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Pas d’absolu dans l’univers de la gestion obligataire

ER - Patrimoine et placements
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 La demande d’approches de gestion de performance absolue appliquées à l’univers obligataire a fortement augmenté au fur et à mesure de l’évolution des anticipations de rendement des investisseurs et des pressions inflationnistes limitées qui caractérisent actuellement la plupart des pays développés. Les taux de rendement des emprunts d’État ayant touché des points bas record et les obligations d’entreprises semblant surévaluées, il devient de plus en plus pertinent d’élargir les sources d’opportunités et d’investir sur l’ensemble de l’univers obligataire. Plusieurs approches peuvent être mises en œuvre pour y parvenir. Peter Bentley, Responsable de la gestion crédit Royaume-Uni et Monde chez Insight, a adopté une approche qui vise à maîtriser les risques grâce à l’utilisation de produits dérivés et l’équilibrage de positions longues et courtes au sein des portefeuilles. En revanche, Paul Brain, Responsable de la gestion obligataire chez Newton, s’appuie sur une approche flexible par région ou catégorie d’instrument obligataire, optant pour une gestion dynamique des allocations du portefeuille afin de refléter l’évolution des anticipations en termes de couple rendement/risque. Dans le présent article, ils soulignent l’attrait de leurs approches distinctes et analysent les opportunités qui se profilent à l’horizon.

 Dans l’environnement actuel, les investisseurs ont développé à la fois une affinité et une aversion pour l’investissement fondé sur une approche de performance absolue. En effet, dans la mesure où ce style de gestion porte sur l’engagement de générer une performance positive sur une période de temps spécifique, le fait que certaines de ces stratégies soient inévitablement vouées à manquer leurs objectifs a incité les investisseurs à évaluer ces propositions d’investissement à la lumière des performances visées et de leur capacité à les atteindre. Une analyse de la performance passée permet ainsi de limiter le nombre d’opportunités véritables, et de faire le tri entre les fonds qui ne sont pas parvenus précédemment à atteindre leurs objectifs. Il convient dès lors de se concentrer avant tout sur le type de titres privilégié par ces fonds d’investissement, la philosophie qui sous-tend l’allocation d’actifs au sein du portefeuille (sur le court terme et le long terme), et les techniques employées par les gérants pour répondre aux attentes de leurs investisseurs.

 D’après Peter Bentley, Responsable de la gestion crédit Royaume-Uni et Monde chez Insight, une exposition accrue au risque n’est pas la seule manière pour les investisseurs de parvenir à des niveaux de rendements similaires à ceux qui étaient disponibles dans le passé : « Pour les investisseurs dont la préservation du capital constitue l’objectif premier, s’appuyer dans un premier temps sur un positionnement neutre en termes de duration, soit un portefeuille à l’abri d’une exposition au risque de taux, peut constituer une approche pertinente. Une telle approche passe souvent par un investissement par paires, permettant de compenser l’exposition aux marchés ou aux instruments, et non par des paris directs sur la duration : une telle approche long/short offre l’intérêt de générer potentiellement des performances, tant durant des périodes de hausse sur les marchés que durant des phases de baisse. Nous avons depuis longtemps adopté une approche flexible de la gestion obligataire de performance absolue et cherchons à identifier à tout moment les meilleures opportunités de performance à travers l’ensemble de l’univers d’investissement, qu’il s’agisse d’obligations d’entreprises, d’emprunts d’État, de titres adossés à des actifs, de prêts, de marchés émergents, de marchés des changes ou d’autres segments.

 Paul Brain, Responsable de la gestion obligataire chez Newton, privilégie également une allocation flexible sur différents segments des marchés obligataires, dans l’objectif de saisir à tout moment les opportunités les plus attrayantes en termes de couple rendement/risque : « une approche flexible et globale de l’investissement obligataire nous permet de nous assurer que les actifs à rendement inclus dans le portefeuille sont complétés par des positions protectrices. Afin de générer davantage de rendements, nous pouvons nous exposer à des titres de notation inférieure, en investissant dans la dette émergente ou les obligations d’entreprises high yield, ou chercher à générer des gains à partir de positions sur les devises. Dans la mesure où la valeur existante constitue le fondement de toute performance future, nous cherchons à intégrer une exposition à des actifs considérés comme ne présentant que des risques limités, notamment les emprunts d’État et les obligations indexées, et recourrons également aux produits dérivés. La diversification est au cœur de notre approche et constitue un facteur clé de la gestion du niveau de spread, des devises, de la duration et des autres risques au sein du portefeuille. »

 Peter Bentley et Paul Brain présentent leurs opinions sur la manière dont leurs portefeuilles flexibles pourraient évoluer à l’avenir. « En 2013, les investisseurs pourraient avoir intérêt à limiter leur exposition au risque directionnel et à se concentrer davantage sur les opportunités de valeur relative entre les différents marchés ainsi que sur certains segments de la courbe de taux des emprunts d’État. Il peut également être pertinent de se reporter sur des secteurs du marché du crédit dont les primes de rendement sont restées à la traîne des marchés investment grade et high yield, via notamment une certaine exposition aux loans : en termes absolus, les rendements sont plus attrayants que les obligations d’entreprises high yield, tandis que les taux de défaut sont généralement plus faibles. Selon nous, les loans sont un parfait exemple de segment du marché du crédit où les investisseurs sont actuellement bien compensés pour la moindre liquidité. Ce type d’investissement est placé plus haut dans la structure de capital que les obligations et présente donc un moindre niveau de risque. »

 Selon Paul Brain, « la priorité doit être donnée à la simplicité et à la liquidité de la stratégie appliquée afin de garantir une protection efficace du capital en cas d’instabilité des marchés. En ce qui concerne les actifs à rendement, nous continuons de privilégier les obligations d’entreprises high yield, dans un contexte de taux d’intérêt très faibles. Nous avons également conservé notre exposition à la dette émergente libellée en devise locale et pensons être en mesure de continuer à identifier des opportunités au sein des marchés des changes.

 L’ampleur de l’univers obligataire implique qu’il devrait être possible à tout moment de parvenir à générer des rendements au sein de l’un des nombreux segments existants. Ce constat est parfaitement illustré par les approches d’investissement distinctes d’Insight Investment et de Newton, ainsi que par l’historique de performance robuste qu’elles affichent.

Source : BNY Mellon

 

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