapport à une gestion active. Mais il ne s'agit pas vraiment de choisir l'une ou l'autre. Le mieux est de réellement comprendre comment intégrer chacun de ces styles de gestion pour créer un portefeuille durable.

Les deux offrent des avantages
Les fonds passifs suivent généralement un indice ou un panier de titres et présentent des avantages financiers et fiscaux. Les gestionnaires actifs tentent de surperformer les indices du marché. Pour obtenir de tels rendements, les investisseurs acceptent de payer des commissions plus élevées aux gestionnaires actifs pour leur niveau d'expertise et de connaissance du marché. L'inconvénient majeur des fonds passifs est le manque de gestion des risques pour l'investisseur.

Lorsque vous « achetez le marché », ce que fait un indice, vous achetez ses rendements, bons et mauvais. Bien que plus coûteux, les fonds actifs sont dynamiques et offrent la possibilité d'obtenir des rendements supérieurs à ceux de l'indice de référence. La gestion active permet une réflexion sur les titres et les risques de marchés garantis ou pas. L'indice en revanche ne fait pas la différence entre bon et mauvais. Un point fort à ce stade réside dans le fait que les fonds actifs peuvent minimiser la probabilité d'avoir un portefeuille constitué des titres qui affichaient les meilleures performances hier. Les gestionnaires actifs aiment « acheter bas et vendre haut ». Lorsque vous achetez un indice vous pouvez parfois faire l'inverse. Le principal inconvénient d'une gestion active est qu'il n'est pas toujours possible de surperformer le marché.
Étant donné que les deux stratégies procurent des avantages, il s'agit de trouver le bon équilibre entre les deux pour créer un portefeuille durable, diversifié, axé sur la gestion des risques et capable de faireface aux fluctuations de marché à court terme.


Comment les investisseurs peuventils alors aborder cette question ? En tenant compte de cinq facteurs clés :

Premièrement, se souvenir de la « richesse de l'alpha ». Le potentiel de surperformance des gestionnaires actifs n'est pas illimité. En 2014, pour prendre un exemple récent, les gestionnaires actifs d'actions ont fortement sous‐performé le marché. Certaines conditions de marché sont favorables aux gestionnaires actifs et d'autres aux gestionnaires passifs. Par ailleurs, certaines classes d'actifs sont plus ou moins favorables selon le type de gestion. D'où l'intérêt d'utiliser les deux.

Deuxièmement, penser volatilité et dispersion. Une forte volatilité favorise les gestionnaires actifs par rapport aux passifs parce qu'ils peuvent gérer les risques. La dispersion sur un marché est également une bonne chose pour les gestionnaires actifs qui peuvent alors trouver de l'alpha entre les titres.

Troisièmement, trouver la part active appropriée. La part active mesure le pourcentage d'un portefeuille d'actions qui se différencie de son indice de référence. Les gestionnaires actifs ne peuvent surperformer leur indice de référence et justifier leurs commissions que si leurs positions diffèrent suffisamment de celles de l'indice. Une part active de 60% est appropriée, tandis qu’une part de 80% est mieux et représente une part active élevée. C'est ce que les fondateurs de l'indicateur de part active, Martijn Cremer et Antti Petajisto, tentent de démontrer. Ils ont observé qu'entre 1980 et 2003 (données actualisées en 2009), les fonds de placement en actions avec la part active la plus importante surperformaient leurs indices de référence, alors que ceux dont la part active était plus faible avaient tendance à sous‐performer. Une part active importante peut garantir que votre portefeuille n'est pas géré de manière passive alors que vous payez pour une gestion active.

Quatrièmement, penser long terme. Une gestion active prend plus de temps et demande de la patience. Il est également essentiel d'identifier les facteurs de surperformance dans le temps. Les périodes de sous‐performance par lesquelles passent les portefeuilles gérés de manière active appellent à la patience. Ces fluctuations sont le prix à payer pour espérer obtenir des rendements supérieurs sur le long terme.

Enfin, garder à l'esprit que la performance ne fait pas tout. Les placements ne doivent pas être effectués de manière isolée. Ce qui compte c'est que la stratégie choisie corresponde au portefeuille dans son ensemble. Parfois un simple fonds indiciel est le bon choix. Un investisseur peut également souhaiter un style ou un mandat spécifique qui ne peut être appliqué à un indice. D'autres investisseurs sont plus à l'aise avec l'approche ou la méthode d'un gestionnaire en particulier. Le choix de la « bonne stratégie » peut s'avérer plus important que le choix de la stratégie la plus performante dans la construction d'un portefeuille durable.

Dans une économie mondiale dynamique, les risques et les opportunités changent constamment sur les marchés. Il est par conséquent évident que les solutions « tout ou rien » (tout passif ou tout actif) ne sont pas adaptées.

Un portefeuille réellement durable doit intégrer les avantages des placements passifs et actifs.


_________________________________

Les définitions correspondantes

La part active mesure la proportion des positions d'un portefeuille (selon la pondération des titres) quidiffère par rapport à son indice de référence. Une part active élevée dénote une différence importanteentre l'indice de référence et le portefeuille.
L'alpha mesure la différence entre la performance effective d'un portefeuille et sa performance prévue, compte tenu de son niveau de risque de marché systématique. Un alpha positif dénote une surperformance et un alpha négatif une sous‐performance par rapport au niveau de risque systématique du portefeuille.
Le bêta mesure la volatilité d'un titre ou d'un portefeuille par rapport au marché dans son ensemble.
Un Bull market ou marché haussier est un marché sur lequel les prix des titres augmentent.
La Volatilité transversale est la dispersion, ou la variété des rendements, de beaucoup de titres sur une même période, lorsque ces titres évoluent ensemble ou divergent les uns des autres. Lorsque la volatilité transversale est élevée, la gestion active génère de plus grandes opportunités de création d’alpha.
ExchangeTraded Fundou ETF est un type de fonds de placement, répliquant un indice, un panier d’actifs, de matières premières ou une stratégie et négociable en Bourse.
La valeur intrinsèque est la valeur d’une société en fonction de la valeur actuelle nette des flux de trésorerie prévisionnels, tels que les futurs résultats ou dividendes.
La capitalisation boursière est la valeur, au prix du marché, de l'ensemble des titres représentatifs d'une société. Elle est égale au nombre de titres en circulation multiplié par le cours de l'action.
La volatilité désigne l'amplitude des variations du niveau d'un marché ou des prix de valeurs mobilières individuelles.
CFA et Chartered Financial Analyst sont des marques déposées du CFA Institute.

http://www.fr.ngam.natixis.com/

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Lire la suite...


Articles en relation

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Nouveau rapport des PRI sur l'investissement responsable dans la dette privée

Les Principes pour l'investissement responsable (PRI) publient « Spotlight on Responsible Investment in Private Debt », un nouveau rapport dont l'objectif est de fournir des grandes lignes directrices et des études de cas sur les meilleures pratiques en termes de mise en œuvre de l'investissement responsable dans le domaine de la dette privée.  Récemment considérée comme une classe d'actifs à part entière, la dette privée recouvre un large éventail de stratégies d'investissement. Parmi les 50...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Que réserve 2019 en matière d'investissement responsable ?

L'intérêt des investisseurs pour l'informatique en nuage, l'apprentissage automatique et le potentiel encore relativement peu exploité de la science des données s'accroît rapidement. Dans un secteur sujet à de profonds changements, la science des données est, grâce aux possibilités qu'elle offre et aux efficiences qu'elle génère, à même de jouer un rôle important. Un commentaire d'Iain Richards, Head of Governance & Responsible Investment chez Columbia Threadneedle Investments Tandis que...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
Le point de marché mensuel de Michel Lemosof

Les problèmes qui ont fait chuter les marchés financiers en 2018 n'ont pas disparu d'un coup de baguette magique ! La récession n'est pas au coin de la rue et les indices ont plus baissé que les révisions de résultats des entreprises. Mais l'appétit pour le risque a du mal à se frayer un chemin dans un environnement manquant de visibilité. Luca Paolini, économiste en chef chez Pictet Asset Management, rappelle qu'il est généralement judicieux de se prémunir contre le risque d'événements...

ER - Analyses de marchés
ABONNES
De la bonne valorisation des entreprises non cotées, par Edulis

« En l'absence de marché organisé et de liquidité suffisante, s'interroge Philippe Lagarde, directeur général d'Edulis (spécialiste de l'accompagnement des PME de croissance et du conseil aux investisseurs), comment valoriser correctement une entreprise non cotée ? » Et de fournir des pistes.   Trois approches Valoriser une PME non cotée implique le suivi de critères objectifs afin de parvenir à un « légitime » équilibre et de fédérer les parties autour d'un projet ou d'une transaction....