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La volatilité est-elle de retour sur les marchés agricoles Russes ?

ER - Analyses de marchés
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Les différentes mesures mises en place par la Russie pour contenir la hausse des cours sur son marché intérieur ralentissent les exportations de blé sur la scène internationale.

La volatilité est de retour sur le marché du blé : dans le pricing des options, elle est passée de 20 à 30% en une semaine. « Cette volatilité est liée au contexte russe, au positionnement des fonds en tant que valeur refuge face à la baisse du prix du baril et à un marché extrêmement étroit de fin d’année » analyse Michel Portier, directeur général du cabinet de conseil Agritel.
Depuis l’embargo décidé par la Russie sur l’importation de nombreux produits agroalimentaires de l’Occident, on assiste à une flambée des cours des denrées de base dans le panier de la ménagère russe. Le prix du pain en Russie a augmenté de 10% sur un mois et celui du sarrasin de 54%. En novembre, l'inflation sur les produits alimentaires russes est à + 13%.

La dévaluation du rouble, qui a perdu environ 50% de sa valeur depuis le début de l’année, incite les producteurs de céréales à faire de la rétention à la vente pour se protéger. Les agriculteurs russes préfèrent, dans la mesure de leurs moyens, détenir de la marchandise physique négociable en dollars, plutôt qu’une monnaie dévaluée dans ses comptes. La Russie prend donc des mesures limitant les exportations. « En durcissant ses contrôles sanitaires et en limitant l’octroi des certificats exports, le Gouvernement russe souhaite augmenter son offre sur son marché intérieur, espérant ainsi faire chuter les cours. », explique Michel Portier.

Face à cette perturbation des flux internationaux, les traders se voient contraints de racheter des positions vendeuses prises auparavant, créant une hausse des cours, notamment sur les marchés financiers. Cela a eu pour conséquence de voir les cotations rapprochées en blé sur Euronext progresser de manière sensible : la journée de jeudi a par exemple vu les prix augmenter de 10 euros la tonne en début de journée, avant de se replier. « Nous n’assistons pas à une perte de volume total, mais à un manque de disponibilités en rapproché, disponibilités qui se retrouveront tôt ou tard cependant sur le marché. » souligne Michel Portier.

Il n’est pas certain que ces mesures soient efficaces, car elles jettent le trouble dans toute la filière et décrédibilisent la Russie en tant qu’acteur fiable dans le commerce international. Pour Michel Portier, « si ces différents éléments viennent agiter les marchés et engendrer une hausse des cours du blé, la pérennité de cette dernière est loin d’être acquise, à moins que les affres de l’hiver ne viennent à un moment ou un autre détruire définitivement le volume disponible ».

Une fois de plus, l’analyse des bilans, bien que nécessaire, est insuffisante pour étudier la dynamique de la structure des cours des matières premières, la géopolitique s’invitant à la table des traders internationaux.

www.agritel.fr

 

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