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Les marchés boursiers saluent les décisions inédites de la BCE

BE - Culture & Société
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Par Judith Danan, Head of Sales Trading de CMC Markets France

Déploiement de mesures non conventionnelles annoncées par Mario Draghi :

- opérations ciblées de refinancement à long terme des banques de la zone Euro (deux nouveaux plans de LTRO seront lancés en septembre et décembre, à hauteur de 400 Mds€) ;

- préparation à l’acquisition ciblée, par la BCE, d’instruments de titrisation (ABS ou Asset-Backed Securities, des titres adossés à des actifs permettant notamment de transformer les créances des entreprises en titres) ;

- baisse du taux directeur de 10 points de base à 0,15%, et le passage à un taux de dépôt négatif.


Mario Draghi a en effet choisi d’activer des leviers assez inédits en Europe
 pour tenter de stimuler une économie au point mort (faible croissance du PIB, situation de désinflation assortie d’un euro trop fort, difficulté récurrente des petites entreprises à accéder au crédit et à réinvestir, pour gagner en compétitivité). 
« Pénaliser » les établissements bancaires via une surprime sur les dépôts - de nature à inciter les banques à prêter davantage plutôt que de « placer » prudemment leurs avoirs auprès de la BCE - est une première en zone euro. Mario Draghi espère ainsi faciliter le mécanisme de transmission des prêts à l’économie réelle. C’est aussi l’objectif affiché des 400 Mds€ de prêts injectés dans les banques, qui devront faire fructifier ces capitaux en concédant des crédits aux entreprises, quitte à s’exposer à un peu plus de risque.

Bien qu’anticipées, les annonces de la BCE n’ont pas manqué de faire réagir instantanément les marchés boursiers : l’indice CAC 40 a gagné près d’un point supplémentaire de performance pendant la conférence de Mario Draghi.

Cette démonstration supplémentaire du soutien de la BCE à l’économie de la zone euro va offrir un environnement durablement favorable aux actifs risqués, plus rémunérateurs que les taux sans risque. Il est envisageable de voir la BCE orienter peu à peu son dispositif actuel vers plus d’assouplissement quantitatif dans les prochains trimestres, si l’environnement macroéconomique européen n’évolue pas dans le bons sens.

Selon le baromètre du sentiment des clients de CMC Markets, les investisseurs sont à l’achat sur le CAC 40 et le DAX à plus de 70% (ils se positionnaient vendeurs la semaine passée), ainsi que sur le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq (« longs » à près de 85% sur les trois indices). Sur le Forex, la tendance est vendeuse sur l’EUR/USD. La divergence clairement marquée des politiques monétaires aux Etats-Unis et en Europe (la BCE passe à l’offensive quand la Réserve Fédérale US retire progressivement son dispositif d’assouplissement quantitatif) milite en faveur de l’affaiblissement mécanique de l’euro par rapport au billet vert.
L’objectif d’un Euro à moins de 1,30 USD d’ici quelques semaines est crédible. Pourtant, assez étonnamment, la valeur de la monnaie unique n’a reculé que temporairement face à celle dollar US (de 1,3600 à moins de 1,3540), avant de repartir à la hausse en fin d’après-midi le 5 juin.

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