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Les marchés actions freinés par le regain de tension russo-ukrainien

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Analyse de Judith Danan, Head of Sales Trading de CMC Markets France

Les dernières séances ont été influencées par des courants contradictoires. D’un côté, les investisseurs ont pu apprécier les newsflows positifs relatifs aux résultats d’entreprises, les publications de Facebook et d’Apple ayant fait figure de catalyseurs à Wall Street. De l’autre, la recrudescence des tensions politiques en Ukraine a refroidi les places boursières. Résultat, les indices boursiers perdent du terrain sur les cinq dernières séances (-1,4% pour l’Eurostoxx50, -0,4% pour le Dow Jones).

L’aversion au risque est montée d’un cran après les récents signaux négatifs venus d’Europe de l’est. Après plusieurs semaines d’apaisement qui ont pu laisser penser qu’une fameuse « désescalade » était envisageable, les relations entre la Russie d’une part, et l’Ukraine et la communauté internationale d’autre part, se sont de nouveau dégradées. Le risque de conflit militaire revient sur le devant de la scène, avec un rapport de force électrique à la frontière, entre pro-russes et insurgés ukrainiens.

Ce climat est naturellement défavorable à la progression des marchés boursiers et les investisseurs préfèrent privilégier des prises de bénéfices, plutôt que de renforcer leurs positions. Plus réactives à la remontée de l’aversion au risque, les valeurs cycliques automobiles ont logiquement signé les contreperformances les plus significatives au cours des dernières séances (Peugeot -5,8% sur cinq séances, Volkswagen -2,7%, Michelin -2.3%, Renault -1,2%, BMW -0,75%).

A l’opposé, les valeurs de croissance comme Essilor, Kering, Vallourec ou Technip ont fait mieux que résister (de 3,8% pour Essilor à 7,7% pour Technip), tandis qu’Alstom s’est distingué par la plus forte hausse de la cote française (+21%), soutenu par des rumeurs de rachat de l’industriel français par General Electric (la valorisation du titre a dû être suspendue par l’AMF, vendredi). Dans ce contexte général où la prudence domine, les investisseurs de CMC Markets France restent majoritairement « bearish » sur les indices boursiers. Selon le baromètre « Sentiment Clients » établi quotidiennement à partir de leurs positions réelles, les investisseurs en CFD sont vendeurs sur les indices Dax (à 57%), Cac 40 (à 85%) et Dow Jones (à 71%). Ils sont en revanche acheteurs sur le Nikkei 225 (à 92%), en raison du regain d’optimisme quant à de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif de la part de la banque centrale japonaise.

Concernant les matières premières, les positions sont encore flat sur l’or malgré le rebond du cours de l’once sur les cinq dernières séances (+1,30% à un peu plus de 1 300 USD). A court terme, le canal haussier du cours de l’or devrait se maintenir compte tenu du contexte géopolitique tendu. Les investisseurs sont quasi unanimement bullish sur le cuivre (acheteurs à plus de 90%) alors que son cours vient de chuter de plus de 4% sur une semaine. Cette position longue est le signe d’un pari assumé sur la reprise économique chinoise - la chine est le premier importateur mondial du métal rouge - après plusieurs trimestres d’incertitudes.

www.cmcmarkets.fr/

 

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