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Lyxor s’interroge sur le devenir des trackers pour les particuliers

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« Nous sortons d’une période de trois ans de réglementation assez intense. Le risque systémique que feraient peser les Exchange Traded Funds pour la finance n’est plus d’actualité, affirme Arnaud Llinas, en charge de la filière ETF et fonds indiciels chez Lyxor Asset Management. Mais il semble que nous ayons entre-temps perdu de vue l’essentiel, c’est-à-dire la réponse à la question : quel est l’apport des trackers pour les investisseurs ? » Ces produits – qui sont des fonds indiciels mutuels cotés en Bourse et dont les frais de gestion annuels sont très bas – font courir un risque qui est inhérent aux marchés financiers. La performance attendue est d’ailleurs à ce prix.

Choisir la bonne méthode de réplication

« Nous sommes parvenus au bout d’un cycle en ce qui concerne l’étendue de la gamme, fait observer Matthieu Mouly, responsable des stratégies chez Lyxor AM. Nous couvrons à peu près tous les grands thèmes d’investissement dans le monde, avec 150 supports qui représentent 30 milliards d’euros d’encours. Si nous continuons à innover, le cœur de gamme est aujourd’hui constitué. »

Ce qui intéresse les épargnants, ce ne sont pas les performances des ETF dans les publicités, mais les performances des ETF dans leurs portefeuilles. « Il convient alors, poursuit le professionnel, d’examiner les écarts par rapport à l’indice de référence, le comportement de l’ETF par rapport à cet indice et la régularité relative dont il fait preuve dans le temps, et de prêter attention au coût de la transaction en termes de différentiel achat-vente. Notre objectif est d’utiliser la méthode de réplication qui offre le profil rendement/risque le plus adapté à l’indice sous-jacent (qui est la traduction d’une règle de calcul). Le risque additionnel (prêt de titres et swap) n’est légitime que s’il offre un rendement supplémentaire. »

 

Même liquidité, mêmes frais, même performance

Au mois de juin, les sorties l’ont emporté sur les entrées aux Etats-Unis dans le segment des ETF à hauteur de 13 milliards de dollars (dont 6 milliards de dollars pour les marchés émergents). Mais, au premier semestre, la collecte s’est tout de même élevée outre-Atlantique à 72 milliards de dollars. Dans la sphère financière, le produit se distingue : que vous soyez un particulier ou un institutionnel, vous avez la même performance, les mêmes frais et la même liquidité. Le risque de contrepartie concernant les contrats d’échange (pour répliquer un indice avec un portefeuille composé d’autres titres) et le risque lié aux prêts-emprunts de titres, censés compenser les frais de gestion, n’est toutefois pas totalement éradiqué. Avec le prêt de titres, les professionnels cherchent à obtenir un peu plus de performance ou un peu moins d’erreur de suivi (tracking error). Il ne faut pas non plus oublier que la cotation peut être suspendue, même si cela est rarissime, les market makers n’étant plus en mesure de proposer des fourchettes de cotation, comme cela s’est vu récemment pour un tracker américain sur la Chine…

En créant ses premiers trackers, il y a une douzaine d’années, Lyxor – qui détient actuellement plus de 10 % de part de marché en Europe et 20 % en volumes traités – avait pensé que ceux-ci pourraient véritablement intéresser les investisseurs particuliers. Et cela d’autant plus que, grâce au swap de performance, nombre de trackers maison sont éligibles au PEA, comme le Lyxor ETF Japan. Or, les personnes physiques ne représentent que 5 % des encours de la filiale de la Société Générale. Outre-Atlantique – où un ETF sur le S&P 500 est le titre le plus traité de tout le marché –, les particuliers détiennent globalement la moitié des 1.500 milliards de dollars d’encours.

 

Michel Lemosof

A lire également

Dans Le Bas de Laine d'Esteval n°249 (parution le 20 juillet 2013) :

 

Sur le site :

 

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