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Nouvelle banque de développement des BRICS : des avancées encore attendues

ER - Acteurs du secteur financier
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Réunis à Fortaleza au Brésil, les représentants des cinq principales économies émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud) ont défini les contours de la future banque de développement des BRICS. 

Officialisée le 16 juillet, la banque devrait bénéficier d’un capital de départ de 50 Mds$ dont la contribution serait équitablement répartie entre le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (10 Mds$ chacun). L’institution, dont l’envergure financière pourrait être portée ultérieurement à 100 Mds$, a pour objectif de financer ses premiers projets de développement dès 2016. « La naissance de la nouvelle banque de développement est le fruit d’âpres négociations, qui ne sont pas complètement abouties même si elles ont commencées il y a plusieurs années » précise Alicia Garcia-Herrero, Chef Economiste spécialiste des marchés émergents chez BBVA Research.

La structure de gouvernance et les moyens financiers de l’institution ont longtemps constitué un point de divergence, notamment entre l’Inde et la Chine. « L’inde a semble-t-il concédé l’implantation du siège de la banque à Shanghai, en échange de quoi elle reçoit l’assurance d’une répartition égale des droits de vote des pays membres au sein de la banque, contrairement au modèle de gouvernance de la Banque mondiale ».

Les représentants indiens craignaient de voir la Chine imposer une contribution majoritaire au capital de la nouvelle banque de développement et, in fine, un contrôle de l’institution permettant de financer avant tout les projets infrastructurels chinois. « Ce consensus était nécessaire, il permet une considération globale des besoins de financement infrastructurels dans les pays émergents, dont la perception est trop souvent réduite au seul développement économique chinois et au rôle des entreprises chinoises, dans la construction des infrastructures au sein des économies émergentes ».

L’efficacité présumée des moyens alloués à la nouvelle banque de développement va dépendre des objectifs fixés par les BRICS dans leur programme de financement d’infrastructures, ce qui n’est pas encore clairement défini. Pour Alicia Gracia-Herrero, « toute la question est celle du recours à l’endettement. Si la nouvelle banque de développement des BRICS choisit de s’endetter, alors le volume de 50 à 100 Mds$ alloués à la structure sera suffisant pour amorcer des levées de capitaux bien plus conséquentes. A l’image de ce qui est déjà réalisé, à une échelle régionale, dans le cadre de la CAF, la banque de Développement d’Amérique latine. Par contre, s’il s’agit de financer des projets d’infrastructures grâce au seul capital de la banque, cette dernière n’aura pas les moyens nécessaires pour répondre efficacement aux très nombreux besoins de financement des BRICS ». Dans le premier cas, il faudra être particulièrement attentif à la notation de crédit qui sera attribuée à la banque de développement, par les agences de rating. « La banque des BRICS devrait se voir attribuer une notation dans la partie inférieure de la catégorie ‘Investment Grade’, qui correspond à la qualité de crédit moyenne des cinq pays. Cette notation risque d’imposer un coût de financement relativement onéreux pour les BRICS. C’est aussi pour cette raison que la Chine souhaitait avoir un poids prépondérant au sein de l’organe, de façon à rehausser la notation et alléger ainsi le coût de la dette ».

De son côté le fonds de réserve de changes de 100 Mds$, qui sera opérationnel dès 2015, fera figure d’alternative au FMI pour pallier toute déstabilisation des balances des paiements des BRICS. « A priori, le fonds de réserve est destiné aux BRICS, mais il est fort probable qu’il soit par la suite élargi à d’autres pays émergents : aujourd’hui, les BRICS sont relativement peu exposés à une éventuelle pénurie de capitaux étrangers. En revanche, plusieurs autres pays émergents, en particulier en Amérique latine, pourraient avoir besoin de recourir assez rapidement au fonds de réserve de changes pour absorber d’éventuels chocs sur le marché des devises. La stabilité de la balance des paiements dans ces pays est un enjeu stratégique pour les BRICS, compte tenu des relations commerciales et des synergies de croissance économique qui les lient » conclut Alicia Garcia-Herrero.

Plus d'informations  https://www.bbva.es

 

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