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Fonds de garantie et faillite de la BES : « CGPI ne baratinez pas vos clients »

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Le conseil de Jean-Pierre Rondeau auquel personne n’est obligé d’adhérer.

« Il semblerait que certains de nos compatriotes, qui ont fait le choix de vivre au Portugal, s’inquiètent auprès de leur CGPI français de la disparition de la banque “Banco Espirito Santo” dite BES, la plus grosse banque portugaise, dans laquelle ils auraient placés leurs économies. Il n’est pourtant pas sûr que l’essentiel de leur épargne, qui plus est liquide, soit partie là-bas, et le fait qu’ils aient toujours un CGPI en France me conforte.

Il est donc donné comme conseil à nos confrères de rassurer leurs clients en leur assurant que leurs capitaux sont couverts à hauteur de 100 000€ par la Directive européenne. Il me semble pourtant que ce ne soit pas un argument pour lequel nous devons engager notre responsabilité, fut-elle verbale. Certes des réserves ont été constituées (le FGDR) et certaines banques actionnaires (suivez mon regard terrien) pourraient intervenir pour mettre au pot.

Je n’ai pas trouvé quel est le nombre de clients de cette banque et même plutôt du groupe car celui-ci possède plusieurs filiales bancaires importantes, y compris dans toute l’Europe. Vraisemblablement quelques centaines de milliers. Pour exemple, en France seule, la Générale avec ses filiales, c’est 11 millions de clients particuliers. Et bien sûr, les clients portugais n’ont certainement pas des comptes courants, livrets et comptes  à termes, plans de types épargne logement et autres qui soient très garnis. D’autant que nos amis lusitaniens souffrent beaucoup depuis 2008, faisant des sacrifices encore actuellement impossibles à réaliser en France. De plus, les plus riches ont certainement pris quelques précautions.

Néanmoins, on peut imaginer que si 100 000 clients ont mis en moyenne non pas 100 000€, pas même 33 000€ (chiffre 2007), mais simplement 10 000€, cela fait 1 milliard ! A multiplier par combien de dizaines ? Mais surtout à comparer au FGDR français : à peine plus de 2 milliards. Et combien au Portugal ? Curieusement, j’ai trouvé des tableaux donnant les montants des fonds de garantie dans tous les pays européens sauf au Portugal.

Or, il est évident que si les télévisions nous montraient les queues affolées des clients voulant retirer leur épargne, un krach systémique interviendrait et ce ne serait pas cette seule banque qui serait impactée. Qui paierait ?
Il est vraisemblable que l’on dirait que chaque foyer serait remboursé à hauteur de quelques milliers d’euros, quel que soit le montant de leur dépôt, et certainement pas des éventuels jusqu’à 100 000€ promis.

Il est évident que cette Résolution européenne, qui a augmenté le montant de garantie dont la France était pionnière, a été faite dans le seul but de rassurer les épargnants et les marchés et qu’aucun des fonctionnaires et élus qui ont voté le texte n’a idée de comment cela se passerait. Principe de précaution pour nos modernes Ponce Pilate : « ce n’est pas notre faute si les banques n’ont pas assez nourri le fonds ». La mesure aurait pu être valable lors des deux ou trois décennies précédentes. Mais pas dans la période terrible sur le plan financier et économique que nous vivons depuis 2008.

Il me semble qu’il est plus raisonnable de penser que les États, ne pouvant plus se permettre de laisser disparaître une banque ou une compagnie d’assurance depuis le 15 septembre, celle en faillite de taille modeste serait absorbée par une plus grande, la très grande serait nationalisée. Les clients conserveraient leurs dépôts, peut-être après un prélèvement "participatif" proportionnel (10% ?). Certes, avec une dévaluation assurée à la suite. Mais celle-ci n’a jamais tué personne.

Jean-Pierre Rondeau
Président de La Compagnie des Conseils en Gestion de Patrimoine Indépendants

www.lacompagniedescgpi.fr

 

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