Commentaire d'Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse des
marchés pour etoro.
Les résultats semestriels de LVMH confirment une amélioration progressive de la demande, sans toutefois montrer un retour généralisé à la forte croissance du luxe. Le chiffre d’affaires atteint
38,6 milliards d’euros,
en hausse de 2 % en organique, mais recule de 3 % en données publiées sous
l’effet d’un impact de change négatif de cinq points. La trajectoire
trimestrielle est néanmoins encourageante : après une baisse organique de 1 %
au premier trimestre, la croissance accélère à 3 % au deuxième trimestre.
Cette reprise reste cependant très inégale selon les métiers. La Mode et
Maroquinerie, qui représente près de la moitié des ventes du groupe, recule
encore de 1 % en organique sur le semestre, mais retrouve la croissance au
deuxième trimestre. Cette inflexion constitue probablement le principal élément
à retenir, car la capacité de Louis Vuitton et Dior à renouer durablement avec
une dynamique positive déterminera largement l’évolution future des résultats.
Le bon accueil des premières collections de Jonathan Anderson chez Dior, ainsi
que les performances de Loro Piana et Rimowa, apportent des signes
encourageants.
Les autres divisions compensent partiellement cette faiblesse. Les Montres et Joaillerie progressent de
9 % en organique, portées par Tiffany et
Bvlgari, tandis que les Vins et Spiritueux enregistrent une hausse de 5 %,
grâce à une reprise du cognac en Chine et du champagne en Europe. Sephora
conserve également une croissance solide, confirmant la pertinence de son
modèle de distribution.
La rentabilité témoigne surtout de la capacité de résistance du groupe.
Le résultat opérationnel courant recule de 4 %, à 8,7 milliards d’euros, mais
la marge reste pratiquement stable à 22,5 %. Hors impact défavorable des
devises, le résultat opérationnel aurait progressé. Le cash-flow disponible
atteint par ailleurs 4,1 milliards d’euros, ce qui permet à LVMH de continuer à
investir dans ses marques tout en conservant un bilan solide.
Ces résultats dessinent donc un scénario de stabilisation plutôt que de véritable rebond. Le deuxième semestre devra confirmer le redressement de la Mode et Maroquinerie, alors que les incertitudes géopolitiques, les effets de change et la fragilité de la clientèle aspirationnelle restent présents. Le point bas du cycle semble néanmoins se rapprocher.


