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Relèvement des taux directeurs : la Fed ne prendra aucun risque et va évoluer à petits pas

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Le cycle de reprise aux Etats-Unis traverse une phase de « maturation », caractérisée par des indicateurs économiques orientés positivement, mais moins vigoureux qu’au cours des dernières années. Dans ces conditions, la Reserve fédérale devrait rester pragmatique et piloter une hausse graduelle de ses taux directeurs à partir du mois de septembre. L’impact sur les taux obligataires américains devrait s’avérer modeste.
L’économie américaine semble reprendre son souffle à en croire les récents indicateurs conjoncturels, plus contrastés. La croissance du PIB américain est attendue à seulement +1% en rythme annualisé, alors que l’investissement des entreprises et l’indice d’activité PMI du secteur des services ont ralenti.

Pour Ronan Blanc, Gérant obligataire chez Quilvest Gestion, cette tendance est légitime après 6 années d’une reprise soutenue outre-Atlantique : « le cycle gagne en maturité et il est normal que la croissance soit un peu moins forte. Il faut aussi relativiser le ralentissement de l’activité, puisque des facteurs exogènes ont pénalisé l’économie américaine au premier trimestre, comme le renchérissement rapide du dollar, qui a impacté les entreprises exportatrices. La vague de froid ou les grèves dans les ports maritimes de la côte ouest ont également pesé sur l’activité industrielle ».

Moins rythmée, la croissance américaine devrait néanmoins rester bien orientée dans les mois à venir. « Les ménages sont en train de prendre le relai des entreprises dans le cycle économique. Leurs revenus disponibles augmentent par un ‘effet richesse’, lié à la valorisation de leur patrimoine immobilier et boursier, mais aussi par l’amélioration constatée des salaires. En conséquence, la consommation des ménages est au rendez-vous et va continuer de soutenir la croissance » analyse Ronan Blanc.

Le taux à 10 ans américain proche de 2,5% en fin d’année

Dans ces conditions, la Reserve fédérale ne va pas modifier sa ligne de conduite et la hausse de ses taux directeurs a de grandes chances d’être actée en septembre 2016. L’inflation, qui devrait se raffermir à mesure que les prix pétroliers se stabilisent, justifie le relèvement des taux. « La question n’est plus tellement de savoir quand la banque centrale va opérer ce resserrement, mais comment elle va le faire, à l’épreuve du temps » analyse le gérant. Car la stratégie monétaire de la Fed s’inscrit dans un environnement jamais éprouvé jusqu’ici : « Jamais un cycle d’expansion monétaire n’aura été aussi dense et n’aura duré aussi longtemps que celui de la Fed. Nous avons peu d’expérience quant aux effets d’une remontée des taux après un tel cycle, qui plus est dans un contexte où les autres grandes banques centrales ont une trajectoire contraire, d’assouplissement quantitatif ».

La banque centrale américaine va certainement mesurer la réaction de l’économie réelle et des marchés financiers après chacune des hausses de ses taux. « C’est pourquoi nous tablons sur un resserrement progressif et long. La Fed ne prendra aucun risque et va évoluer à petits pas, avec pourquoi pas, un relèvement de 25 points de base tous les trois mois. En ce sens, le scénario du resserrement brutal de 1994, qui avait fait plonger les marchés obligataires, ne se reproduira pas » estime le gérant.

L’équipe de Quilvest Gestion anticipe un niveau de 2,5% en fin d’année, pour le taux souverain américain à 10 ans, soit une hausse modérée de 60 points de base par rapport à son niveau actuel.

http://quilvestgestion.fr/

 

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