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Politique monétaire : la BCE maintient le statu quo malgré les craintes déflationnistes

BE - Culture & Société
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Par Fabrice Cousté, Directeur Général de CMC Markets France

Il n’y a pas eu de grande surprise à l’occasion de la première réunion de la BCE. Cette dernière a maintenu ses taux inchangés, à 0,25% pour le taux de refinancement et à 0% pour le taux de facilité de dépôt.

Mais plus que d’éventuels effets d’annonce, c’est surtout la tonalité du discours de Mario Draghi, président de la BCE, qu’il était important d’apprécier.
Alors que les craintes de voir émerger un environnement de trop faible inflation, voire même purement déflationniste (un frein pour la reprise économique), sont de plus en plus consistantes en zone euro, le gouverneur de la BCE a évoqué l’hypothèse d’une période prolongée d’inflation très modérée. L’inflation en zone euro est ressortie en recul à +0,8% en décembre, après +0,9% le mois précédent, en ligne avec les attentes. Cela fait désormais onze mois que l’inflation évolue en dessous de la cible de 2% de la BCE.

Dans ce contexte, Mario Draghi a réitéré la volonté de la BCE d’appliquer une communication anticipée dite de « forward guidance », à l’instar de son homologue américaine. En résumé, la BCE maintiendra ses taux directeurs à des niveaux extrêmement bas, c’est-à-dire au niveau actuel ou même inférieur, tant que l’inflation restera très modeste.

Compte tenu de cette faible pression sur les prix, associée à une reprise économique désormais matérialisée (rééquilibrage des balances commerciales des pays dits périphériques, amélioration des exportations de la zone, taux de croissance du PIB de la zone euro en voie d’amélioration) mais encore très graduelle en Europe, avec un taux de chômage toujours excessivement haut, Mario Draghi a confirmé une fois de plus le soutien irréversible que continuera d’apporter la BCE aux marchés financiers et à l’économie. Via une politique monétaire « accommodante aussi longtemps que nécessaire ».

Ces perspectives sont plutôt favorables aux marchés boursiers, qui dans un contexte de normalisation progressive de la croissance européenne vont continuer à bénéficier de mesures monétaires expansionnistes dans les prochains trimestres. Pourtant, paradoxalement, les investisseurs n’ont pas dissimulé leurs doutes après la conférence de presse de Mario Draghi (l’indice Cac 40 a clôturé dans le rouge hier, à - 0,84%, soit -1.65% depuis le 1er janvier). Si la garantie d’une politique encore accommodante pendant une longue période est acquise, l’optimisme (mesuré) du président de la BCE quant à l’amélioration en cours des indicateurs économiques européens a probablement privé les marchés d’une nouvelle baisse de taux à court terme. Et donc d’un catalyseur haussier supplémentaire pour les actions au fil des prochaines séances. À croire que les investisseurs pariaient sur la montée d’un hypothétique risque déflationniste pour procurer encore davantage de carburant aux marchés boursiers.

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