L’analyse du groupe
Exponens.
À moins de trois mois de l’entrée en vigueur des premières obligations de facturation électronique, les entreprises françaises entrent dans une phase critique de préparation. Pourtant, selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP), plus de 6 millions d’entreprises n’auraient pas encore désigné leur plateforme agréée de réception des factures électroniques.
Un
retard préoccupant alors que, dès septembre 2026, toutes les entreprises
devront être capables de recevoir des factures électroniques, et que les
grandes entreprises et ETI devront également être en mesure d’en émettre.
Selon Céline Prestat, Expert-Comptable
Associée au sein du groupe Exponens en charge de l’accompagnement des clients
vers la digitalisation : « La facturation électronique constitue un
projet transversal impliquant finance, informatique, achats, commerce et
direction générale. À mesure que les
échéances approchent, les cabinets d’expertise comptable constatent une
accélération des demandes d’accompagnement, notamment sur le choix des
plateformes et l’audit des processus existants. Les quatre prochains mois
seront déterminants. Les entreprises qui n’ont pas encore lancé leur diagnostic
risquent de subir les délais d’intégration et la saturation des acteurs du
marché ».
Priorité n°1 : choisir
rapidement sa plateforme agréée
La première urgence
concerne le choix de la Plateforme Agréée (PA), nouvel intermédiaire
obligatoire chargé de transmettre les données de facturation à l’administration
fiscale et d’assurer les échanges entre entreprises. Or, de nombreuses
entreprises sont encore dans l’attente ou dans une phase d’observation, malgré
des délais de déploiement parfois longs ainsi que le risque de saturation
progressive des capacités d’onboarding des plateformes et des intégrateurs à
mesure que l’échéance approche.
Le choix de cette
plateforme constitue aujourd’hui le principal sujet stratégique pour les
entreprises. Plusieurs critères doivent être examinés :
• l’immatriculation officielle par la DGFiP ;
• la compatibilité avec les formats
réglementaires ;
• les capacités d’intégration avec les ERP et
logiciels comptables ;
• la qualité de l’accompagnement et du support ;
• la pérennité économique de l’opérateur.
Priorité n°2 : vérifier la compatibilité des outils de gestion
Par ailleurs, les
entreprises doivent désormais déterminer si leurs logiciels de gestion et ERP
sont compatibles avec les futures obligations. Certaines entreprises disposent
déjà de solutions compatibles, tandis que d’autres devront engager des développements
spécifiques ou remplacer des logiciels devenus obsolètes. Selon les cas, les délais d’adaptation
peuvent atteindre plusieurs semaines, notamment lorsque des connecteurs API ou
des migrations sont nécessaires.
Priorité n°3 : sécuriser les données et les processus internes
La réforme ne se limite
pas à un sujet informatique. Elle impose également une remise à plat des
processus internes de facturation et de validation. Parmi les points identifiés comme
prioritaires :
• mise à jour des bases clients et fournisseurs
;
• vérification des SIRET et numéros de TVA ;
• formalisation des workflows de validation ;
• organisation de l’archivage électronique ;
• gestion des litiges et suivi des statuts de
factures.
Priorité n°4 : former les équipes et anticiper les tests
Enfin, il est fortement recommandé de lancer rapidement des phases pilotes avec certains clients ou fournisseurs afin de tester les futurs échanges électroniques avant l’échéance réglementaire. Les directions financières, comptables, informatiques mais aussi commerciales devront être formées à ces nouveaux flux, qui modifieront durablement les pratiques de gestion.


