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ER - Analyses de marchés
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Il est sans doute trop tôt pour éteindre les lampions de la fête

Swiss Life Banque Privée analyse les temps forts qui ont rythmé les marchés financiers et expose les choix et convictions de l’équipe de Gestion.

De mémoire de boursiers, il faut remonter à l’année 2000, voire avant, pour retrouver une période aussi enthousiaste, pour ne pas dire euphorique. Nous connaissions des marchés de flux, depuis quelques trimestres, avec des dégagements des marchés de taux vers les actifs plus risqués et, depuis janvier, nous assistons à un véritable phénomène d’entonnoir sur les marchés actions européens, avec des rendements qui continuent à baisser ou passent même en territoire négatif.

Les investisseurs internationaux ont identifié l’Europe, dans sa globalité, comme une situation de retournement et interviennent souvent sur les indices, sans prendre la peine de sélectionner des valeurs. Question de valorisation par rapport à des marchés qui ont bien monté, comme les Etats-Unis, mais question aussi d’environnement macroéconomique beaucoup plus favorable aujourd’hui avec la baisse de l’euro, du pétrole et des rendements sur les marchés de taux. D’autant que le trend continue à décélérer dans les économies émergentes.

Il faudra « juste » être attentif aux prochaines publications en Europe, et s’assurer ensuite que l’investissement se renforce pour éviter que le soufflé ne retombe et ne pas perdre de vue les paramètres qui ont créé les conditions d’une reprise.


Etats-Unis : un premier trimestre 2015 un peu à l’image de celui de 2014.

Aux mêmes causes, les mêmes effets. Comme début 2014, la météo est venue contrarier les statistiques et les grèves, qui ont affecté certains ports, d’une part, la stabilisation des exportations à cause du dollar, d’autre part, n’ont rien arrangé. On a donc eu des chiffres en demi-teinte, mais la consommation reste solide et dispose même d’un potentiel d’accélération. Le crédit à la consommation en atteste (+5,9% en février).
Nous pourrions connaître une augmentation de la production industrielle, une meilleure tendance en termes d’embauches (en février, les offres d’emplois étaient sur un pic de 14 ans) et des hausses de salaires plus marquées.
En attendant confirmation, les perspectives de changement de politique de la Fed semblent s’éloigner et les taux, comme le dollar, pourraient marquer une pause. A noter que le terme « patience » ne figure plus dans les minutes du FOMC, mais on attendra que l’inflation se renforce.


Japon : la croissance reste modérée.

Les derniers chiffres de croissance relatifs à la fin 2014 sont ressortis en-deçà des attentes, à +1,5%, au lieu de 2,2% attendu. Quant au niveau d’inflation, qui était, rappelons-le, une des principales cibles des Abenomics, il est à 0 en février, retraité de la hausse de la TVA. décidée il y a un an. De ce fait, la Banque du Japon n’exclue pas de nouvelles mesures.
En revanche cela n’empêche pas les indices actions de continuer à progresser. Il est vrai que l’énorme fonds de pension GPIF a commencé depuis plusieurs mois, comme on le lui a ordonné, à augmenter très sensiblement son exposition actions ; or ses encours représentent la bagatelle de 25% du PIB japonais. Il est clair que ces interventions ne passent pas inaperçues.


Zone euro / Europe : tout finit par arriver, avec un euro et un pétrole, qui ont baissé et des taux de plus en plus bas.

Pas question de généraliser, la situation en Europe doit être appréciée pays par pays, mais globalement nous assistons à une confirmation de ce que nous présentions depuis quelques semaines : non seulement l’environnement a cessé de se dégrader, mais on relève des signaux positifs un peu partout et dans l’ensemble des secteurs économiques.
L’impact de la baisse de l’euro et des cours du brut commence à se traduire par un regain d’activité dans la zone euro, qui renoue en mars, avec des indices PMI nettement au-dessus des 50, voire des 55. L’Allemagne retrouve sa place de locomotive mais la France a du mal à rester dans le peloton.
Le nouveau programme de rachats d’actifs de la BCE a commencé en mars et devrait contribuer à soutenir le crédit ; il se justifie, entre autres, par le sentiment que les prix resteront durablement bas en zone euro.
Le cycle économique actuel ne pourra permettre une nouvelle dynamique de l’inflation que, si la croissance est plus soutenue. Et seule une reprise de l’investissement peut, à ce stade, créer un contexte plus tonique (d’où le retour de mesures favorables à l’investissement dans les thématiques mises en avant par les pouvoirs publics français).
Ne rêvons pas, la France connaîtra quand même une croissance encore faible en 2015, sans doute supérieure à 1,5%, malgré le nouveau dispositif fiscal d’amortissement très favorable à certains investissements. Mais, nonobstant le fait qu’il devrait rester marginal, il jouera, dans un premier temps, sur les marges des entreprises mais peu sur l’emploi. Il faudrait une croissance beaucoup plus forte pour que le taux de chômage diminue.

Mais revenons sur certains pays périphériques, dont beaucoup ne voulaient plus entendre parler il y a encore un an. Certes, le chemin est encore long pour l’Italie et l’Espagne, mais ces économies ont retrouvé une certaine compétitivité, grâce à des réformes structurelles et une baisse des coûts. Le niveau des taux espagnols traduit bien ce regain de confiance. Même le Portugal envoie des signaux positifs, malgré un endettement des ménages et des entreprises encore élevé. Dans ces pays il faudra également que reprennent les investissements et, de ce point de vue, l’Italie est sans doute le pays européen, qui a pris le plus de retard, ces dernières années.
Difficile de ne pas évoquer certaines consultations électorales risquant de créer quelques tensions, notamment en Espagne ou au Royaume-Uni, où le bipartisme, qui a longtemps prévalu, pourrait bien voler en éclats. Deux économies, qui récoltent aujourd’hui les fruits de plans d’austérité sévères, la première se voyant gratifiée de prévisions de croissance de 2,8% pour cette année et la seconde ayant connu une telle croissance l’an dernier. Et pourtant, si les intentions de vote en faveur de Podemos en Espagne sont en baisse régulière depuis quelques semaines, la partie ne sera pas facile pour Rajoy et, outre-Manche, Conservateurs et Travaillistes sont au coude à coude, les assurant d’être obligés de trouver des alliances.
A l’autre bout de la Méditerranée, la Grèce continue à être une épine dans le pied de l’Europe et revient régulièrement sur le devant de la scène.


Zones émergentes : le ralentissement de la Chine aidera-t-il l’Inde à gagner son pari en 2015 ?

Pékin reste vigilant par rapport à l’état du marché immobilier et continue à gérer une décélération de la croissance (à en juger par les derniers indices PMI en baisse), via une politique de stimuli et une politique monétaire susceptible de sortir du cadre strictement conventionnel.
L’inde connaît en ce moment un léger tassement de l’activité, surtout au niveau domestique ; la baisse des taux début mars s’avère donc bien justifiée, mais Delhi ambitionne d’afficher la plus forte croissance mondiale en 2015.
Le Brésil est en proie à des révisions en baisse de prévisions de croissance qui n’en finissent plus et le consensus prévoit une contraction de 1% du PIB pour 2015 (-0,5% prévu fin février…). Et ce n’est pas l’impopularité grandissante de Dilma Roussef, contestée par son propre ministre des finances, qui améliorera le climat.
Globalement, il faudra se contenter d’une croissance de 1% au lieu des 2,2% prévu il y a encore quelques semaines ; la première économie est en panne et le Vénézuéla est quasiment en faillite. Le Chili, la Colombie ou le Mexique n’y suffiront pas et, par ailleurs, les pays producteurs de matières premières sont les plus affectés.

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