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Baisse du taux directeur de la BCE : qu’en pensent les acteurs du patrimoine

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Mario Draghi officialise le lancement d’un « quantitative Easing à l’Européenne » : extraits  de commentaires 

 

Judith Danan, Head of Sales Trading de CMC Markets France 

Les marchés boursiers apprécient le fameux programme de rachats d’actifs annoncé par la BCE, peu comparable toutefois avec ceux pratiqués aux Etats-Unis et au Japon. Les intervenants de marché s’interrogent encore sur le volume du programme dont le montant reste inconnu. Selon une source non officielle, 500 Mds€ d’ABS pourraient être acquis par la banque centrale, un chiffre à envisager avec précaution.
Le banquier central a rappelé que les moyens mis en œuvre par la BCE n’étaient pas une condition suffisante à un retour de l’inflation (objectif 2%), renvoyant les gouvernements européens face à leurs responsabilités, en termes de réforme budgétaires et structurelles.
Bien qu’encourageantes, les nouvelles dispositions de la banque centrale ne représentent pas une garantie absolue d’amélioration de l’environnement économique européen. Il faudra du temps pour en mesurer les bénéfices en termes de stimulation de la demande et de dépenses d’investissement des agents économiques. La version européenne du quantitative easing se veut très ciblée, et donc de portée probablement assez limitée. Cela s’explique en partie par la nature du mandat de la BCE, mais aussi par la réticence de certains gouvernements européens, au premier rang desquels les dirigeants allemands, de ne pas encourager la création monétaire.

 

Bill Street, responsable des investissements pour la région EMEA chez State Street Global Advisors 

La décision de réduire les taux d'intérêt aujourd'hui est une étape pour des mesures plus drastiques qui devraient être mises en œuvre dans les prochains mois. Les réductions du taux principal de refinancement et du taux de dépôt illustrent l'affaiblissement continu de données macroéconomiques au sein de l'Europe depuis la dernière réunion de la BCE. Cela se passe dans un contexte d'inflation à taux zéro et des inquiétudes sur le fait que l'Europe se dirige vers un environnement déflationniste. Nous pensons que ces deux réductions auront un effet plus discret sur les prêts bancaires tout en s’ajoutant à un nouvel affaiblissement du momentum de l'Euro avec notre estimation actuelle de sa juste valeur à 1,18.
L'annonce du rachat d'obligations sécurisées a été une surprise, surtout compte tenu de la spéculation sur le marché concernant un programme de rachat d'ABS qui a été annoncé. Nous pensons que le président de la BCE, Mario Draghi, continuera à faire ce qu'il faut en approfondissant la discussion autour de la mise en œuvre d'un programme de rachat d'ABS ainsi que de celui plus large et plus impactant, du Quantitative Easing.

 

Patrice Gautry, Chef économiste d'Union Bancaire Privée 

Mesures d’urgence face à la détérioration de l’activité et de l’effondrement des anticipations d’inflation, les baisses de taux décidées aujourd’hui (pas à l’unanimité) devraient appuyer sur la baisse de l’euro et rassurer les marchés financiers sur la détermination de la BCE. A défaut de faire repartir le crédit tout de suite, les banques vont se refinancer à coût quasi nul et tous les opérateurs vont être noyés sous la liquidité : une bonne occasion pour les marchés actions de rebondir, et les taux obligataires de baisser encore alors que tous étaient empêtrés avec les mauvais chiffres économiques et un front géopolitique toujours inquiétant.
Le calendrier s’accélère et les montants potentiels pourraient bien surprendre : les TLTRO arriveront ces prochaines semaines et le programme d’achat d’ABS va être annoncé en détail en octobre. De plus, la BCE va relancer un programme d’achat de « covered bonds » des banques le mois prochain. Tout cela devrait doper le bilan de la BCE et milite pour une injection de liquidités qui pourrait bien approcher les 1000 Mds€ supplémentaires dans le système une fois tous les soutiens en place. La porte reste ouverte sur un QE étendu aux obligations gouvernementales en cas de besoin.

 

L’équipe Taux de Quilvest Gestion 

L’argument de Mario Draghi selon lequel il a baissé les taux afin de s’assurer du succès des TLTRO est intéressant pour deux raisons.
- D’abord, il nous indique que Mario Draghi n’est pas du tout certain que ces opérations soient un succès.
- Ensuite, il nous semble fallacieux. En effet, la possibilité d’emprunter à 0,15 ou à 0,25% ne change pas grand-chose, le taux reste très attractif dans les deux cas.
Nous pensons que l’objectif principal de Mario Draghi est de se démarquer encore plus fortement de la politique monétaire américaine afin de faire baisser l’euro. En effet, la BCE n’a plus de marge de manœuvre. Un programme d’assouplissement quantitatif comme ceux américains, japonais ou encore britanniques n’est pas envisageable à court terme, car les allemands n’accepteront certainement pas d’être solidaire des dettes des autres pays. La seule marge de manœuvre encore disponible reste donc la communication afin de faire baisser la devise. Alors que la Fed tergiverse sur le début de son resserrement monétaire, Mario Draghi réaffirme donc la position de la BCE de rester accommodante très longtemps.
Nous continuons de penser que l’euro va se déprécier par rapport au dollar. Nous pensons aussi que les taux devraient rester stables sur la partie courte de la courbe dans les prochains mois et nous conseillons d’investir à taux variables sur la partie longue de la courbe (maturité supérieure à 2 ans).

 

Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de Cafpi

La BCE s’était dite prête à intervenir et à ajuster les mesures déjà mises en place pour soutenir les systèmes financiers des pays de la zone euro et lutter contre la déflation menaçante. Elle est passée aux actes. Après une telle mesure, les taux de crédits immobiliers devraient rester à leur très faible niveau actuel.
Cette situation a de grandes chances de perdurer jusqu’à la fin de l’année, voire début 2015. Seul un retour de la croissance pourrait provoquer un changement de politique monétaire de la Banque Centrale »

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

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