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La Maison-Vague déferle sur l'habitat de demain

Le lotissement « La Haute Ville » de la commune de Sillery, près de Reims, accueille sur l’une de ses parcelles, une habitation de conception expérimentale : la Maison-Vague.

Ce logement innovant fait partie du programme « Maisons 2020 » initié par le bailleur social Plurial l’Effort Rémois : une réflexion tant architecturale que sociologique sur l’habitat de demain. Cette maison à la toiture entièrement végétalisée constitue notamment un véritable défi technologique. Légèrement surélevée par rapport au terrain, cette maison de 130 m2 semble flotter dans l’air par la légèreté de son architecture.

Elle offrira 90 m2 habitables (3 pièces sur un rez-de-chaussée et un étage) et sera accessible à des locataires aux revenus relativement modestes.

Damien Tourneur, Directeur du Bureau d’Etude de Maîtrise d’Oeuvre d’Exécution de Logements Neufs, revient sur les principaux objectifs de cette construction atypique de Plurial l’Effort Rémois.

 

Expérimenter des systèmes constructifs innovants

Le programme « Maisons 2020 » est un véritable laboratoire expérimental en matière de systèmes constructifs innovants. « Laisser les architectes s’exprimer avec des matériaux innovants, que ce soit pour nos logements à ossature bois, à isolation paille à Betheny, ou encore en acier, a toujours été une volonté forte de Plurial l’Effort Rémois. » explique Damien Tourneur. « Aujourd’hui la tendance est au logement social individuel. Des maisons telles que la Maison-Vague nous permettent d’étudier les modes de construction et d’habitat de demain. Véritables objets d’expérimentation de nouveaux systèmes constructifs, elles n’ont pas vocation à être dupliquées » poursuit Damien Tourneur.

 

Le lien social en fil conducteur

Plurial l’Effort Rémois maintient le bien-être de ses locataires au coeur de ses préoccupations.

« Dans notre démarche constructive, nous cherchons toujours à proposer des logements que nos locataires pourront s’approprier. Cette notion d’appropriation nous est chère car un locataire heureux dans son logement va être enclin, non seulement à maintenir celui-ci en état, mais également à s’investir davantage dans la vie de son quartier et ainsi tisser du lien social. Nul doute que les futurs locataires de la Maison-Vague sauront retirer une certaine fierté de ce logement hors du commun » conclut Damien Tourneur.

 

La Maison-Vague en 5 questions à Patrick Nadeau

 

Quelle est l’origine de votre concept de Maison-Vague ?

Cette maison s’inscrit dans la continuité des travaux que je mène sur le végétal à travers mes projets de design et de scénographie. ici, le végétal est utilisé pour ses qualités architecturales et environnementales, notamment en termes d’isolation thermique.

La maison se présente sous la forme d’une coque en bois entièrement recouverte de végétation. La terre et les plantes protègent de la chaleur en été et du froid en hiver. Plastiquement, c’est un projet à la croisée des principes de l’architecture, de la relation au paysage et du design. Logée sous une vague végétale, elle représente à la fois un paysage prenant la forme d’une petite colline, un jardin sauvage grâce à son ensemencement spécifique et un objet, puisque sa structure, décollée de 45 cm du sol, donne l’impression visuelle d’un élément autonome flottant et mobile dont la bordure peut être utilisée comme un banc sur lequel on peut s’asseoir. Maison et jardin sont intriqués dans un même espace et un même objet.

 

En quoi la Maison-Vague diffère-t-elle d’une maison classique ?

L’intérieur de la maison est entièrement vouté, à l’image des habitats troglodytes. Toutes les pièces de la maison ouvrent sur le jardin ou la terrasse. Le chauffage de la maison est assuré par un simple petit poêle à bois qu’il faut penser à alimenter. C’est une petite contrainte, tout comme l’attention qu’il faut nécessairement porter de temps en temps aux plantes qui recouvrent la maison.

 

De quelles innovations regorge la Maison-Vague ?

La végétalisation sans irrigation de parois d’aussi forte pente est une première. La technique mise en oeuvre par la société Ecovégétal pour implanter le végétal sur la totalité de la coque est dérivée de celle habituellement utilisée pour les toitures végétales.La sélection des plantes est importante. Nous les avons choisies pour leurs qualités plastiques, bien sûr, mais aussi et surtout pour leur résistance et l’entretien minimal qu’elles nécessitent. il s’agit d’un mélange de sédums, de graminées, de thyms, de lavandes et autres petites vivaces et aromatiques différemment réparties en fonction de l’inclinaison de la coque. Le système de fixation du substrat varie en fonction de la pente. Dans les parties où elle est très forte un système de casiers permettant de maintenir la terre en place a été mis au point. Le dernier challenge concerne l’étanchéité. La difficulté se situe particulièrement dans les zones de jonction (ou plutôt de continuité, et c’est bien l’absence de rupture qui pose problème) entre surfaces verticales et surfaces horizontales.

 

Quels sont les avantages pour le futur habitant ?

Hormis une qualité d’habitat singulière, la maison induit de substantielles économies d’énergie. Les murs pignons réalisés en panneaux de bois intégrant une forte isolation sont doublés sur l’extérieur d’une paroi en polycarbonate avec interposition d’un vide d’air. Cette solution technique associée à la végétalisation de la coque rend la maison pratiquement passive thermiquement.

Avez-vous utilisé des techniques de construction spécifi ques ou innovantes ?

La maison est entièrement construite en bois sur une dalle béton. La charpente en lamellé collé et la coque en planches de bois massif réalisées par l’entreprise Le Bâtiment Associé.

 

 

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