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La situation diverge nettement entre les Etats-Unis l’Europe ou le Japon

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Selon Barings, ces divergences devraient néanmoins aboutir à une convergence sur la croissance des bénéfices et des valorisations de marché. Modestes en Europe et au Japon, les valorisations pourraient ainsi converger vers les niveaux élevés observés outre Atlantique.


1/ L’économie américaine, dans son ensemble,
reste solide et la croissance réelle devrait dépasser 3%. Du point de vue de l’investisseur, les choses se présentent plutôt bien. Les marges bénéficiaires des entreprises sont élevées. Les coûts d’emprunt sont faibles. La fiscalité est à un niveau supportable. L’énergie est bon marché.
La bourse américaine a été bien orientée, récompensant les bonnes nouvelles sur les bénéfices. Les multiples sur les actions reflètent le sentiment positif des investisseurs. Tout ceci est bien pris en compte et, dans une certaine mesure, montre la maturité du marché. Mais attention, une triple menace pèse sur la bourse américaine ce qui pourrait favoriser d’autres opportunités d’investissement.

La première menace, un potentiel changement de politique monétaire de la Fed. Compte tenu des données positives sur le plan de l’économie, nous pensons que la Fed va relever ses taux en juin, juillet ou septembre. Même si nous restons convaincus que la hausse sera limitée, nous estimons que ce changement pourrait entraîner une certaine volatilité sur les actifs risqués américains.
La seconde menace est un dollar américain fort, en hausse d’environ 10% l’an dernier en termes pondérés des échanges, la solidité de l’économie et la perspective de hausse des taux ayant renchéri le billet vert. Cette situation a d’ores et déjà commencé à écorner les résultats de sociétés américaines internationalement exposées. 
La troisième menace concerne la hausse des salaires. Au cours des dernières années, le coût du travail a augmenté à un rythme modéré, d’environ 2% par an. Il y a un risque que ce taux s’accélère, avec notamment Walmart, premier employeur privé américain, qui vient d’annoncer une augmentation du salaire de ses employés. Nous n’observons pas encore une forte dynamique de hausse sur les salaires mais, si nous nous basons sur le manuel des banquiers centraux, nous devons nous attendre à une augmentation modeste du rythme de hausse des salaires compte tenu de la santé de l’économie américaine. Cette hausse du coût salarial aura un impact sur la rentabilité.

En 2015, après plusieurs années de surperformance des actions américaines, nous pensons que les investisseurs devraient chercher ailleurs afin d’identifier des marchés qui vont bénéficier du soutien d’une monnaie faible et de politiques monétaires plus stimulantes.


2/ Le Japon présente une telle opportunité et nous y avons récemment renforcé notre pondération. Des assouplissements quantitatifs, une monnaie faible et des améliorations de la gouvernance des entreprises vont continuer à améliorer les exportations et la profitabilité des sociétés. Les résultats sont tangibles. Les prévisions de croissance des bénéfices se situent autour de 12% et ce sans compter déjà plusieurs révisions à la hausse depuis mi 2014. Tout ceci est dû au soutien, via l’achat d’actions, de la Banque du Japon et du Fonds de Pension Gouvernemental. La situation nous semble donc favorable au Japon  et selon nous, cela devrait aboutir à des hausses de valorisation.


3/ En Europe, la situation évoluant très vite, nous y discernons une 2ème opportunité. Les derniers éléments sur la monnaie ont été encourageants, et la mise en place des mesures monétaires s’accélère. Ceci devrait aboutir à une amélioration de la croissance économique. Certains pays membres de la zone euro ont déjà vu leur taux de croissance rebondir, comme l’Espagne ou l’Irlande. La faiblesse de l’euro présente également un avantage compétitif et, depuis le printemps 2014, la baisse de l’euro profite aux exportations.
Les récentes mesures quantitatives mises en œuvre par Mario Draghi vont renforcer ces deux tendances en supportant plus de croissance de la masse monétaire et en mettant plus de pression sur la devise. Ceci aurait pu être fait plus tôt mais mieux vaut tard que jamais.

L’essentiel est que la croissance économique et la rentabilité des entreprises américaines sont bien reflétées dans les valorisations de marché mais pourraient être menacées par une série de facteurs. Les économies déprimées, en Europe et au Japon, ont été lentes à mettre en œuvre la bonne politique mais, maintenant, après avoir été rejetés par de nombreux investisseurs, ces pays sont prêts à entamer une convergence  vers les Etats-Unis..

 

Allocation d’actifs

Actions
Compte tenu de la conjoncture actuelle, nous avons revalorisé les actions, la classe d’actifs que nous privilégions désormais. Cette situation de divergence / convergence nous a également conduits à rétrograder les Etats-Unis et à revaloriser l’Europe qui rejoint le Japon comme une des régions que nous préférons.

Secteurs
Nous avons revalorisé la consommation durable compte tenu des bénéfices liés à un pétrole bon marché. Compte tenu des valorisations atteintes, nous avons rétrogradé la santé.

Obligations
Notre principal changement consiste à rétrograder la dette émergente qui pourrait pâtir du changement de politique monétaire de la Fed. Nous avons revalorisé le high yield. La robustesse de l’économie américaine et de meilleures valorisations contribuent à rendre cette classe d’actif plus attractive.

Devises
La livre sterling ayant beaucoup baissé au cours des six derniers mois, nous l’avons revalorisée à une position neutre. L’économie britannique se porte bien et la reprise est bien installée dans tout le pays. Même si le résultat des élections de mai reste incertain, nous ne pensons pas que cela entraînera une instabilité gouvernementale et ce comme l’actuelle coalition le démontre. Quel que soit le vainqueur, cela devrait avoir peu d’incidence sur l’économie à horizon douze mois.     

www.barings.com

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