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AIFMD : de la contrainte à l’opportunité, pour un meilleur ratio performance/risque

ER - Acteurs du secteur financier
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Par Michel-Henri Amemaka, Business Consultant, SimCorp France

Pendant longtemps, les fonds d’investissements alternatifs ont géré leurs activités sans avoir déployé de systèmes d’information dédiés ou sophistiqués. L’entrée en vigueur de la directive AIFM redistribue les cartes et leur impose de respecter des processus spécifiques.
Les FIA regardent donc avec intérêt les plates-formes logicielles dédiées à la gestion d’actifs qui automatisent ces processus, sinon les optimisent et les transforment en facteurs de compétitivité.

Le segment des FIA connaît une forte dynamique de croissance depuis au moins 3 ans. Hedge Funds, Private Equity, fonds immobiliers, etc. font preuve de résilience : ils affichent des performances supérieures à celles des marchés boursiers et comptent parmi les disciplines reines de la gestion d’actifs. L’ensemble des indicateurs économiques et financiers (importance de l’épargne des ménages, incertitudes sur le système français de retraite, désengagement des institutions financières liés aux limitations en fonds propres, tissu industriel de PME-PMI…) laissent d’ailleurs à penser que cet âge d’or n’est pas fini. Mi-2014, le marché français comptait une centaine de sociétés de gestion de portefeuilles spécialisées en Private Equity et plus de 1200 fonds.

Mais rançon du succès, les FIA sont aujourd’hui dans la ligne de mire du régulateur avec, suite à la crise financière de 2008, une volonté d’encadrer leurs activités pour mieux en maîtriser les risques systémiques. La directive européenne AIFM, qui est entrée en vigueur le 22 juillet 2013, fixe un certain nombre de règles à respecter. A ce jour, plus de 250 agréments AIFM ont été délivrés aux institutions financières proposant de la gestion alternative.
La directive prévoit notamment un encadrement des investissements en liquidités, de la commercialisation des produits financiers et des rémunérations, ainsi que la production de rapports à destination des autorités de régulation et investisseurs et la délégation de services annexes ne relevant pas de la gestion de fonds proprement dite. Toutes ces contraintes règlementaires requièrent la mise en place de processus spécifiques de gestion pour lesquels les FIA ne sont pas forcément bien équipés.

Pour la directive AIFM, comme pour d’autres réglementations qui régissent le marché de la gestion d’actifs, le système d’information est un élément clé. En effet, pour opérer leurs activités, les fonds se sont dotés d’outils informatiques simples, très souples et faciles à acquérir et à déployer, sans nécessiter d’équipe informatique spécifique.
Certains ont même opté pour les tableurs et bases de données inclus dans les suites bureautiques. D’autres ont préféré sous-traiter leur système d’information, confiant à des tiers l’exécution “technique” ou “informatique” de leurs processus métier.

Le nouveau cadre réglementaire né avec la transposition de la directive AIFM modifie la donne car il nécessite une gestion des processus beaucoup plus complexes et, ce, avec une forte régularité. Or dans ce contexte, il est essentiel de veiller à plusieurs points lors de la mise en œuvre des nouveaux processus : il est important de ne perdre aucune donnée de contexte, ni aucuneinformation saisie à un moment ou à un autre dans le système pour garantir la traçabilité del’information. Le respect d’AIFM induit aussi un changement de culture des FIA, peu habitués à cetype de contraintes et qui entrent désormais à plein dans la culture du suivi réglementaire. Outre lesaut culturel, la plupart vont devoir également adapter leur organisation pour être en mesured’appliquer ces nouveaux processus. Autant de points qui incitent les FIA à revoir les solutionstechnologiques qu’elles utilisent pour gérer leurs activités et à s’équiper de plateformes logiciellesdédiées à la gestion d’actifs.

A ce titre, la contrainte d’AIFM peut aussi être vue et vécue comme une opportunité. Les FIA vont désormais s’appuyer sur des processus structurés qui vont les faire gagner en fluidité et rapidité d’exécution. Les plateformes technologiques pensées pour l’AM incluent des processus pré paramétrés qui accélèrent la mise en application des contraintes réglementaires au fur et à mesure de leur entrée en vigueur – garantissant aux acteurs une continuité de l’activité en conformité avec les exigences des régulateurs. Ces plateformes donnent aussi une vue consolidée sur l’ensemble des actifs sous gestion, avec la capacité de partager les données sur les portefeuilles gérés entre le Front, le Middle et le Back office dans le cas où la plateforme garantit une approche intégrée de la chaîne de valeur de l’AM. Sans oublier la puissance de ces solutions pour la production des rapports à la volée et mis à jour en temps réel, et la fourniture d’indicateurs de performance adaptés aussi bien pour les données de comptabilité que la gestion des portefeuilles d’actifs.

En définitive, les FIA ont beaucoup à gagner au déploiement de telles plateformes de gestion : ces nouveaux systèmes d’information couvrent les besoins très “mathématiques” de corporate finance mais aussi le suivi opérationnel des procédures et opérations, tout en offrant la capacité de créer et d’intégrer rapidement de nouveaux instruments et supports d’investissements. Enfin, leur mise en place accompagne de manière plus souple et rapide les évolutions régulières de modèles opérationnels afin d’avoir un ratio performance / risques qui soit toujours optimum.

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