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« Prévisions du FMI : une croissance en reprise mais aussi quelques mauvaises nouvelles ! »

ER - Analyses de marchés
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Tribune de Patrice Gautry, Chef Economiste de l’UBP

Une croissance mondiale qui a bien du mal à accélérer
Selon les prévisions du FMI, elle devrait atteindre 3,5% en 2015 et 3,8% en 2016. Cependant, il est frappant de voir que la conjoncture mondiale reste depuis 2013 sur un rythme de 3,4% à 3,5%. Le crédit, le commerce mondial et peut être aussi la technologie ne sont plus des accélérateurs de croissance comme en 2000/2007. Cela ne prouve pas un arrêt de la globalisation, mais les moteurs de la croissance sont devenus domestiques et régionaux.

La croissance est redistribuée en faveur des pays développés
La bonne nouvelle pour les pays développés est que leur croissance devait atteindre 2,4% en 2015 et 2016. Mais l’accélération de 1,8% à 2,4% se fait au détriment des pays émergents qui continuent de ralentir. Si l’Europe et le Japon bénéficient d’une conjoncture en amélioration en 2015 et 2016, l’activité s’est fortement dégradée en 2015 en Russie, au Brésil et en Chine et ne s’améliore que très modestement en 2016. Seule, l’Inde tire son épingle du jeu parmi les pays émergents.

La croissance 2015 des pays développés est alimentée par des chocs positifs
Le FMI a relevé les perspectives de croissance pour l’Europe (1,5% ; +0,3 point), le Japon (1% ; +0,4 point), mais abaissé celles attendues aux Etats-Unis (3,1% ; -0,5 point). Il distille des avertissements pour le futur en rappelant que les bons chiffres de cette année résultent d’une suite de chocs positifs: baisse des prix du baril (impact sur la croissance estimé entre 0,5 et 1 point), baisse de l’euro et du yen (0.5 point de croissance mondiale en plus) et baisse des taux longs et politiques monétaires expansives (on peut encore ajouter un demi-point sur la croissance).

Et après 2016, le « Nouveau Médiocre » ?
Madame Lagarde a averti que sans relance de l’investissement, de la productivité, d’une flexibilité accrue sur le marché du travail et d’une bonne gouvernance (Etats et entreprises), la croissance mondiale resterait faible. Les chiffres 2015 et 2016 ne sont pas aussi médiocres que cela, mais peut être que l’avertissement vaut pour au-delà 2016.
Une fois les effets des stimuli monétaires, de la baisse du pétrole et de la fin de l’austérité fiscale évaporés, seul l’investissement (infrastructures, équipements, recherche et développement) permettra à la croissance de tenir le rythme grâce à un potentiel de croissance enfin reconstruit.
Sinon la croissance mondiale s’essoufflerait à nouveau : il n’est pas certain que les marchés financiers aient envie d’entendre ce genre de message !

www.ubp.com

 

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