Connexion
/ Inscription
Mon espace

Un rapport inédit dénonce l'impact du trafic d'espèces sauvages sur la sécurité internationale

ABONNÉS

Dans un rapport inédit préfacé par Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères et Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président pour la protection de la planète, le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) révèle aujourd'hui la menace que fait peser le trafic d'espèces sauvages sur la sécurité nationale et internationale.

En publiant le rapport : La nature du crime: répercussions du commerce illicite d'espèces sauvages sur la sécurité mondiale, IFAW devient l'une des premières organisations à dénoncer publiquement les conséquences de l'intensification des pratiques de braconnage sur la sécurité à l'échelle mondiale.

« Ce rapport montre que le trafic d'espèces sauvages est aussi alarmant que le trafic de drogues, d'armes ou d'êtres humains », explique Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone d'IFAW. « IFAW appelle donc de ses vœux un plan d'action à l'échelle de l'Union européenne similaire à ceux mis en œuvre pour lutter contre ces autres formes de criminalité. Ce serait pour l'UE le meilleur moyen de juguler ce fléau mondial. »

Selon ce même rapport, le niveau de braconnage sans précédent et les équipements de plus en plus sophistiqués dont disposent les contrebandiers témoignent irréfutablement d'une activité criminelle organisée, ce qui compromet sérieusement la sécurité des rangers chargés de la protection des animaux sauvages, mais aussi celle de communautés et de régions tout entières. Au cours des dix dernières années, plus de 1000 éco-gardes ont trouvé la mort face aux trafiquants dans 35 pays à travers le monde.

« C'est le caractère peu risqué et très rentable du trafic d'espèces sauvages qui incite les criminels à s'y livrer, d'autant que les peines encourues sont peu dissuasives », poursuit Mme Sissler-Bienvenu. « Des produits comme la corne de rhinocéros et la bile d'ours valent parfois plus que l'or ou la cocaïne, avec un retour sur investissement pouvant largement dépasser 1 000 pour cent. Rien d'étonnant, donc, à ce que les milices et autres groupes rebelles lourdement armés, les Shebab en Somalie ou l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) en Ouganda, tuent des animaux menacés d'extinction pour financer leurs atrocités. »

Selon Europol, le trafic d'espèces sauvages et le braconnage représentent un commerce mondial dont la valeur annuelle est comprise entre 18 et 26 milliards d'euros, soit la quatrième activité illégale la plus importante du monde après le trafic de stupéfiants, la contrefaçon et le trafic d'êtres humains.

« Un tiers des saisies d'ivoire illégal a lieu au sein de l'UE, qui serait l'un des principaux marchés destinataires des produits illicites dérivés d'espèces sauvages dans le monde », déplore Mme Sissler-Bienvenu. « Il nous incombe de sensibiliser l'opinion et d'inciter les consommateurs à réfléchir avant d'acheter des produits dérivés d'animaux sauvages menacés. »

« Outre la demande croissante de produits dérivés d'espèces sauvages, certains facteurs contribuent à la montée en puissance du commerce illicite d'espèces sauvages, et notamment les lois inadaptées, le manque de mesures répressives, l'émergence de marchés en ligne et l'apparition d'un commerce légal d'espèces sauvages. IFAW s'efforce de mettre un terme à ce commerce illicite en s'attaquant à chacun des maillons de la chaîne du trafic, de la source aux pays consommateurs en passant par les régions de transit. Nous estimons nécessaire une action internationale au plus haut niveau afin de sauver les espèces sauvages menacées et de rendre ce monde plus sûr pour les populations humaines. »

Dans le cadre d'une initiative internationale visant à renforcer les capacités de lutte contre ce trafic, IFAW forme les forces de l'ordre à la prévention du trafic d'espèces de faune sauvage dans de nombreux pays d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie, d'Océanie et des Caraïbes. IFAW a récemment signé un mémorandum d'entente avec Interpol, le premier jamais signé avec une ONG par le Programme de lutte contre la criminalité environnementale d'Interpol. IFAW et Interpol ont collaboré sur de nombreux projets depuis 2005, et notamment l'année dernière, lors de la plus grande opération de lutte contre le trafic d'ivoire jamais menée à l'échelle internationale qui a abouti à 214 arrestations et à la saisie de deux tonnes d'ivoire, de 20 kg de corne de rhinocéros et de 30 armes à feu.

 

---------- découvrir les lettres et newsletters d'Esteval Editions ----------

Lire la suite...


Articles en relation

BE - Culture & Société
ABONNES
[Etude] Vos corvées vous rendent plus sympathique que vos « talents innés »

Une étude de la Cass Business School (City University of London) affirme que le fait de mettre l'accent sur la notion d'effort plutôt que de talent naturel permet de faire meilleure impression lors d'un premier rendez-vous Les personnes devant faire bonne impression lors de rendez-vous galants ou d'entretiens d'embauche doivent mettre en exergue le dur labeur et les efforts consentis pour expliquer leur succès, d'après une étude récente de la Cass Business School. Dans l'étude intitulée...

BE - Culture & Société
ABONNES
Alerte JNA : l’état de santé auditif des jeunes est inquiétant

A 3 semaines de la 22e Journée Nationale de l'Audition, l'association JNA - Association d'alerte et de plaidoyer agissant depuis 22 ans en France - lance une alerte aux pouvoirs publics et aux acteurs de la santé sur l'état de santé des jeunes. Déjà en 2017, l'enquête Ifop - JNA « Smartphone : ami ou ennemi de notre santé auditive ? » apportait un éclairage fort inquiétant, questionnant l'impact des pratiques toxiques d'écoute de musique via les oreillettes sur la santé, en regard de l'enquête...

BE - Culture & Société
ABONNES
Les Européens veulent consommer plus local et responsable

Avec une croissance qui s'essouffle et des perspectives moins favorables pour 2019, la prudence grandit chez les consommateurs européens. Mais un autre mouvement se fait jour : ils se tournent de plus en plus vers une consommation plus locale considérée comme plus responsable. Tels sont les deux grands enseignements de la nouvelle édition de L'Observatoire Cetelem qui, depuis plus de 30 ans, décrypte et analyse les modes de consommation des ménages en Europe. Cette étude intitulée « Think local,...

BE - Culture & Société
ABONNES
Quelle place pour les énergies renouvelables chez les Français ?

A l'heure du grand débat national, les Français réaffirment leur désir de privilégier les énergies renouvelables pour l'avenir du pays. L'engagement des Français est important sur cette thématique, puisque 67% estiment qu'il leur revient également d'agir à leur échelle. L'amélioration énergétique de leur logement figure parmi les actions les plus citées, devant les changements de comportement en matière de déplacements, mais derrière les résolutions en faveur d'une consommation plus responsable...